Cameroun: Production de bière, farine, huile - Place aux intrants locaux

Les agro-industriels ont été sensibilisés hier sur le bien-fondé de préférer les matières premières du terroir.

Malgré le potentiel agricole important et varié dont regorge le Cameroun, les produits de base sont très peu transformés localement.

Une situation qui contraint les agro-industries à l'éternelle importation de la matière première dont elles ont besoin pour accroître leurs productions. Les statistiques de l'administration douanière indiquent d'ailleurs qu'en 2017, les importations de céréales ont coûté 297 milliards de F aux agro-industriels.

Les tourteaux de soja à eux seuls engloutissent 14 milliards de F chaque année. Pour inverser la tendance de l'importation, les pouvoirs publics ont développé un ensemble d'outils de politique économique dont certains sont en train d'être appliqués.

Au cours de la concertation qui a eu lieu hier entre les responsables du ministère en charge de l'Economie et les opérateurs du secteur, le secrétaire général du ministère de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire (Minepat), Jean Tchoffo a indiqué qu'il est question pour les pouvoirs publics de mettre en place des stratégies qui pourront booster la production locale en renforçant les capacités des agriculteurs.

Il s'agira par exemple de nouer des partenariats avec les agro-industries, ouvrir et équiper des unités de transformation. Pour l'heure, il est question de sensibiliser les industriels sur l'importance de cette préférence nationale.

Dans un contexte marqué par une crise de devises et une nouvelle réglementation de change imposant des plafonds, les importateurs sont dos au mur et incapables d'importer certaines matières premières.

« La farine de froment importée chaque année pour un montant de 300 milliards de F peut être remplacée par celle de patate, de manioc, de pomme de terre et macabo. Et à notre niveau, on pourra s'assurer que l'offre est consistante », propose par exemple Isaac Tamba, directeur général de l'économie au Minepat.

Heureusement, certaines agro-industries ont opté pour l'utilisation des matériaux locaux. Steve Oyono Elemva, chargé des relations publiques dans une entreprise brassicole indique qu'il y a 10 ans, l'entreprise utilisait seulement 5% de matières premières, aujourd'hui, c'est près de 60% d'intrants locaux qui entrent dans la production de certaines bières.

Mais pour que les agro-industriels fassent mieux, les contraintes de l'insuffisance de la production, l'inadéquation des équipements pour la transformation, la qualité approximative des intrants locaux et le non respect des normes doivent être levées.

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