Cameroun: Affaire Viettel - Dion Ngute met Baba Danpullo hors-jeu.

9 Septembre 2019

Bien que l'entreprise de téléphonie mobile, filiale locale du Vietnamien Viettel connaisse une embellie globale, au plan intestin c'est plutôt le désamour entre les administrateurs nationaux sur qui elle se sera pourtant adossée pour obtenir haut la main la 3e licence de téléphonie et la première pour la 3G et la partie vietnamienne. Situation davantage corsée par le choix du gouvernement pour la partie vietnamienne, au sortir d'un arbitrage initié par le PM alors que le litige est d'ores et déjà porté à la cour arbitrale de Singapour où les parties ont domicilié celui-ci.

Une déplorable situation en passe d'entériner une rupture de bans entre les deux parties tant il est vrai par ailleurs que seule la partie vietnamienne tire littéralement son épingle du jeu au point même d'opérer de massives importations de la main d'œuvre du Vietnam au détriment des ressources humaines locales. Un fait décrié dès l'entame des activités de l'opérateur de téléphonie mobile sans que son top management aux couleurs vietnamiennes entreprenne de faire amende honorable.

Dans la foulée cependant, on croyait qu'à la faveur de l'embellie évoquée supra, les parties s'accorderaient quant aux nouveaux axes devant désormais régir la structure, mais le penser n'est qu'une chimère, eu égard à la détermination de la parie vietnamienne qui fait fi des suggestions de son partenaire camerounais et ce, sur tous les plans.

Le dernier scandale en date ayant été le choix du partenaire devant permettre à l'opérateur de se mouvoir en toute sérénité dans la fourniture des prestations des services haut débit 4G aux populations camerounaises. Si en la matière notre pays dispose en Camtel, un partenaire de choix dans cette optique et grâce notamment à la fibre optique, le top management de la compagnie Nexttel lui a plutôt préféré l'Israélien Gilat Telecom sur qui elle voudrait s'appuyer à en croire un communiqué officiel émanant de lui.

Un partenariat qui aura défié les pratiques en la matière quand bien même Gilat Telecom, le choix porté sur lui par la filiale locale de Viettel l'aura été suite à un appel d'offres. Que nenni ! ce d'autant plus qu'il s'est en réalité agi de tractations en coulisses entre le top management et la partie israélienne en écartant bien évidemment les administrateurs locaux qui auraient certainement eu à redire.

Pourrissement

Certes on pourrait penser qu'il se soit agi de quelque choix économique et stratégique attaché à l'expertise israélienne, mais là encore il y a un doute avec la mise en service récemment du câble sous marin reliant notre pays à Rio de Jainero au Brésil, grâce à une fibre optique vantée par tous et singulièrement par des techniciens d'un des géants en la matière, en l'occurrence le chinois Huawei à la notoriété bien établie.

Une fois de plus, on aura simplement réduit les administrateurs locaux à des faire-valoir qui n'auraient pas voix au chapitre alors même que sans eux, il n'y aurait point eu de Nextell. Mais tenant à faire de notre pays une zone de prédilection de transposition des problèmes de chômage du leur. Mieux, ces derniers croient se soustraire des dispositions du cahier de charges qui leur a été soumis et auquel ils ont librement adhéré au moment de la mise en branle de ladite structure. En somme, ils se mettent à la fois à dos administrateurs locaux et gouvernement, notamment sur la question de la gestion des ressources humaines quand on observe que près des ¾ des personnels sont d'origine vietnamienne.

Pourtant, il est reconnu aux techniciens locaux se mouvant dans ce secteur des compétences que leur envient leurs pairs du continent. Bien évidemment, la partie vietnamienne croit pouvoir se fonder sur l'annonce du partenariat avec Gilat Telecom, pour entuber davantage la partie camerounaise au motif de ce que bon nombre d'utilisateurs d'internet mais surtout les abonnés à Nexttel Cameroun se réjouissent de ce que la 4G connaitra un meilleur sort que la technologie précédente. En effet, Nexttel a été la première société à se voir attribuer au Cameroun, une licence 3G. Malheureusement, la 3G connait de sérieux problèmes d'implémentation créant ainsi une insatisfaction des clients.

Quid de la protection des intérêts nationaux

En se déclarant incompétent, lors de son audience du 20 juin 2019, le tribunal de Grande Instance du Wouri de Douala, pour confier le différend commercial entre partenaires vietnamiens et camerounais pour le confier au centre d'arbitrage international de Singapour (SIAC) conformément aux dispositions du pacte d'actionnaires, met inéluctablement en minorité et à l'étroit Baba Amadou Danpullo, surtout que fort de son statut de siège de l'Ohada, notre pays pouvait valablement trancher ledit différend commercial, eu égard à la dimension supranationale de cette organisation.

Mais au lieu de cela, on préfère sacrifier un actionnaire local alors qu'il y va de velléités visant à le de certaines de ses prérogatives pourtant garanties par l'acte fondateur de Nextell : le pacte d'actionnaires de la société, quand bien même celui-ci édicte expressément le domicile de l'arbitrage en le Centre d'arbitrage international de Singapour. Comme quoi, la Cour a estimé que les tribunaux camerounais n'étaient pas compétents pour connaître et résoudre dudit litige qu'elle a pourtant enrôlé avant de le transposer au même centre d'arbitrage international de Singapour, « conformément à l'article 16 du pacte d'actionnaires». Le PM ignorait-il cette réalité ou jouait-il simplement une partition connue d'avance pour enfoncer un peu plus Baba Danpullo ?

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