Burkina Faso: Lutte antiterroriste - Simulation aujourd'hui au palais des Sports

Cher Wambi,

Après un mois d'août qui a tenu par-ci par-là ses promesses, nous voilà en septembre, synonyme de fin de la saison pluvieuse. Si, par endroits, la campagne agricole présente une physionomie qui incite à l'optimisme, il faut reconnaître qu'elle suscite des inquiétudes dans bien des contrées. Mais il est trop tôt pour s'en alarmer quand on sait que Dame Nature sait parfois nous réserver de bonnes surprises. Donc rien ne dit qu'elle ne continuera pas de nous gratifier de sa générosité durant une bonne période de ce mois de septembre. En attendant que les mânes des ancêtres exaucent nos vœux, voici les quantités d'eau recueillies dans les différentes stations de l'ASECNA durant la semaine du jeudi 29 août au mercredi 4 septembre 2019 :

Dori : 21,3 mm ; Ouahigouya : 52,1 mm ; Ouagadougou-Aéro : 13,5 mm ; Dédougou : 83,1 mm ; Fada N'Gourma : 8,9 mm ; Bobo-Dioulasso : 95,8 mm ; Boromo : 70,9 mm ; Pô : 40,7 mm ; Gaoua : 35 mm ; Bogandé : 17,1 mm.

Cher Wambi, comme tu l'as déjà sans nul doute appris, le procès dit du putsch manqué du 16 septembre 2015 a livré ses premières conclusions avec le verdict rendu le lundi 2 septembre 2019 par la Chambre de première instance du tribunal militaire.

Comme il fallait s'y attendre, le délibéré a été diversement accueilli par l'opinion publique nationale. Chacun y étant allé de sa sensibilité politique ou idéologique et, pourquoi pas, de sa proximité ou de ses affinités avec les victimes, les blessés ou les 83 prévenus.

Et même si c'était le Bon Dieu lui-même qui avait prononcé son jugement, il se serait trouvé de simples mortels pour trouver à redire.

Cher cousin, je ne sais pas ce que tu en penses, mais, pour ma part, j'estime, et ça n'engage que moi, que le président du tribunal, Seidou Ouédraogo, qui, soit dit en passant, a dirigé les débats de main de maître, faisant preuve, tout au long des 18 mois qu'aura duré ce feuilleton judiciaire, d'un calme et d'une sérénité à toute épreuve, a rendu un verdict pour le moins clément.

C'est vrai, tous ceux des accusés qui ont été condamnés à une peine privative de liberté n'en auront pas la même lecture que moi. Mais si je dis cela, c'est en comparaison de ce que le parquet militaire avait requis.

En effet, dans son réquisitoire, le procureur avait réclamé la prison à vie contre les généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolet, pour ne citer que le cas de ces deux.

Sans nul doute que ce verdict qui vient de tomber a fait bondir nombre de jusqu'aux-boutistes qui rêvaient de voir la tête de certains prévenus au bout d'une pique.

Mais en délibérant extra petita, la chambre de première instance du tribunal militaire s'est inscrite dans la dynamique de la réconciliation nationale. Certains partisans du tout juridisme diront que ce n'est pas du devoir de la justice de s'intéresser à de pareilles questions, qui relèvent de l'exécutif. Mais puisque la justice, la vraie, est rendue au nom du peuple, doit-elle prononcer son châtiment sans tenir compte des éventuelles implications dans la vie en communauté ?

Mais je passe sur ce propos pour te dire, cher Wambi, que conformément au droit pénal, tous les condamnés à une peine privative de liberté non couverte par la détention provisoire ont été immédiatement conduits à la Maison d'arrêt et de correction des armées (MACA) en exécution du jugement de condamnation.

Pour autant, le dossier du putsch manqué n'est pas définitivement vidé, puisque toutes les parties disposent d'un délai de quinze jours, à compter de la date du délibéré, pour faire appel devant la Chambre d'appel du tribunal militaire. En français facile, ça veut dire qu'elles peuvent demander un deuxième jugement.

A ce sujet, j'ai appris que les avocats des généraux Diendéré et Bassolet, condamnés respectivement à 20 et 10 ans ferme en première instance, ont décidé, si ce n'est déjà fait, d'user de ce droit.

Cher cousin, tu demandes ce qu'il en est du cas particulier de Djibril Bassolet qui avait été transféré de sa cellule de la MACA vers Ouaga 2000 où il était en résidence surveillée du fait de sa maladie. Eh bien, sache que depuis mardi dans l'après-midi, il est retourné en prison au camp Lamizana. Maintenant qu'adviendra-t-il de son autorisation de sortie du territoire pour aller se soigner à l'étranger, en l'occurrence en France ? La question est d'autant pertinente que le verdict est tombé au moment où le ministre de la Défense était dans l'attente d'un rapport des services de l'armée pour décider ou non d'autoriser le malade à recevoir des soins à l'extérieur.

