Maroc: Quand le ridicule déshonore plus que le déshonneur

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L'entrée par effraction du Polisario à la 7ème Conférence de la TICAD finit en eau de boudin

François De La Rochefoucauld disait que "le ridicule déshonore plus que le déshonneur". L'illustration parfaite de cette maxime sont les revers successifs et l'humiliation continue subis par le Polisario à Yokohama (Japon), où il se comporte en "invité" aussi lourd qu'indésirable à la 7ème conférence de la TICAD, écrit l'envoyé spécial de la MAP, Khalid Imouni.

Alors que le Japon a refusé catégoriquement de l'inviter, le Polisario s'est incrusté au forum en se plaçant dans l'interstice d'une ancienne décision de l'Union africaine qui appelait à la participation de "tous les membres de l'organisation" aux réunions de l'UA. Une décision qui est d'ailleurs en cours de révision au sein des instances de l'Union et qui devrait disparaître à brève échéance.

En attendant, la majorité des pays africains, qui ne reconnaissent d'ailleurs pas le Polisario et souhaitent encore moins sa présence, ont choisi de la tolérer, tout en l'ignorant. Le Polisario, entend-on avec sarcasme dans les coulisses de la TICAD, est venu dans les bagages de l'UA tel un meuble abimé par le temps et promis à la poubelle de l'histoire.

Le Japon, lui, n'a pas attendu. S'il s'est résout à ne pas contrarier une résolution de l'UA - aussi en désuétude soit-elle, Tokyo a mis un point d'honneur à ne pas se laisser manipuler par le Polisario.

Le ministre japonais des Affaires étrangères, Taro Kono, a, en effet, réaffirmé, mercredi à Yokohama à l'ouverture du 7è Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la TICAD, la position officielle de son pays de non reconnaissance de la pseudo-RASD, soulignant que " la présence dans la TICAD-VII de toute entité que le Japon ne reconnaît pas comme Etat n'affecte en rien la position du pays par rapport au statut de cette entité".

La séance inaugurale du Sommet s'est déroulée en présence notamment du Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

Avant le début des travaux de la TICAD-VII, le directeur général du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord au ministère japonais des Affaires étrangères, l'ambassadeur Katsuhiko Takahashi, avait réitéré la position constante de Tokyo sur cette question.

"Le Japon ne reconnaît pas le "Sahara occidental" comme un Etat. Ceci est une position constante et immuable. Le Japon n'a pas l'intention de la changer", avait affirmé le haut responsable japonais qui, en plus de ses fonctions de directeur général politique, occupe la position d'assistant du ministre des Affaires étrangères, Taro Kono.

Et les prises de position de Tokyo ont toujours été aussi fortes que claires, malgré l'ignominie du Polisario.

Une ignominie machiavélique et assumée ! En octobre 2018, et voyant bien que l'hôte japonais n'en veut pas, le Polisario affirmait de manière éhontée qu'il n'aurait aucun scrupule à venir sans invitation. Et il est venu. Le Japon a refusé de lui adresser une invitation, mais le Polisario s'est incrusté dans les bagages de l'UA. Le Japon a refusé d'admettre les « passeports RASD », mais les membres du Polisario sont venus au Japon avec des passeports algériens. Le Japon les a exclus de toutes les activités officielles qu'il a organisées, mais ils sont restés. Humiliation suprême : le Japon les a déclarés indésirables à la réception de thé offerte par l'Empereur. Les représentants du Polisario sont les seuls à être restés dans leur chambre. Consignés ! C'est par cette courtoisie stridente qu'on leur a fait comprendre, au pays du sérieux, que les choses sérieuses sont réservées aux gens sérieux.

Quelle indignité ! C'est cela le sens profond de la maxime de La Rochefoucauld (le ridicule déshonore plus que le déshonneur) : c'est lorsque la présence devient l'expression continue et permanente du déshonneur.

S'il fallait une preuve, une autre, que le Polisario ne représente en rien la fière population du Sahara marocain, c'est bien celle-là. La preuve ultime. Comment représenter une population connue pour son sens de l'honneur et de la dignité, en faisant preuve d'autant d'infamie !

Et avec cela, le fantasmagorique ministre de la non moins fantomatique "république" tweete sa photo à la réunion de Yokohama. Mais il oublie de dire qu'au même moment, le ministre - un vrai ministre - japonais lui assénait le coup de grâce, en lui lançant au visage, au moment même où la réunion ministérielle de la TICAD s'ouvrait à Yokohama que le Japon n'a pas reconnu, ne reconnaît pas et ne reconnaîtra pas un "Etat" rasd au Sahara marocain.

