Congo-Kinshasa: Antonio Guterres à la délégation de LAMUKA - « Les Nations unies n'abandonneront pas le peuple congolais »

3 Septembre 2019

En séjour en République démocratique du Congo, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s'est entretenu lundi à Kinshasa avec la délégation de LAMUKA, conduite par Pierre Lumbi. La principale force politique de l'opposition tient à jouer son rôle pour la sauvegarde de la démocratie en RDC.

Après les élections chaotiques de décembre 2019, LAMUKA espère « un changement fondamental » et des « réformes structurelles pour consolider l'État, restaurer son autorité, relancer l'économie nationale et améliorer sensiblement les conditions de vie des populations congolaises ». Guterres a confirmé son accompagnement : « Les Nations unies n'abandonneront pas le peuple congolaise ».

Malgré l'alternance démocratique de janvier 2019, la stabilité de la République démocratique du Congo reste encore un objectif lointain. A New York, siège des Nations unies, on est bien conscient de cette évidence. Sans compter la persistance du virus Ebola qui est venue fragiliser davantage une paix précaire dans cette partie de la RDC. C'est ce qui explique le déplacement du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, en RDC.

Comme pour marquer son adhésion à l'effort national international qui se déploie dans l'Est de la RDC pour venir à bout du virus Ebola, le n°1 de l'ONU a entamé son séjour congolais par la ville de Goma.

C'est tout un message. La fin d'Ebola et le retour à une paix durable dans l'Est, les Nations unies y tiennent. Et Antonio Guterres l'a fait savoir à tous ses interlocuteurs. Aussi bien au chef de l'Etat, aux présidents de deux Chambres du Parlement, au Premier ministre qu'à la délégation de l'opposition, essentiellement LAMUKA, qu'il a reçue lundi à Kinshasa.

Lamuka interpelle l'ONU

C'est Pierre Lumbi qui a conduit la délégation de LAMUKA auprès d'António Guterres. Fidèle Babala du Mouvement de Libération du Congo (MLC) et Devos Kitoko Mulenda de l'Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDE) de Martin Fayulu ont également pris part à cette rencontre. L'occasion faisant le larron, les représentants de LAMUKA ont remis au patron de l'ONU un mémo qui résume la situation précaire que traverse la RDC, malgré le semblant d'alternance démocratique de janvier dernier. Ce mémo dresse aussi une situation sécuritaire désastreuse, envenimée dans la partie Est par l'extension du virus d'Ebola.

Au terme de la rencontre, Pierre Lumbi a tenté de résumer l'essentiel de leurs échanges. « Nous lui avons fait part des élections chaotiques que nous avons connues. Nous avons également fait le point sur la situation politique, sécuritaire et économique. Il nous a également brossé la situation sur les contacts qu'il a eu à travers le pays », a-t-il déclaré, suivant des propos rapportés par actualite.cd. LAMUKA attend de l'Organisation des Nations unies son implication effective pour garantir la transparence du système électoral congolais.

Dans le mémo qu'il a remis au secrétaire général des Nations unies, LAMUKA rappelle que « pour restaurer à jamais le peuple dans son statut de souverain primaire, conjurer les putschs électoraux et éviter que les Congolais ne croient plus aux élections comme mode d'accession au pouvoir, LAMUKA tient à ce que des réformes substantielles soient réalisées avant les nouvelles élections ».

La principale force de l'opposition note que « ces réformes concerneront notamment la Cour constitutionnelle, la CENI, le Conseil Supérieur de l'Audio-visuelle et de la Communication, la Commission nationale des droits de l'Homme et tant d'autres. Ces réformes doivent se faire dans le cadre d'un dialogue réunissant les forces politiques les plus représentatives du pays ».

A cet effet, « LAMUKA espère un changement fondamental et que les réformes structurelles requises seront opérées pour consolider l'État, restaurer son autorité, relancer l'économie nationale et améliorer sensiblement les conditions de vie des populations congolaises ».

LAMUKA est d'avis que les Nations unies devront jouer un rôle pour amener tous les acteurs politiques de la RDC à s'inscrire dans la voie de ces réformes indispensables.

Selon Pierre Lumbi, Antonio Guterres a prêté une oreille attentive aux revendications de LAMUKA. « Le secrétaire général de l'ONU nous a fait le point sur les contacts qu'il a eu à travers le pays. Ce qui est important, c'est que nous nous sommes plus ou moins mis d'accord pour continuer les contacts afin que nous puissions voir comment réaliser des réformes institutionnelles qui nous permettent de ne plus revivre ce que nous avions vécu en 2018 notamment la réforme de la Cour institutionnelle, de la CENI, et aussi pour que plus jamais un président de la République ne puisse vassaliser toutes les institutions de l'Etat (... ) », a indiqué Pierre Lumbi.

Le plus évident est qu'au-delà des réformes qui s'imposent pour redéfinir le cadre d'organisation des élections, tout comme la nécessité de stabiliser la partie Est de la RDC, Antonio Guterres a donné toutes ses assurances, résumant tout son engagement par une phrase. « Les Nations unies n'abandonneront pas le peuple congolais », a-t-il déclaré.

A propos des réformes du système électoral, le président Félix-Antoine Tshisekedi avait déjà annoncé une initiative allant dans ce sens, promettant « des réformes institutionnelles ainsi que des entreprises publiques propres à créer des conditions propices à une croissance économique forte ».

LAMUKA ne veut pas rester en marge de cette initiative. « Nous estimons qu'il faut qu'il y ait des réformes institutionnelles mais qui ne doivent pas se faire de façon unilatérale. Elles doivent se faire avec toutes les forces politiques représentatives de la nation congolaise », a-t-il dit.

Sans doute, après le départ du secrétaire général, on doit s'attendre à ce que les lignes bougent - dans le bon sens certainement. Il s'agit pour les leaders de LAMUKA de sauver la démocratie congolaise, en perdition depuis, disent-ils, le putsch électoral de décembre 2018.

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