Congo-Kinshasa: Ebola en RDC - 2.000 morts et une affaire de détournement de fonds

Les agents de santé assistent un patient suspecté d'avoir le virus Ebola (photo d'archive).

L'annonce a été faite alors qu'une affaire de détournement des aides pour lutter contre la maladie est apparue. Des humanitaires redoutent le pire si rien n'est fait pour renforcer la lutte contre l'épidémie.

Manque de structures adéquates pour accueillir les malades, manque d'organisation ou encore de matériel : la situation sur place n'est pas à la hauteur du danger que représente l'épidémie d'Ebola, selon certaines organisations humanitaires.

Un réseau de distribution d'eau vétuste

A Goma par exemple, l'équipe de la riposte a besoin de 33 m3 d'eau par jour pour ravitailler une dizaine de points de contrôle de la maladie, notamment les systèmes de lavage de mains. Or trouver de l'eau est un casse-tête dans cette ville.

Le réseau de distribution géré par l'opérateur public, la Regideso, est vétuste et ne couvre pas l'ensemble des quartiers de cette ville d'environ deux millions d'habitants.

À cela s'ajoutent le manque de centres de détection du virus et l'insécurité, explique Guido Krauss, chef du bureau de "Diakonie Katastrophenhilfe", une organisation catholique allemande en République démocratique du Congo (RDC).

"Nous avons plus de cent différents groupes rebelles, c'est un problème pour les organisations humanitaires et le personnel de santé. Aujourd'hui nous enregistrons plus de 200 incidents contre les centres de santé ou contre le personnel de santé. Les besoins sont vraiment énormes sur place. Cela veut dire qu'il faut avoir de protection pour le personnel et on n'a pas assez de latrines et de générateurs. On parle de vingt-et neuf zones de santé, c'est très grand."

Ce qui inquiète les organisations humanitaires, c'est la propagation du virus au-delà de la RDC. Un nouveau décès a ainsi été enregistré aujourd'hui en Ouganda, une fille de neuf ans venue de la RDC.

Les organisations humanitaires font aussi face à la résistance d'une partie de la population qui nie la maladie, rejette la vaccination et refuse l'hospitalisation des proches présentant des symptômes suspects.

Soupçons de détournement de fonds publics

Le cap des 2.000 morts a été franchi. Et c'est en ce moment qu'on parle de détournement de fonds destinés à la lutte contre l'épidémie. L'ancien ministre de la Santé, Oly Ilunga, a été d'ailleurs entendu cette semaine par la justice congolaise dans une enquête sur la gestion des fonds alloués à la lutte.

La mauvaise gestion des fonds publics dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola, c'est ce que dénoncent des organisations de la société civile après l'audition de l'ancien ministre.

"Vous verrez que si un partenaire annonce qu'il apporte cinquante-huit millions de dollars américains, c'est seulement 20% de ces fonds qui arrivent vers les populations. Quatre-vingts pour cent s'évaporent sur la chaine de transmission. Cela veut dire qu'il y a un véritable problème", regrette Valery Madianga, le porte-parole de l'Observatoire de la dépense publique (Odep).

Pour l'Odep, 80% de l'aide accordée pour lutter contre Ebola est détournée. Des accusations graves mais beaucoup redoutent que l'affaire qui vient d'être lancée avec l'audition de l'ancien ministre de la Santé soit étouffée et ne débouche jamais sur un procès.

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