Mais qu'à cela ne tienne, les avocats de M. Bassolet ont déjà saisi le juge de l'exécution des peines aux fins d'obtenir le précieux sésame.

Pour terminer avec le verdict dudit procès, un adage bien connu de chez nous dit que « les absents ont toujours tort ». Eh bien, cela vient d'être vérifié dans la sentence du tribunal contre les fugitifs : ils ont en effet écopé des plus lourdes peines, à l'instar, entre autres, de Fatou Diendéré, René Emile Kaboré, Alima Bougouma, épouse de l'ancien ministre de la Sécurité, Jérôme Bougouma, condamnés à 30 ans de prison ferme.

Cher Wambi, finalement je ne sais plus quoi dire de cette hydre terroriste qui continue et continue à semer mort et désolation dans mon cher Faso. Particulièrement au Sahel et au Centre-Nord où, depuis un certain temps, pas un jour ne passe sans qu'on en entende parler. « Mais qu'est-ce qu'ils nous veulent ? » suis-je tenté de crier, tant ces forces du Mal nous attaquent avec une récurrence à nous donner le tournis.

J'ai appris que, depuis hier jeudi, Tongomayel se vidait massivement de ses populations. Cet exode de grande ampleur fait suite à l'expiration mercredi dans la soirée d'un ultimatum lancé par des individus armés. Ils ont menacé de tuer quiconque se trouverait toujours dans la zone après ce délai.

Mais du côté des autorités et des forces de défense et de sécurité, l'on tente tant bien que mal d'assurer la sécurité des personnes et des biens, même si les résultats ne sont toujours pas à la hauteur des attentes.

En atteste ce communiqué du ministère de la Sécurité relatif à la simulation d'une riposte antiterroriste aujourd'hui à Ouagadougou :

« En vue d'optimiser le dispositif de riposte des unités d'intervention, le Programme d'assistance antiterroriste (ATA) du Département d'Etat américain, à travers l'ambassade des Etats-Unis d'Amérique, organise, le vendredi 06 septembre 2019 de 09h 00 à 13h 00 au palais des Sports de Ouaga 2000, une simulation d'intervention antiterroriste.

Cet exercice occasionnera des coups de feu et des mouvements de troupes.

A cet effet, le ministre de la Sécurité invite les populations riveraines du palais des Sports de Ouaga 2000 et celles de Ouagadougou en général à garder le calme et à vaquer paisiblement à leurs occupations ».

Direction de la Communication et de la Presse ministérielle

Cher Wambi, depuis un certain temps, je te tiens régulièrement informé des pourparlers entre la mairie de Ouagadougou et L'Observateur paalga pour la reprise du marathon Ouaga-Laye. Comme tu le sais, cette épreuve avait été lancée en 2008 à la faveur du 35e anniversaire du journal de ton oncle Nakibeugo, mais après cinq éditions consécutives, elle avait connu un coup d'arrêt en 2014 pour des raisons sur lesquelles il n'est pas utile de revenir ici. Il s'agissait en fait de reculer pour mieux sauter ou plutôt pour mieux courir. L'affaire est maintenant mûre. Le temps que ma présente lettre te parvienne, tu l'as sans doute déjà appris par les médias dits chauds et le bouche-à-oreille, le maire de la capitale, Armand Béouindé, et Edouard Ouédraogo ont signé mercredi une convention qui lie désormais les deux institutions pour la relance de la compétition et procédé dans la foulée à l'installation du comité d'organisation de cette édition de la renaissance. Cette course a du reste été rebaptisée "Marathon Paalga du Grand-Ouaga" (MPGO). Cher cousin, je ne sais pas encore si, le 7 décembre prochain, les coureurs s'élanceront à nouveau vers Laye, mais quoi qu'il en soit, dis aux parents du village de commencer à s'entraîner, car, s'il plaît à Dieu, ce rendez-vous sera mémorable.

Cher Wambi, à présent, je t'invite à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l'Intrigante.

-Qui a volé l'ordinateur personnel du Dr Ra-sablga Seydou Ouédraogo, directeur exécutif de l'institut Free Afrik, et par ailleurs percutant animateur du débat public de ces dernières années ?

C'est la question que l'on se pose depuis que, dans la nuit du mercredi 28 août 2019, des individus, au savoir-faire professionnel, ont pénétré par effraction dans son domicile d'où ils ont emporté pour seul butin ce précieux outil de travail, un peu comme s'ils n'étaient venus que pour cela. Précieux outil de travail s'il en est parce qu'à ce qu'on dit, l'ordi en question contenait plusieurs rapports en chantier de Free Afrik, des données et des travaux de recherche sur des sujets sensibles. L'énigme est d'autant plus troublante que, dès le lendemain de l'effraction, c'est-à-dire la nuit du 29 août, une seconde tentative de cambriolage s'est produite mais n'a pu aboutir, le gardien des lieux et le maître des céans ayant été cette fois-ci aux aguets ; ce que voyant, les malfrats ont pris la fuite.

