Sud-Soudan: Retour de Riek Machar à Juba - Le début de la mise en œuvre des recommandations papales ?

(Photo d'archives) - Le président Salva Kiir et le vice-président Riek Machar,côte à côte lors d'une manifestation à Juba
9 Septembre 2019

En exil depuis plus d'un an, l'ex-vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar, est, depuis hier 9 septembre 2019, de retour au bercail.

A bord d'un avion soudanais, il a quitté Khartoum pour Juba en compagnie d'une soixantaine de personnes, en l'occurrence des partisans qui lui sont restés fidèles. Selon le ministre sud-soudanais de l'Information, Riek Machar aura un tête-à-tête avec le président Salva Kiir.

Les deux hommes devraient évoquer, dit-on, « toutes les questions en suspens concernant le processus de paix et la manière d'aller de l'avant ».

Cette rencontre entre les deux frères ennemis fait suite à celle du Vatican en avril dernier, où le Pape François, plaidant pour la paix au Soudan du Sud, s'était agenouillé devant les deux hommes pour leur demander de se donner la main et d'enterrer définitivement la hache de guerre.

Le retour de l'ex-chef rebelle à Juba est-il le début de la mise en œuvre des recommandations papales ? La question reste posée quand on sait que la formation d'un gouvernement d'union nationale initialement prévue pour mai dernier, a été différée.

Salva Kiir et Riek Machar gagneraient à dépasser leurs ego surdimensionnés pour fumer le calumet de la paix

Car, craignant pour sa sécurité, Riek Machar avait exigé et obtenu un moratoire de six mois. En décidant finalement de regagner Juba, l'ex-président a-t-il eu toutes les garanties de sécurité ? Les jours à venir nous le diront.

En tout cas, dans l'intérêt du peuple sud-soudanais qui a trop souffert le martyre, les deux leaders que sont Salva Kiir et Riek Machar gagneraient à dépasser leurs ego surdimensionnés pour fumer le calumet de la paix.

Cela dit, la communauté internationale est interpellée. Elle doit veiller au grain pour que le Soudan du Sud ne sombre pas de nouveau dans la guerre civile qui a déjà fait plus de 380 000 morts sans compter les cas de viols et autres atrocités.

Déjà, on peut dire que l'espoir est permis puisque depuis la signature de l'accord de paix en septembre 2018 à Addis Abeba, on a noté une forte baisse des combats sur le terrain.

Et pour peu que chacun des deux leaders accepte de respecter ses engagements, le Soudan du Sud, ce bébé né dans la douleur et qui a passé ses premières années dans la guerre, retrouvera sa place dans le concert des nations.

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