Angola: Exténués mais soulagés, des réfugiés centrafricains rentrent au pays

Suite à une relative accalmie observée dans plusieurs régions depuis l'accord de paix de Khartoum en février dernier, des réfugiés Centrafricains réfugiés dans des pays voisins rentrent volontairement au bercail accompagnés du HCR. Le soulagement se lit déjà sur les visages.

A l'arrière du camion, la chaleur est étouffante. Une trentaine de réfugiés centrafricains sont entassés sous la bâche. Les adultes serrés sur les bancs, les enfants en bas-âge et les animaux de compagnie à même le sol de la benne, dans un enchevêtrement de jambes.

A chaque trou de la piste, une violente secousse les fait rebondir sur le métal brûlant. La poussière s'engouffre par l'arrière, se colle à la sueur, se glisse entre les plis des vêtements et des paupières. Les dos sont meurtris.

Ceux qui retournaient chez eux de manière spontanée ne disposaient d'aucun accompagnement. Il s'agissait de fixer un cadre légal pour garantir aux volontaires un rapatriement dans la dignité et la sécurité

Pourtant, le soulagement se lit sur les visages : après plusieurs années passées au Congo, ces réfugiés centrafricains sont enfin de retour au pays.

Comme eux, près d'un quart des 4,7 millions habitants de la République centrafricaine, selon l'ONU, ont fui leur domicile depuis qu'une coalition à majorité musulmane, l'ex-Séléka, a renversé en 2013 le président François Bozizé. Depuis, le pays est plongé dans une guerre civile opposant divers groupes armés aux forces de sécurité, ou entre ces milices elles-mêmes. Parmi ces déracinés, plus de 600.000 Centrafricains vivent toujours à l'étranger, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Mais depuis la signature, le 6 février à Khartoum, d'un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés, plusieurs provinces connaissent une relative accalmie.

Aussi, en juillet et août, Bangui et le HCR ont signé des accords de rapatriement avec le Cameroun, la République démocratique du Congo et la République du Congo, des voisins qui accueillent la majorité des réfugiés centrafricains.

"Ceux qui retournaient chez eux de manière spontanée ne disposaient d'aucun accompagnement. Il s'agissait de fixer un cadre légal pour garantir aux volontaires un rapatriement dans la dignité et la sécurité", explique Stella Fatime, porte-parole du HCR. Ainsi, 4.983 réfugiés au Congo ont demandé à rentrer en vertu d'un de ces accords depuis le 1er août.

Parmi eux, Albert Bekpa, un pêcheur originaire de Bangui qui savoure l'instant malgré les secousses du camion. "C'est un jour de fête !" s'exclame-t-il en brandissant une élégante canne en bois sculpté, trésor qu'il garde précieusement depuis son départ du pays en 2014.

Une clameur lui répond au dehors. Tout le long des 20km de piste qui séparent la frontière congolaise du camp de transit du HCR de Mongoumba, les villageois ont bravé la chaleur pour acclamer leurs compatriotes de retour. Des enfants accourent, agitant des branches de palmier en guise de rameaux. Les anciens se lèvent de leurs fauteuils.

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