Cameroun: Bruxelles - Les femmes et des centaines de manifestants battent le pavé contre Paul Biya du Cameroun

8 Septembre 2019

A l'appel des associations patriotiques camerounaises de Belgique, c'est une marée blanche qui a envahie le 7 septembre dernier la Place du Luxembourg à Bruxelles à côté d'autres manifestants venus des quatre coins du monde pour attirer l'attention de la communauté internationale sur la situation critique du Cameroun.

D'après les manifestants, venus du Canada, Etats Unis d'Amérique, Suède, France, Italie, Allemagne, Suisse, Espagne etc...La communauté internationale devra s'abstenir de soutenir Paul Biya du Cameroun par opportunisme afin de pourvoir profiter des richesses naturelles du Cameroun. Il est temps de condamner le génocide dans la région anglophone du Cameroun, les cas de torture et d'emprisonnement des opposants politiques , la violation des conventions internationales relatives aux droits de l'Homme et aux libertés", ont souligné les manifestants.

Pendant presque 4 heures, de 14 à 18 heures, ils ont scandé des slogans anti Biya

"Paul Biya libère le Cameroun" scande, Madikom, une manifestante venue des Etats Unis d'Amérique. Au Cameroun, c'est "le chaos total. Institutions, douanes, trésor public, tout le pays est paralysé" affirme-t-elle. "

Ces manifestants dénoncent également les arrestations arbitraires qui ont lieu tous les jours et veulent faire savoir que la torture est pratiquée au Cameroun

Le parlement européen a adopté en avril dernier une résolution condamnant les agissements de Yaoundé se réjouissent les manifestants "on est à un tournant. Ca ne peut plus durer" ajoute une autre manifestante.

Banderoles, panneaux : tous ciblaient Paul Biya, traité notamment d'"assassin". "Paul Biya, 37 ans au pouvoir c'est trop", lâche Franck Djomo, qui brandit des portraits en noir et blanc. "Ce sont les prisonniers politiques du Cameroun", explique-t-il. "Le combat continue. Nos martyrs sont morts pour ce pays, nous, on prend la relève. Ça doit finir maintenant, le peuple en a marre".

Dans cette foule régnait également un sentiment de crainte pour les proches restés au pays. On parle de pénurie d'eau, de manque de nourriture. C'est donc aussi pour leurs proches que beaucoup viennent manifester. La crainte des manifestants de la diaspora de se rendre au Cameroun est aussi évoquée. Ils se considèrent tous comme des prisonniers. Raison pour laquelle, plusieurs d'entre eux arboraient des tenues de couleur orange des prisonniers de Guantanamo. Les femmes quant à elles étaient pour la plupart habillées en pagnes et foulards rouge

Diplomatie

Bien avant cette manifestation, une délégation des camerounais a été reçue le jeudi 5 septembre de 15 à 18 h au parlement européen par les responsables des différents groupes parlementaires. Lors d'une séance de travail avec ces derniers, les questions liées à la situation critique du Cameroun ont été évoquées, les exigences de la diaspora vis-à-vis de la France et de son président, M. Macron, ainsi que les griefs que le peuple camerounais a contre ce pays qui soutient sans état d'âmes les régimes les plus liberticides. Les problèmes abordés furent notamment la paupérisation du Cameroun en 37 ans de dictature Biyaïste, le problème du manque de démocratie et de l'impossibilité de la moindre élection démocratique au Cameroun, les atteintes graves au droits humains, l'autocratie de Paul Biya qui veut s'installer au pouvoir contre l'avis de la majorité du peuple, y compris dans ses propres rangs... Une délégation des députés européens se rendra au Cameroun dans les jours qui viennent avons nous appris.

Ci-dessous la vidéo de l'intervention de Sandy de Boston à la manifestation du 07 septembre à la Place du Luxembourg

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Camer.be

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.