La police et la gendarmerie en ont été saisies par le Dr Ra-sablga qui, pour d'évidentes raisons professionnelles, tient plus au PC dérobé qu'à la prunelle de ses yeux.

Affaire à suivre donc...

-La xénophobie a la vie dure. Quand ce sont de simples citoyens égarés qui se laissent prendre par ce vilain défaut, on peut encore comprendre, mais lorsque c'est un chef coutumier, garant de la paix et du vivre-ensemble, qui s'en donne à cœur joie, c'est à n'y rien comprendre.

En effet, la zone non lotie de Niog-warbin dans l'arrondissement 4 de Ouagadougou, juste après Nioko 2, est en ébullition depuis un certain temps. Ce quartier densément habité a vu tous ses espaces parcellés et vendus à des Burkinabè de toutes conditions. Naturellement ils y ont investi depuis belle lurette, vivent avec leurs familles et participent à toutes les initiatives de développement de la localité.

Cette cité jusque-là paisible connaît des remous depuis un certain temps. La raison de cela : le Naaba-Sanem est en négociation sécrète avec un opérateur immobilier pour exproprier les résidents. D'où la conduite de cette pseudo-opération de lotissement. Le hic, c'est que les habitants de la zone ne sont nullement associés aux rencontres à cet effet, qui se tiennent nuitamment dans la cour du chef. Pire, ce dernier, pour parvenir à ses fins, n'hésite pas à surfer sur la vague nauséeuse de la xénophobie.

Alors, il est grand temps que les autorités administratives prennent leurs responsabilités avant que ne survienne l'irréparable.

-Le Burkina était à l'honneur le samedi 31 août 2019 à Kigali. Ce jour-là se tenait en effet dans un somptueux palace de la capitale rwandaise la 14e édition du PADEV, le prix africain pour le développement, qui distingue chaque année des entreprises, des personnalités ou des collectivités territoriales qui se sont distinguées par leur innovation, l'esprit d'entreprise, la qualité du service, bref, l'excellence dont il font montre au quotidien. Pour cette cuvée, ont ainsi été distingués, chacun dans son secteur d'activité, le ministre des Sports et des Loisirs, Daouda Azoupiou, le député-maire de Houndé, Dissan Boureima Gnoumou, Rémi Sow d'Elitis et Karim Bagayoko, le DG de la Banque de l'Union-Burkina Faso (BDU-BF).

Concernant le dernier cité, il nous revient que le choix porté sur lui tient aux performances exceptionnelles de son établissement dont le bilan total a été multiplié par dix en seulement quatre ans d'activités, passant notamment de pertes de plusieurs centaines de millions de francs CFA à un bénéfice net de plus d'un milliard fin 2018 ; ce qui fait de la BDU-BF la première des filiales du groupe présent dans sept pays.

Toutes ces reconnaissances internationales méritent d'autant plus d'être saluées que 80 lauréats issus du monde entier ont été primés parmi quelque 500 nominés. Félicitations à tous donc mais l'obligation de telles distinctions, c'est que les intéressés sont désormais tenus de garder le cap. A bon manager...

-Depuis quelques jours, un contingent d'étudiants de l'Ecole nationale d'administration et de magistrature (ENAM) est en formation militaire au GIFA de Bobo-Dioulasso. Mais pour une des futures cadres de l'Administration, cette immersion dans le monde des bidasses a tout simplement viré au cauchemar : en effet, selon un source bien informée, une blessure à l'orteil s'est vite compliquée du fait d'un diabète. Les médecins ont alors dû recourir à l'amputation de la jambe pour la sauver.

Contactée, une autre source émanant de l'ENAM s'est contentée de dire que « ce ne sont pas les faits ». Il n'en dira pas davantage.

-La Brigade d'intervention de douanes a saisi une cargaison de poulets congelés et procédé à son incinération dans la nuit du mardi 03 septembre 2019 : il s'agit, selon notre confrère «lefaso.net», de 5000 cartons de 10 poulets importés du Ghana dans un camion aménagé à cet effet. La cargaison était destinée à la consommation au Burkina Faso. Les douaniers n'ont pu mettre la main sur le conducteur, qui a pris ses jambes à son cou. Certains gallinacés congelés étaient déjà dans un état de putréfaction avancé.

-Demain samedi 7 septembre à partir de 9h, décoration du Naaba Kango de Zagtouli en sa cour par la Fédération pour la paix universelle.

Nos félicitations à l'heureux récipiendaire.

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie.

Au revoir.

Ton cousin

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