Cote d'Ivoire: Assassinat d'un gendarme à Yopougon - Le "lavage" paralysé ce lundi .

Des gendarmes

La gare des taxis intercommunaux, située en face de la paroisse Saint-André, à Yopougon sicogi, est restée déserte ce lundi.

Depuis l'assassinat, dimanche, du sous-officier de la Gendarmerie, le Mdl Tiékou Koua Anderson dit « Sony », par un groupe de syndicalistes communément appelés « Gnambros », ce lieu qui, d'habitude, grouillait de monde, est devenu triste durant toute la journée.

A notre passage à 11h, la tension était encore perceptible. L'atmosphère était lourde et tendue. Le drame de la veille était encore frais dans les esprits.

Les chauffeurs, syndicalistes et autres gnambros, ont brillé par leur absence. Ainsi Tout comme les restaurants, kiosques à café, boutiques et autres petits commerces installés dans les environs. Seule la police et quelques habitants du quartier occupaient les lieux.

Un peu plus bas, la voie qui sépare l'ancien et le nouveau lavage était barricadée par des jeunes du quartier, visiblement révoltés.

« C'est méchant... C'est cruel... Ils sont trop méchants... Trop c'est trop ! On est fatigué... », lance un jeune homme, visiblement surexcité. Et un autre de poursuivre : «Les gnambros ne sont pas à leur premier crime du genre. Cette fois-ci, il faut que les coupables soient trouvés et sanctionnés ».

Selon un autre témoin qui se prénomme Didier, il est difficile de dire avec précision d'où est partie la bagarre qui a occasionné la mort du gendarme. « Les choses sont allées très vite.

Ce que je sais, c'est-il que le gendarme a été pris à partie par des gnambros, qui l'ont poignardé et ont réussi à le déposséder de son arme, avant de l'abattre avec.

Vous savez qu'en pareille circonstance, les gens se dispersent aussitôt... », affirme-t-il. Il n'a pas envie d'aller plus loin. Il craint certainement pour sa sécurité...

La version des parents

Au domicile familial du défunt, situé à moins de 500 mètres du lieu du crime, c'est la tristesse et la désolation. Ses sœurs, sa femme, et ses enfants sont inconsolables. Ses frères sont révoltés. « Je ne pouvais jamais m'imaginer que mon frère pouvait être tué aussi facilement.

Et surtout, sans raison apparente. Pourquoi sont-ils aussi cruels ? Pourquoi aiment-ils tant, verser le sang humain ? Pourquoi le sang humain n'a-t-il aucune valeur à leurs yeux ? », S'interroge Gérard Kouamé, frère aîné du gendarme.

Pour lui, l'assassinat de son jeune frère est loin d'être accidentel. « C'était prémédité. Ceux qui ont tué mon frère le connaissent très bien », affirme-t-il. Avant de poursuivre : « Comme vous le constatez, nous habitons juste à côté de la gare.

Mon frère est né ici, il a grandi ici et c'est étant ici, qu'il est devenu gendarme. La plupart des chauffeurs et syndicalistes qui travaillent dans cette gare, le connaissent ». Selon lui, un peu plutôt dans la matinée de ce dimanche 25 août, il y a eu une première bagarre entre gnambro.

« Certains sont même entrés à la maison ici. Ils étaient armés de machette et de couteau. Mon petit frère, Sony, qui était présent n'a pas apprécié cela, et les a mis dehors. Mais avant de sortir, il y en a un parmi eux qui a demandé à mon frère : toi, tu veux dire quoi même ? Tu vas voir... C'était aux environs de 10 h.

A 14 h, mon jeune frère et un de ses amis, venu lui rendre visite, sont sortis. Ils cherchaient à se restaurer à la gare où a eu lieu la bagarre dans la matinée. C'est là que les mêmes gnambros qu'il avait chassés de la maison dans la matinée, l'ont pris à partie. Ils étaient environs une dizaine... », a-t-il expliqué.

Le Mdl Tiékou Koua Anderson, qui venait de célébrer ses 32 ans, était père de trois enfants, dont la plus grande est âgée de 8 ans. En service, à la compagnie d'Abengourou, il était à Abidjan, pour les funérailles de sa grand-mère maternelle, décédée le 18 juillet dernier. Un mois auparavant, soit le 8 juillet, le gendarme perdait déjà sa génitrice. Laquelle a été enterrée le 27 juillet.

Le Préfet d'Abidjan et le député-maire de Yopougon aux côtés de la famille.

Cette situation n'a pas laissé les autorités politiques et administratives d'Abidjan indifférentes. Hier, dans la matinée, le Préfet de la région des lagunes, Vincent Toh Bi Irié s'est rendu au domicile familial du défunt, à yopougon Sicogi, pour apporter sa compassion à la famille éplorée. Mais aussi, s'enquérir de la vraie version des faits. Il était accompagné du député-maire de la commune de Yopougon, Gilbert Koné Kafana et des autorités policières.

A l'issue de cette visite, le préfet a annoncé des mesures pour mettre fin aux gares anarchiques. « Nous discutons avec le Ministère du Transport et les Mairies de la fermeture systématique des gares anarchiques.

La violence est le fait de voyous et les réponses appropriées sont en train d'être apportées. Des arrestations ont été immédiatement effectuées. Des mesures ont été communiquées aux transporteurs. Mais pour une plus grande efficacité, ces mesures devront être harmonisées sur l'ensemble d'Abidjan, ce à quoi nous nous attelons.

L'Etat est engagé et prend des mesures pour régler définitivement ce système mafieux dans un secteur aussi sensible que le transport », a-t-il publié sur sa page facebook.

CASIMIR DJEZOU

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