Burkina Faso: Divagation des animaux à Ouagadougou - La chasse est ouverte

La lutte contre la divagation des animaux est un véritable casse-tête pour la mairie de Ouagadougou. Comme elle le fait depuis quelques années, elle a lancé le mardi 27 août 2019 et ce pour quatre jours, une opération consistant à sillonner les 12 arrondissements de la capitale à la recherche d'animaux errants.

La saison des pluies battant son plein à cette période de l'année, l'herbe est abondante dans les espaces non exploités. A l'arrondissement 6, non loin du Palais de la jeunesse et de la culture Jean-Pierre-Guingané, des chèvres broutent de l'herbe dans un espace vide. Elles ne passent pas inaperçues.

Les agents de la mairie descendent de leur camion et encerclent les animaux. Très rapides et ne broutant pas loin de leur bergerie, les chèvres rejoignent leur domicile. La chasse sera infructueuse, car dans le cas d'espèce, les agents sont obligés de rebrousser chemin.

La descente crée un attroupement devant la concession. Ayant constaté que son troupeau n'était pas au nombre, une dame d'un âge avancé sort de la cour. Se chausser est une perte de temps pour la mamie.

Elle va à la recherche de sa chèvre sortie avec son petit. Elle les trouve, mais elle n'est pas la seule à être à leurs trousses. Commence alors une course-poursuite. Les agents de la mairie veulent alpaguer les bêtes, la dame tente comme elle peut de les gêner afin que les ruminants puissent s'enfuir. Peine perdue.

En surnombre, les agents municipaux remportent la partie. Désespérée, l'infortunée lâche cette phrase en mooré, une langue locale : « ti y ri n yan», qui veut dire en français : « Allez-y manger ».

Si cela peut la soulager, plus tard, au cours d'un entretien, Lazare Tapsoba, président de la commission environnement et développement local de la ville de Ouagadougou, signifiera que les personnes dont les animaux ont été alpagués auront à payer 30 000 francs CFA plus 5 000 francs par jour passé à la fourrière par animal pour ce qui est des petits ruminants.

Les propriétaires des gros ruminants, les bœufs par exemple, auront à débourser 50 000 francs CFA plus 10 000 francs CFA par jour passé à la fourrière. Il faut signaler que les amendes et les droits de fourrière ont été vus à la hausse.

« Nous ne sommes pas au village où on doit élever des animaux ». Passé le délai de 72h, les animaux pris seront vendus aux enchères. L'opération va s'étaler sur 8 jours : 4 jours consacrés à la capture, et 4 autres à la vente.

« J'ai percuté un chien »

Accidents de la circulation, insalubrité, des plants qui ne grandissent pas parce que consommés, entre autres, par des animaux en divagation.

Les interpellations des citoyens au cours des émissions interactives radiodiffusées de la place sont récurrentes et sans effet. Les propriétaires des animaux entendent, mais font la sourde oreille.

C'est pour remédier à ce problème que le maire a entrepris cette opération. « L'opération, a fait savoir son premier responsable, fait suite aux différentes interpellations des citoyens.

L'enjeu est de donner un signal fort aux habitants de la ville de Ouagadougou. Désormais, les uns et les autres doivent savoir que ce sera ainsi parce que l'errance des animaux n'est pas tolérée dans les grandes villes ».

Si cette mesure fait des malheureux du côté des propriétaires des quadrupèdes, elle est pourtant saluée par les usagers. Plusieurs mois plus tôt, Salam Ouédraogo n'a pas oublié. Comme beaucoup de Ouagalais, il a été victime d'un accident de la circulation causé par un animal en divagation.

« J'ai percuté un chien, raconte-t-il. C'était sur le boulevard Charles-de-Gaulle, vers 10h. Il a surgi subitement sur la voie. Je l'ai vu comme un flash. Je n'ai eu aucune seconde pour réagir : impossible de l'éviter et de freiner. Le mal était fait. Heureusement, c'est seulement ma moto qui a été endommagée ».

Pour cette première journée, les agents de la mairie, contactés dans la soirée, disent n'avoir pas fait de bilan en ce qui concerne le nombre d'animaux pris.

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