Afrique: Le secteur privé accélère le mouvement contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme

Le Cap, Afrique Du Sud — À l'occasion du Forum économique mondial sur l'Afrique, cinq partenaires du secteur privé ont annoncé aujourd'hui de nouvelles promesses de dons pour la sixième reconstitution des ressources du Fonds mondial.

Soutenu par Nando's, un groupe de restauration fondé en Afrique du Sud, ainsi que par d'autres entreprises partenaires, Goodbye Malaria a promis 85 millions de rands (environ 5,5 millions de dollars US) au Fonds mondial pour étendre une subvention qui vise à éliminer la transmission transfrontalière du paludisme au Mozambique, en Afrique du Sud et en Eswatini.

Le projet Last Mile, GBCHealth et Zenysis Technologies ont pour leur part annoncé un appui en nature et des co-investissements destinés à rendre les programmes de santé plus efficaces grâce à l'innovation.

Africa Health Business s'en engagé à soutenir la mobilisation des entreprises africaines. La valeur totale de ces co-investissements dépassera les 23 millions de dollars US.

« Notre combat pour en finir avec le sida, la tuberculose et le paludisme ne pourra être victorieux que si nous travaillons avec des partenaires du secteur privé », a indiqué Peter Sands, le directeur exécutif du Fonds mondial.

« Nous avons besoin des ressources, de l'innovation et du savoir-faire du secteur privé pour contrer la menace de la résistance aux médicaments, étendre notre sphère d'influence et bâtir des systèmes de santé plus solides - autant d'éléments qui sauveront davantage de vies. »

Les annonces faites aujourd'hui témoignent de la diversité de l'appui apporté aux solutions de santé par le secteur privé et d'autres partenaires essentiels comme le Ministère sud-africain de la Santé, l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et la Fondation Bill et Melinda Gates.

« En tant que partenaire issu du secteur privé dans des pays confrontés aux ravages de ces trois maladies, c'est avec fierté que Goodbye Malaria contribue aux efforts du Fonds mondial à hauteur de 85 millions de rands pour cibler l'élimination du paludisme en Afrique australe », a déclaré Sherwin Charles, co-fondateur et directeur-général de Goodbye Malaria.

« Cela représente une hausse globale de 55 pour cent par rapport à notre contribution lors de la précédente reconstitution des ressources.

De plus, cet apport permettra de débloquer des fonds supplémentaires provenant de l'enveloppe de 100 millions de livres sterling en financement de contrepartie mise à disposition par le gouvernement britannique pour le paludisme. »

Les gouvernements africains et d'autres bailleurs de fonds investissent des milliards de dollars pour consolider les systèmes de santé et garantir la disponibilité de médicaments abordables.

Pourtant, les chaînes d'approvisionnement peinent souvent à faire parvenir les médicaments et les fournitures jusqu'aux établissements de santé et aux personnes qui en ont le plus besoin.

Pour s'attaquer à ce problème, le Fonds mondial et la Fondation Bill et Melinda Gates se sont associés à The Coca-Cola Company en 2010 pour mettre en place le projet Last Mile, auquel USAID a adhéré en 2014.

Ce partenariat public/privé tire parti des compétences de Coca-Cola en matière de logistique, de gestion de la chaîne d'approvisionnement et de marketing pour aider les autorités publiques africaines à livrer des médicaments essentiels et des fournitures jusqu'aux populations les plus difficiles d'accès.

De plus, The Coca-Cola Foundation a aussi généreusement contribué au projet Last Mile. Dans la foulée d'un engagement de plus de 21 millions de dollars US pris par les partenaires en 2014, ce projet a fourni un appui à 10 pays d'Afrique.

« Je suis ravie d'annoncer que le projet Last Mile sera reconduit pour cinq ans, ce qui nous permettra d'asseoir davantage notre investissement dans les pays où le partenariat est déjà implanté et de lancer au moins cinq nouveaux projets », a précisé Maserame Mouyeme, directrice des affaires publiques, de la communication et de la pérennité de la division Afrique australe et orientale de Coca-Cola.

