Tchad: Condamnation de rebelles - Déby n'a fait que déplacer le problème

Soldats tchadiens devant le tribunal de Ndjamena (photo d'illustration).

Un procès peut en cacher un autre. C'est le moins que l'on puisse dire. En effet, pas plus tard que la semaine dernière, le tribunal militaire de Yaoundé, au Cameroun, au terme d'une audience marathon, condamnait les leaders séparatistes à la réclusion criminelle à perpétuité. Hier, 27 août 2019, c'était autour de rebelles tchadiens de se voir infliger de lourdes peines.

Sur les 267 rebelles qui avaient été arrêtés en février dernier grâce à l'intervention de l'armée française, douze ont été condamnés à 20 ans de prison tandis que 231 écopent de peines allant de 10 à 15 ans de prison. Vingt-quatre autres considérés comme des mineurs, ont été relâchés.

Et ce n'est pas tout. Une dizaine de responsables de la rébellion dont Timan Erdimi, par ailleurs neveu du chef de l'Etat tchadien, ont été condamnés par contumace à la prison à vie.

Ainsi donc le président Idriss Déby Itno peut dormir tranquille ; lui qui, en plus d'avoir neutralisé les rebelles qui lui donnaient de l'urticaire, à réussi à les condamner à de lourdes peines d'emprisonnement.

Idriss Déby gagnerait à se remettre en cause

Certainement pour que cela serve d'exemple aux autres apprentis sorciers tapis dans l'ombre. Mais comme son homologue Paul Biya du Cameroun qui continue aussi de raidir la nuque face aux revendications du Nord anglophone, on peut dire que Deby n'a fait que déplacer le problème plutôt que de le résoudre.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets, dit-on. Et plutôt que de crier victoire, Idriss Déby gagnerait à se remettre en cause en revoyant sa gouvernance à défaut de débarrasser le plancher. Car ce que réclament les rebelles, c'est beaucoup moins une partition du pays qu'une répartition équitable des richesses du pays.

Et c'est cette mal gouvernance sur fond de favoritisme et de passe-droits, qui explique que malgré le pétrole dont regorge son sous-sol, le Tchad fait partie des pays les plus pauvres du continent, tant et si bien que les fonctionnaires connaissent par moments, des arriérés prolongés de salaires.

Et l'erreur que Deby ne doit pas commettre, c'est de se targuer du soutien indéfectible de la France qui, plusieurs fois, l'a aidé à se tirer d'affaire là où tout le monde croyait que les carottes étaient cuites pour lui.

Il doit d'autant plus s'en méfier que la France, comme le disait De Gaulle, « n'a pas d'amis, elle n'a que des intérêts ».

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