Ile Maurice: Firemount à Madagascar - Expansion ou délocalisation ?

4 Septembre 2019

Alors que la vague de fermetures se poursuit dans le secteur à Maurice, Firemount Textiles Ltd (FMT) décide d'étendre ses opérations à Madagascar. Spécialisée en confection de jeans Denim, elle se propose d'y ouvrir une unité d'ici deux à trois mois avec le recrutement d'un millier de travailleurs malgaches. Est-ce le début d'une délocalisation de ses activités à Maurice ou une volonté de régionaliser sa production ?

Interrogé, le Chairman et directeur exécutif de l'entreprise, Anil Kohli, a confirmé le projet d'installer une unité Firemount dans la Grande Île pour répondre aux besoins de nouvelles capacités. «Il n'est pas question de délocaliser nos opérations. Notre présence à Madagascar s'inscrit dans notre stratégie d'expansion. Toutefois, je reconnais que le coût élevé de production à Maurice aura pesé lourd dans notre décision.» Et d'ajouter que ce projet nécessitera un investissement conséquent.

Cette déclaration tranche toutefois avec l'inquiétude des 2 900 employés de FMT, qui sont en présence aujourd'hui d'informations contradictoires qui portent en revanche sur une éventuelle délocalisation des opérations. Selon une source proche du quartier général de la compagnie à La Tour Koenig, le projet de délocaliser les opérations de Firemount Textiles est sur la table du Chairman depuis un certain temps et ce, suivant ses visites régulières effectuées sur place et des renseignements obtenus auprès de ceux qui sont déjà engagés dans ce secteur à Madagascar.

Opérant deux unités à Maurice, nommément à La Tour Koenig et St-Félix, FMT est confrontée, nous dit-on, à des coûts élevés de production, à l'instar d'autres entreprises comme Palmar Ltée, Future Textiles ou encore Tex Services, qui ont dû mettre la clé sous le paillasson face à des endettements massifs et l'absence de liquidités pour assurer financièrement leurs opérations. «C'est un fait que le coût de la main-d'oeuvre est devenu cher avec de nouvelles charges sociales, contrairement à la Grande Île où il est relativement abordable», souligne une source proche de la direction de l'usine.

Pour le moment, on ne connaît pas le modus operandi d'Anil Kohli. «L'ouverture de cette nouvelle unité entraînerait-elle le 'phasing out' de ses activités industrielles en douceur à Maurice et un recentrage de ses opérations dans la Grande Île ?» s'interroge un haut cadre de la compagnie.

Toujours est-il qu'on apprend que le département des ressources humaines est impliqué dans un exercice pour chiffrer le coût financier de ce projet. D'ailleurs, les travailleurs étrangers, Indiens, Bangladeshis et Malgaches principalement, au nombre de plus de 2 000 opérant à l'unité de St-Félix, seront concernés par cet exercice. Leur contrat de travail, dit-on, ne sera pas renouvelé une fois arrivé à expiration, une démarche visant à sensiblement réduire le poids de la maind'oeuvre étrangère au sein de l'entreprise.

Face à ces centaines de travailleurs du textile au bord de la route suivant une série de fermetures d'usines, FMT ne souhaite pas être le déclencheur d'une crise sociale. «S'il y a effectivement une délocalisation des opérations, tout sera fait pour minimiser les dégâts et éviter des tragédies humaines», lâche notre source.

Un chiffre d'affaires de Rs 2,27 milliards

C'est en 1990 que Firemount Textiles Ltd a démarré ses opérations avec 150 employés. Aujourd'hui, elle en compte 2 900. Selon l'édition 2019 de The Top 100 Companies, la compagnie a connu une forte croissance ces deux dernières années, soit de 35 % et 21 % respectivement. Au 30 juin dernier, elle a affiché un chiffre d'affaires de Rs 2,27 milliards alors qu'à la même période en 2015, il s'élevait à Rs 1,95 milliard. Ses deux grosses opérations sont localisées à St Félix et à La Tour Koenig où FMT opère une usine de 147 000 pieds carrés depuis mars 2017. Le siège social s'y est installé.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: L'Express

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.