« En levant les obstacles qui entravent la livraison de médicaments et l'accès aux services de santé, nous espérons sauver plus rapidement davantage de vies. Pour y parvenir, les partenaires entendent investir collectivement 20 millions de dollars US supplémentaires sous forme de soutien financier et en nature. »

Pour éliminer les maladies, il est essentiel de disposer de données plus précises pour pouvoir prendre en toute connaissance de cause les décisions relatives aux programmes de santé. Cependant, la fragmentation des données entrave une offre efficace et équitable de soins de santé.

Ainsi, Zenysis, une entreprise spécialisée dans la gestion de données et l'intelligence artificielle, a construit une plateforme capable d'agréger en une présentation unique les données provenant d'un nombre quelconque de systèmes différents.

Cela permet aux décisionnaires d'avoir une vision de leur programme de santé quasiment en temps réel. Zenysis a investi plus de 2,5 millions de dollars US dans cinq pays africains depuis qu'elle s'est associée au Fonds mondial en 2018.

« Zenysis investira 3,5 millions de dollars US supplémentaires d'ici la fin de 2021 pour aider cinq autres pays soutenus par le Fonds mondial à tirer parti de la puissance du "big data" et de l'intelligence artificielle pour transformer leurs systèmes de santé », a indiqué Jonathan Stambolis, le directeur-général de Zenysis.

« Notre logiciel d'analyse a le pouvoir de transformer la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, et notre partenariat avec le Fonds mondial garantira que cette technologie profite aux pays qui en ont le plus besoin. »

S'appuyant sur la réussite du modèle du projet Last Mile, le Fonds mondial s'associe à GBCHealth pour profiter de son réseau d'entreprises soucieuses d'investir leurs ressources et leurs capacités afin de renforcer la gestion de la chaîne d'approvisionnement partout dans le monde.

Appelée Logistics for Health, la nouvelle plateforme qui en résulte sera coordonnée par GBCHealth et aura vocation à croître pour englober un large éventail de secteurs d'activité.

« Les connaissances et les compétences du secteur privé n'ont pas leurs pareilles pour contribuer à la gestion de la chaîne d'approvisionnement », explique Nancy Wildfeir-Field, présidente de GBCHealth.

« Ce nouveau partenariat est l'illustration de l'engagement constant de GBCHealth et du secteur privé à soutenir le Fonds mondial en faisant preuve d'innovation et plus encore maintenant, alors qu'il approche de la reconstitution de ses ressources.

Nous sommes convaincus que ce partenariat ouvre de nouvelles possibilités aux entreprises afin qu'elles aillent puiser dans leurs compétences de base et accélèrent le mouvement contre le sida, la tuberculose et le paludisme. »

Africa Health Business, un cabinet d'experts-conseils en santé dont le siège est à Nairobi, a annoncé son soutien au Fonds mondial sous la forme d'un travail auprès des entreprises dans le but de renforcer leur engagement dans la santé.

L'objectif est de mettre sur pied des partenariats public/privé en Afrique, de travailler l'influence et le rôle de plaidoyer des dirigeants d'entreprises, de mobiliser des ressources et de trouver des solutions novatrices pour lutter contre les trois maladies.

« Africa Health Business s'attèle à renforcer l'engagement des dirigeants du secteur privé à accélérer la fin des épidémies de VIH, de tuberculose et de paludisme en passant par des partenariats stratégiques », indique le Dr Amit N. Thakker, président et cofondateur d'Africa Health Business.

La France accueillera la sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial à Lyon, le 10 octobre 2019. Le Fonds mondial cherche à recueillir au moins 14 milliards de dollars US - dont un milliard de dollars US provenant du secteur privé - pour le prochain cycle de trois ans.

Cette somme contribuera à sauver 16 millions de vies, à réduire de moitié les taux de mortalité imputables au VIH, à la tuberculose et au paludisme, et à construire des systèmes de santé plus solides d'ici 2023.

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