Mali: Des jeunes maliens en colère contre l'état de la route Kayes/Bamako - L'état doit agir

Une rue de Kati au Mali. (Image d'illustration)

Remontés contre la dégradation de la chaussée sur l'axe Kayes-Bamako dans le Sud-Ouest du Mali, un collectif de manifestants a érigé des barricades sur cette route nationale, bloquant l'accès à la capitale. Pour eux, pas question de relâcher la pression tant qu'ils n'auront pas obtenu des autorités de Bamako, la réfection de la voie meurtrière.

Parti de Kayes, ce coup de sang qui s'est ensuite étendu à Kati, est consécutif à un accident mortel survenu sur l'axe routier, en début de semaine en cours.

« La population, de façon spontanée, a décidé de bloquer la seule voie d'accès pour aller en Mauritanie ou bien au Sénégal, et qui est le pont de Kayes.

Et toutes les autres grandes villes allant vers Bamako, se sont ralliées au mouvement pour dire, trop c'est trop, trop de morts, trop de dégâts matériels », a expliqué un élu de la commune rurale de Kouniakari.

Certes, l'on peut saluer la politique de la main tendue du Premier ministre malien, Boubou Cissé qui, réagissant aux tristes événements, a reçu une délégation des jeunes croquants.

Mais, hélas, l'amer constat est que la rencontre dans laquelle ils avaient placé leurs espoirs, a échoué à calmer les esprits, les membres de la délégation disant être sortis « insatisfaits » de l'audience au motif que celle-ci aura manqué de « propositions concrètes ».

C'est l'image même du pouvoir malien qui prend encore un coup

Du quadra Boubou Cissé, ils espéraient qu'il accédât à leur requête, notamment en congédiant le ministre malien chargé des Infrastructures à qui ils reprochent de n'avoir pas tenu ses promesses.

Eh bien, sa tête n'a pas roulé, du moins pas pour l'instant. Gagnés par le décevant sentiment de n'avoir pas été entendus, jusqu'où iront-ils, eux qui, déjà, n'entendent toujours pas lever les barricades ?

En tous les cas, le gouvernement qui se voit ainsi interpellé, a le devoir d'agir vite et bien. D'autant plus que cette paralysie des transports a pour effets induits, un manque à gagner énorme pour l'économie nationale, estimé à 2 milliards de F CFA par jour.

Mais au-delà de la saignée financière, c'est l'image même du pouvoir malien qui prend encore un coup.

Ce gigantesque mouvement d'humeur exhale, en effet, une nauséabonde odeur de mal gouvernance au sommet de l'Etat, qui laisse penser que les autorités maliennes n'ont pas encore vraiment fait leur, l'adage selon lequel « la route du développement passe par le développement de la route ».

Sinon, comment comprendre qu'un corridor si vital pour l'économie malienne, soit ainsi laissé en plan au point de provoquer l'ire des populations ?

Cela dit, du côté de la Primature, l'on assure que l'éteinte de ce vaste incendie, constitue la priorité des priorités du chef de l'Exécutif, avant ses tout-prochains voyages à Kidal à l'intérieur du pays, et à Paris.

Et l'on jure, la main sur le cœur, avoir pris le taureau par les cornes. L'avenir nous dira si la bête a été terrassée.

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