Cote d'Ivoire: Boycott de la commission électorale indépendante - Le combat perdu du PDCI et d'EDS

4 Septembre 2019

Un autre coup de massue. Après le départ en cascade de ses militants au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le PDCI Daoukro vient de perdre un autre combat. Celui de boycotter l'organe en charge des élections en vue de le rendre inopérant et créer ainsi les conditions de sa remise en question.

En tout cas, en suivant l'évolution de l'actualité politique, on peut dire que le plan concocté par le vieux parti et son allié de l'EDS est sans doute voué à l'échec. La mise en place de la nouvelle Commission électorale indépendante n'est pas prête d'être compromise.

Et pour cause, le parti d'Henri Konan Bédié qui croyait entrainer avec lui la société civile et la grande majorité des partis de l'opposition se retrouve aujourd'hui seul.

Il perd un pion de son puzzle insurrectionnel. Surtout après l'accord annoncé, avanthier, entre Affi N'guessan, président du FPI, et le Gouvernement. Conscient en effet que la politique de la chaise vide n'a jamais payé en politique, le président du Conseil régional du Moronou a décidé de prendre toute sa place dans la CEI où il pourrait obtenir un poste de vice-président.

Le dialogue n'est-il pas l'arme des hommes forts, comme l'enseignait feu Félix Houphouët-Boigny ? Affi N'guessan a donc décidé de revenir à la table de la négociation.

Conséquence, les deux parties se sont accordées sur plusieurs propositions résumé ici par Affi lui-même au sortir d'une rencontre avec le ministre d'Etat Hamed Bakayoko, représentant son collègue de l'intérieur : « Le président de la CEI serait choisi en concertation avec l'opposition de manière à ce que ce soit une personnalité consensuelle non marquée politiquement et qu'ensuite l'opposition puisse disposer d'un poste de vice-présent de sorte à ce qu'elle soit dans le Bureau et qu'elle puisse contrôler l'ensemble du processus.

Evidemment dans les commissions locales, le même schéma pourrait être reconduit». Sur cette base, il faut s'attendre à la désignation du représentant du parti à la rose dans la Commission centrale. Affi se désolidarise ainsi du PDCI et d'EDS qui ont opté pour le boycott.

Et vient ainsi gonfler le nombre d'acteurs ayant désigné leur représentant, notamment les six représentants de la société civile, avec bien entendu celui de GPATE dont est membre l'APDH.

Pour mémoire, c'est l'APDH qui avait saisi la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples. Avant Affi N'guessan, Lagou Henriette et Appiah Kabran avaient décidé de prendre leurs distances vis-à-vis du PDCI. Face à toutes ces défections, le PDCI et ses nouveaux amis sont aujourd'hui déboussolés.

Il suffit de parcourir son porte-voix principal pour s'en convaincre. Le Nouveau Réveil en effet, voit en cette position du président du FPI, une trahison.

Pour ce journal très proche du PDCI Daoukro, Affi est « un opposant opposé aux intérêts de l'opposition ». Le journal ne s'arrête pas là. Plus loin, il laisse sous-entendre que comme Lagou Henriette et Appiah Kabran, le numéro un du FPI est « un acheté ou un otage de Ouattara ».

Oubliant de reconnaitre que tous ces leaders d'opposition ont compris la nécessité de mettre l'intérêt de la nation au-dessus des intérêts personnels.

Mais aussi que la real-politic n'est pas de faire l'opposition pour faire de l'opposition. Mais de faire une opposition constructive, basée sur la force des arguments et des propositions.

Affi s'est lui-même voulu un peu plus claire après sa rencontre avec Hamed Bakayoko : « Nous ne sommes pas dans une logique de boycott, de révolution ou d'insurrection. Nous disons seulement que nous ne sommes plus au pouvoir mais dans l'opposition. Donc, nous sommes dans l'action politique.

Nous estimons que nous devons travailler à améliorer les choses pour faire avancer le pays. Nous continuerons de discuter avec le Gouvernement et siéger à la CEI pour des élections transparentes ».

Il ajoutait hier, sur France 24 ceci : « Ma position personnelle en tant que président, c'est que nous puissions, sur la base de ces concessions, de ces acquis intégrés la CEI et continuer les négociations pour améliorer le cadre juridique et institutionnel des élections ».

Réponse cinglante à ceux qui l'accusent sans preuves d'être un acheté. Bédié et EDS se retrouvent donc seuls contre tous.

Parce que, sans doute, le plan machiavélique et funeste de boycott des élections des nouveaux opposants au pouvoir d'Abidjan est en train d'être éventé.

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