Le matin du mercredi 28 août, le ministre nippon des Affaires étrangères a, au début des travaux du Sommet, rappelé qu'en "ce qui concerne la question de la participation à la TICAD, y compris à la réunion au Sommet, j'ai clairement affirmé la position de mon gouvernement hier".

Il fallait bien le redire en face, au Polisario et ses parrains, pour la énième fois. Bien obligés sont les Japonais de se répéter. Parce que, visiblement, la direction du Polisario et ses vieux parrains ont le plus grand mal à entendre. Le poids de l'âge assurément, depuis le temps qu'ils se sont autoproclamés "dirigeants".

En l'espace d'un mois, en effet, les Japonais l'ont dit par la voix de leur ambassadeur à Rabat; ils l'ont redit par la voix du directeur général assistant du ministre des Affaires étrangères, ce samedi 24 août. Cette dernière déclaration publique du MAE japonais a, d'ailleurs, été d'une violence inouïe pour le Polisario. Car, elle ne s'est pas contentée de couper court à toutes les manipulations du Polisario, mais elle a aussi loué, dans des termes forts, toute l'importance du Maroc dans la région, la richesse de la coopération avec le Royaume et son rôle de premier ordre à l'échelle de la TICAD et du continent africain.

Alors qu'il glanait des miettes d'intérêt et un semblant de reconnaissance, le Polisario se retrouve, par sa seule entrée par effraction à Yokohama, à confirmer par ses propres soins qu'aucune des grandes puissances de ce monde ne le reconnaît. En déclarant avec force sa position aujourd'hui, le Japon rejoint les Etats-Unis et l'Union européenne.

Ces développements sonnent comme un rappel d'une réalité devenue transparente avec le temps, à savoir que l'écrasante majorité de la communauté internationale refuse de reconnaître la fantomatique "rasd": en Europe, en Amérique du Nord, de plus en plus en Amérique latine, en Asie et, surtout en Afrique où plus des deux tiers des Etats refusent la supercherie polisarienne. Et ce n'est pas terminé!

Car les pays africains voient et sentent, plus que tous les autres, que les manipulations sournoises et anachroniques du Polisario coûtent cher aux efforts de développement, de stabilisation et d'intégration en Afrique - efforts où le Maroc est un acteur clé.

Ainsi, un regard lucide permet de voir que malgré une communication "frauduleuse", et une campagne médiatique réduite aux supports internes et ceux des soutiens traditionnels du gang séparatiste autour de sa présence à Yokohama, le chef de la diplomatie du "pays du Soleil Levant", M. Taro Kono, a tenu à préciser la position officielle de son pays, lors de son allocution introductive, témoin de l'importance qu'accorde le Japon à la légitimité de ses partenaires. Cette position est - sans surprise - celle d'une non-reconnaissance solennelle et absolue de la pseudo-RASD.

"Je voudrais réaffirmer que la présence dans la TICAD VII de toute entité que le Japon ne reconnaît pas comme Etat n'affecte en rien la position du pays par rapport au statut de cette entité", a-t-il réitéré.

Devant un tel auditoire, la déclaration du ministre japonais des Affaires étrangères a réduit en cendre la rapacité de ceux qui ont fait "ce déplacement inutile", à mille lieux de là où ils pillent les aides internationales et bafouent les droits de l'Homme, pour se voir humiliés et dépourvus de toute qualité représentative.

Cette présence est témoin d'un entêtement désespéré du Polisario. Au mieux, elle justifierait un voyage touristique des affabulateurs polisariens, au pire, elle les confronte à la réalité de leur non-existence aux yeux de tous.

Essuyant des défaites successives, à tous les niveaux, à tous les égards, et surtout, partout, le Polisario, pitoyable, se donne en pitre spectacle. S'il fallait le rappeler, le gouvernement japonais, autant que les co-organisateurs de la TICAD, les Nations unies, le Programme des Nations unies pour le développement et la Banque mondiale, se tenant du côté de la légalité, ne reconnaissent pas cette entité, ne lui octroient aucune légitimité, aucune légalité...

Si le ridicule tuait, le Polisario serait, aujourd'hui, en état de décomposition avancée ! En fait, il l'est déjà !

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