Cameroun: Des performances à améliorer

Ils étaient près de 130 athlètes sur la ligne de départ des 12è Jeux africains 2019 qui viennent de s'achever au Maroc. Même si ce chiffre était quelque peu en retrait par rapport à l'effectif des précédents Jeux de 2015 à Brazzaville, la Cameroon olympic Team semblait disposer de nombreux atouts pour s'imposer dans chacune des douze disciplines sportives où elle était représentée.

On se rappelle que lors de la cérémonie de remise de l'étendard de la République à Yaoundé, le ministre des sports et de l'éducation physique, assisté pour la circonstance du président du Comité national olympique et sportif du Cameroun, avait invité les ambassadeurs du Cameroun « à concourir avec loyauté et fair-play dans la ferveur patriotique et la défense des couleurs nationales ». la mission assignée était donc sans équivoque : faire preuve d'un fighting spirit exemplaire afin que le nombre de médailles et le classement du Cameroun soient considérablement améliorés au terme des Jeux. Cet appel ne semble pas avoir été suffisamment entendu, si l'on s'en tient aux performances globales de nos athlètes dans diverses disciplines, y compris celles qui étaient jadis les plus grandes pourvoyeuses de médailles.

Sur la ligne d'arrivée, le Cameroun pointe à la 11è position du classement final avec 28 médailles en tout dont 5 seulement en or et 14 en argent ; soit à plus de huit longueurs d'un pays comme l'Egypte qui trône à la première place. Il y a quatre ans, la Cameroon olympic Team avait été plus performante avec 31 médailles dont 7 en or. Quand on sait l'importance de la médaille d'or dans ce type de compétition, on ne s'étonnera pas qu'un pays comme Madagascar avec 12 médailles au total (dont 6 en or) devance le Cameroun au classement final. Le déficit en métal doré explique largement pourquoi le bilan des Jeux africains de 2019 est légèrement en retrait. Comment expliquer dès lors ce recul alors que toutes les conditions semblaient réunies pour obtenir les meilleurs résultats ?

A moins qu'il n'y ait d'autres paramètres peu connus, les différentes parties prenantes étaient apparemment d'accord sur le fait que les sportifs camerounais, au moment de quitter le Cameroun, avaient bénéficié du soutien des pouvoirs publics, du comité national olympiques et des fédérations nationales tout au long de leur préparation afin qu'ils soient à leur meilleur niveau le moment venu. Et pourtant, on a constaté à l'épreuve du terrain que les minimas requis n'étaient pas atteints dans bien des cas. Si on peut rendre un hommage mérité à des athlètes d'exception comme Hélène Wezeu Dombeu (or en judo) Nonani Bayomo (or au karaté), Emilienne Essombe Tiako (or en lutte), Clémentine Meukeugni Noumbissi (or en haltérophilie), les joueurs de l'équipe national de volley-ball, ou encore Jeanne Gaëlle Eyenga (3 médailles d'argent en haltérophilie) ont fait retentir très haut l'hymne national, d'autres se sont contentés du menu fretin quand ils n'étaient pas éliminés précocement.

Si on pouvait déjà regretter l'absence d'Auriole Ndongmo, la vice-championne du monde du lancer du poids, qui n'avait pas fait le déplacement, on peut s'étonner de l'échec de Sandrine Mbumi (triple saut) Wilfried Seyi (boxe), Sara Hanffou (tennis de table) qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs. En sports collectifs, le Cameroun a raté également trois occasions pour remporter l'or en football, en hand-ball et en volley dames. Au final, la moisson aura été en-deçà des attentes. Il faut pourtant rebondir. Pour être plus compétitif, il faudrait plus de professionnalisme dans l'encadrement, plus de reconnaissance et de motivation pour les champions. Il semble aussi opportun d'élargir désormais le champ de participation de nos athlètes dans d'autres disciplines comme la natation, l'aviron, l'escrime, le badminton, le tir à l'arc, le triathlon, etc. Ne dit-on pas qu'il n'y a pas de petite médaille d'or ? D'autres l'ont compris depuis longtemps.

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