Gabon: Poursuite du bras de fer entre Total Gabon et ses anciens cadres

Libreville — Indifférente depuis plusieurs mois face aux revendications de ses anciens salariés dont la procédure de départ avait été viciée, Total Gabon collectionne des conflits à caractère sociaux et n'a toujours pas réagi aux plaintes déposées par des cadres mécontents du traitement qui leur est réservé, à savoir le non versement Intégral de leurs droits à la suite d'un plan de départs volontaires.

Après avoir bafoué les droits de plusieurs cadres, Total Gabon est incapable de résoudre le contentieux qui l'oppose depuis 2 ans déjà à ses anciens salariés.

Le désormais ex-directeur général de la filiale du Groupe Total a constamment procédé par l'esquive et le mépris des institutions gabonaises, préférant confier cet épineux dossier à des collaborateurs carriéristes qui ne bercent qu'un rêve : l'expatriation pour laquelle ils sont prêts à tout pour y parvenir.

D'après nos informations, Henri Max Ndong Nzue serait remplacé à la tête de la compagnie par un Français d'origine sénégalaise, Stéphane Bassene, à qui reviendra la lourde charge de résoudre l'épineux problème qui opposait son prédécesseur à des anciens salariés mécontents.

De toute évidence, on peut dire que la « gabonisation des postes » à responsabilités chez Total Gabon a de beaux jours au sein de cette entreprise supposée gabonaise !. En d'autres termes, aucun Gabonais n'a été trouvé pour succéder à Henri Max Ndong Nzue.

Récemment, au cours d'une réunion tripartite entre les plaignants et les dirigeants de cette entreprise en présence de l'inspecteur principal du travail chargé du secteur pétrolier, des anomalies évidentes et choquantes ont été relevées dans le calcul des montants à verser aux anciens salariés, les deux parties s'étaient engagées à se mettre à la disposition de l'inspecteur du travail, fournir les éléments nécessaires pour faire avancer le dossier.

Nonobstant leur engagement ferme et après avoir désigné la personne ressource de Total Gabon, comme à son habitude, l'entreprise fait le mort, ne réagit pas aux demandes de l'inspecteur. Telle est la consigne laissée par le sieur Eric Nkoma qui a finalement obtenu son expatriation ; c'est la récompense pour cet esclavagiste de service, toujours soumis à la "bonne cause", pour l'intérêt supérieur de Total Gabon qui a toujours clamé la main droite sur le cœur qu'elle respecte les lois des pays qui l'accueille, à l'exception du Gabon, pays dont les gouvernants ne seraient ni exigeants, encore moins rigoureux.

Cet engagement, fort heureusement pris en présence du nouveau directeur des ressources humaines, un expatrié, qui a suivi quelque peu ahuri les échanges houleux entre les parties antagonistes sera forcément respecté.

Joints au téléphone, les anciens salariés disent ne pas se laisser intimider par leur ancien employeur, une société prédatrice qui s'est toujours comportée comme «Tintin au Congo».

« L'affaire se poursuivra jusqu'au paiement intégral de tous leurs droits, en commençant entre autres par l'indemnité de préavis que notre DRH des tropiques s'est gardé de ne pas verser aux partants, le calcul de leurs droits ayant été fait sur des bases volontairement fausses », déclare un ancien salarié.

« Bien que nanti d'un bon curriculum vitae Henri Max Ndong Nzué laisse une impression plus que mitigée. Constamment soumis aux ordres de Paris, notamment de Guy Maurice qui gérait au quotidien et à distance Total Gabon. Une méthode à la fois rare et étrange depuis l'implantation au Gabon de cette entreprise pétrolière vielle de près de 90 ans déjà », poursuit notre interlocuteur qui ajoute qu' « au cours de ces dernières années, le leadership de Total Gabon a été écorné et l'ancien patron de Total Gabon ( de 2015 à ce jour) avait été chargé des basses besognes destinées à rabaisser cette société qui a constitué à tort ou à raison, la fierté de l'industrie pétrolière gabonaise malgré son manque de transparence sur plusieurs points notamment la fiscalité, la politique de développement durable, la gestion des ressources humaines, etc. ».

A Total Gabon, le copinage et le tribalisme/clanisme seraient légion dans la gestion des carrières.

Contrairement au Plan d'Adaptation des Compétences et d'Optimisation des Effectifs (PACOE) 2017, mené en parfaite concertation avec les partenaires sociaux , celui de 2016, établi sur la base du volontariat pour des collaborateurs âgés de 55 ans et plus avait été élargi à tous les employés sans concertation préalable.

Cependant, stipule la lettre adressée au ministre de tutelle, certains collaborateurs de plus de 55 ans ont choisi de rester au sein de l'entreprise, c'est le cas de l'ancien directeur général-adjoint de Total Gabon, parti de l'entreprise plusieurs années après l'âge de 60 ans, en empochant un pactole d'un demi-milliard de francs CFA qui a échappé au fisc avec la complicité de l'entreprise.

Un dossier à rebondissements à suivre.

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