Burkina Faso: Mouvement Agir ensemble pour le Burkina - Cheval de Troie pour porter KDO à Kosyam ?

Dans sa volonté d'accéder à la magistrature suprême en 2020, Kadré Désiré Ouédraogo peut compter sur le soutien d'un jeune parti, le dernier-né d'ailleurs du landerneau politique de son pays : le "Mouvement Agir ensemble pour le Burkina", qui s'est fait connaître le 7 septembre 2019 à Ouagadougou, à la faveur de son assemblée générale constitutive.

Forte d'un Conseil exécutif de 143 membres, la nouvelle formation, qui s'aligne derrière l'opposition politique, est le fruit d'une coalition de trois entités : l'Initiative KDO, le Mouvement KDO et le Parti « Les Républicains », dissout à cet effet.

Un cheval de Troie pour porter l'ex-Premier ministre de Blaise Compaoré à Kosyam ? C'est en tout cas la question que d'aucuns n'ont pas tardé à se poser.

Pour les amateurs de chiffres, la mobilisation a été à la hauteur des attentes : on a estimé à 600 l'effectif des participants à cette assemblée générale constitutive du Mouvement agir ensemble pour le Burkina Faso.

En tout cas, la salle de conférences du Conseil burkinabè des chargeurs qui a servi de cadre à cette déclaration de naissance, s'est révélée petite pour ses hôtes du jour.

Ont constitué le demi-millier de congressistes trois entités : l'Initiative KDO, le Mouvement KDO (deux structures associatives) et le parti « Les Républicains », qui a concédé sa propre dissolution pour le besoin de cette coalition.

Alors que quelques semaines plus tôt, chacun y allait de son initiative pour exprimer son soutien au natif du Sanmatenga lancé dans la course pour l'accession à la magistrature suprême, c'est désormais l'unisson et la fédération des énergies entre les trois structures, toutes convenues que l'objectif poursuivi est le même. La preuve, elles étaient toutes sous les mêmes couleurs (bleu et blanc) à l'effigie du nouveau parti.

Il ne manquait que la présence du mentor, Kadré Désiré Ouédraogo. Alors que la presse faisait état la semaine dernière de l'éventualité de la création d'un parti par ce cadre du CDP, celui-ci a fait savoir dans un démenti qu'il n'en était rien, une déclaration qui, se rappelle-ton, a été diversement accueillie par l'opinion.

Qu'à cela ne tienne, tout s'est déroulé comme prévu à cette assemblée générale. Les travaux ont été dirigés par un responsable de séance : Boubacar Diallo, un géologue de formation, lui qui allait être investi quelques heures plus tard président du parti.

A ses côtés, deux rapporteurs : Issoufou Ouédraogo, président de l'Initiative KDO, Adama Ouédraogo du Mouvement KDO, puis le désormais ex-président du parti « Les Républicains », Amadou Traoré.

Avant un huis clos loin des caméras et dictaphones des journalistes, quelques raisons qui ont prévalu à la naissance du parti ont été déclinées : depuis novembre 2018, a indiqué Boubacar Diallo, « des citoyens libres de toute pensée ont conjugué leurs efforts pour solliciter et inciter Kadré Désiré Ouédraogo à être candidat à la présidentielle de 2020. Depuis, beaucoup d'activités ont été menées et ont abouti en février dernier à la réponse positive de ce dernier ».

Et le président de séance de laisser le premier rapporteur, Issoufou Ouédraogo, expliquer : « Après les initiatives, les mouvements de soutien auxquels le candidat a répondu favorablement, il fallait un cadre politique. Et ce cadre, c'est le Mouvement Agir ensemble».

« Nous voulons retirer le pouvoir au MPP »

Mais il n'y a pas que la volonté de voir l'ex-gouverneur de la BCEAO accéder au palais de Kosyam qui a motivé la mise en place de la nouvelle formation politique. Il faut y voir aussi un contexte national qui s'y prête, indique le manifeste du parti.

Ce contexte, lit-on, « marqué par une gravité de la situation politique, économique et sociale » commande de « répondre à l'urgence d'un défi collectif qui s'impose à tous ».

Ce défi, selon les congressistes, est celui de la bonne gouvernance mais aussi celui de la stabilité du pays et de la cohésion sociale dans un contexte doublement marqué par l'insécurité et le terrorisme.

S'avère donc une nécessité « le sursaut national », et le Mouvement Agir ensemble, comme son nom l'indique, se propose de « rassembler les citoyens qui veulent y participer en se donnant pour objectif de mettre en œuvre un projet de société ambitieux, destiné à faire de notre pays une nation pacifiée et unie dans sa diversité, et où le progrès économique et social profitera à tous ».

Et ce n'est pas un hasard si Kadré Désiré Ouédraogo est désigné comme étant celui qui incarne le mieux cette vision, présenté comme un homme d'expérience et disposant d'un « riche carnet d'adresses », pour avoir été plusieurs fois ministre et avoir dirigé l'exécutif sous Blaise Compaoré.

Quid des ambitions du dernier-né de la galaxie politique burkinabè ? Au cours d'une conférence de presse donnée au terme de l'assemblée générale par les responsables de son Conseil exécutif (lire encadré), il est ressorti qu'Agir ensemble s'alignera derrière l'opposition politique, « non pas parce qu'il n'y a rien de bon au MPP, mais parce que cela ne nous fait pas perdre de vue ce qu'il y a de mauvais », s'est justifié Issoufou Ouédraogo. Et de trancher en ces termes : « Nous nous inscrivons dans la logique de retirer le pouvoir au MPP ».

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