Congo-Kinshasa: L'assainissement de la ville de Matadi - Une valse pour Pathy Nzuzi

Préoccupé par l'assainissement de la ville portuaire de Matadi, porte d'entrée et de sortie de la République démocratique du Congo et ville touristique autrefois, le maire Pathy Nzuzi semble ne plus avoir de ressources ni de rhétoriques.

Pour une ville qui est pourrie et qui se meurt, se vautrant dans une insalubrité criante et honteuse, M. Nzuzi wa Makengedi ne sait plus par où commencer. Les artères publiques, l'éclairage public, les fuites d'eau, les immondices, la pollution sonore, les tapages nocturnes, les étalages encombrant rues et couloirs pour piétons et j'en passe... , sont là les fronts sur lesquels doit fourgonner le maire pour réussir l'assainissement de Matadi.

Car, une vue aérienne fait paraître la ville, fleuron de la beauté, comme un bled bon aux réfugiés au regard de tous ces étalages, kiosques,... . construits le long de toutes les artères et voies publiques. Outre qu'ils (étalages, kiosques) avilissent la ville, ils servent aussi de lieux d'hébergement et logement ou nichoir aux enfants de rue et enfants sur la rue. Un autre front sur lequel le maire et le gouvernement tant national que provincial doivent batailler dur.

Face à cette situation déplorable, misérable, consécutive à l'insouciance des gouvernements du pays ayant fait de la politique le seul emploi au détriment de l'intérêt de la nation toute entière, la population pour ne pas se laisser tuer, s'est investie dans l'article 15 au mépris de toutes les lois, règles, normes et autres réglementations. Conséquence : tout se meurt, personne n'écoute personne, et c'est du laisser-faire. L'informel prend le dessus sur le formel ; tout le pays et toutes les couches sociales sont affectés.

Ainsi, les échoppes, étalages, étables envahissent rues, avenues encombrent trottoirs et autres emprises de l'Etat. Et enfin, vive l'insalubrité, destruction des routes et autres méfaits qui se comportent comme un charme, au bonheur des autorités qui, pince sans rire, se délectent de cette situation qui, au lieu de les déshonorer, les encense au contraire, parce qu'elles y roulent avec leurs grosses moulures sans se gêner. Oh quand le pouvoir rend fou, sourd, aveugle sinon despote.

Les quelques rares rationnels, s'ils ne sont pas hypocrites, tentent de sauver la situation et osent de prendre quelques initiatives en vue d'assainir le milieu par des manœuvres acrobatiques. Parmi ceux-là, Nzuzi wa Makengedi à Matadi. Première tentative dès son atterrissage : sécher le « lac » de 24-15 lui légué par Nzeyidio (13 ans durant). Il se cassa la dent, pas de thérapeutique. Deuxième essai : pendant que tant d'autres défis l'épient, c'est l'opération de destruction des kiosques, étalages, étables qui encombrent et envahissent la chaussée et les rues de la ville en la rendant sale et « vilaine ».

Amorcée depuis le 4 août dernier à partir de la ville basse entre le pont Pete-pete, dépôt Payvat, dépôt Bracongo, l'opération s'est arrêtée nette et les étalages détruits renaissent. Encore un autre échec ? On n'y est pas loin, car, comment un Makengedi peut aller au bout de sa logique dans un environnement où ces étalages sont partout ? La route Poto-poto d'Equitty-Bank jusqu'à Libongo, sur l'avenue de la Plaine, sur le tronçon Dragage - garage STA ; entre le TG Damar et Concession CVM ; de l'hôtel Métropole à l'Ami-Congo jusqu'au bureau des Affaires sociales de la SCTP sur l'avenue Luthelo (ex la Fontaine) ; le devant du Camp militaire Redjaf pour ne citer que ça en ville-basse et haute. Pourquoi l'opération s'est-elle arrêtée alors ? S'interroge-t-on.

On pense aux « calibres » des propriétaires ou protecteurs de ces échoppes. Ce n'est pas n'importe qui peut construire à ces endroits, et autant le maire doit user d'une rhétorique régale pour convaincre sinon il va s'y brûler, à moins s'il veut montrer ses pattes comme un mille-pattes qui se jette au feu.

En un mot comme en mille, il faut dire que l'assainissement de la ville se révèle être pour Pathy Nzuzi comme une épée sur le talon d'Achille. Y réussira ou pas ? Et par où commencer ? Quelles en sont les urgences ? Autant des questions que l'opinion se pose. Et y réussir serait un exploit d'héros.

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