Cameroun: Réactions mitigées après le discours de Paul Biya

Photo: Xinhua
President Paul Biya.
11 Septembre 2019

Le président a annoncé ce mardi 10 septembre l'organisation d'un grand dialogue à la fin du mois, pour débattre, notamment de la crise anglophone. Une crise qui oppose l'armée camerounaise aux séparatistes anglophones.

Trente minutes ont suffi à Paul Biya pour faire le tour de la crise qui secoue les régions du Nord-ouest et Sud-ouest depuis trois ans. Après un rappel d'autosatisfaction sur les solutions apportées par le gouvernement pour mettre un terme à cette crise, Paul Biya a annoncé la tenue du dialogue inclusif tant attendu pour la fin du mois de septembre :

"J'ai la ferme conviction à cet égard que le moment est venu de mobiliser toutes les forces positives et constructives de notre pays à l'intérieur comme dans la diaspora, pour que ce désir devienne une réalité. C'est pourquoi j'ai décidé de convoquer dès la fin du mois en cours, un grand dialogue national."

Réactions positives

C'était un discours très attendu par de nombreux Camerounais. Simon Ntonga est analyste politique, il estime qu'il y avait de la sincérité dans les déclarations du président :

"Pour une fois, on a quand même ressenti une certaine sincérité qui a permis aux uns et aux autres de se rendre compte que le chef de l'État avait véritablement foi en ce qu'il disait et pensait matérialiser l'ensemble des points en terme de déclaration."

Pour Paul Daisy Biya, directeur de la communication du parti Jouvence, ce discours arrive à point nommé : "Le chef de l'État a choisi ce moment parce que les indicateurs ont dû lui montrer l'urgence. Vous savez c'est un sujet sur lequel il ne s'est pas toujours prononcé."

Déceptions

Si cette sortie de Paul Biya est saluée par certains, d'autres par contre, la qualifie de ratée. C'est le cas de Denis Nkemlemo, chargé de la communication du Social Democratic Front (SDF) : "Ma première réaction, à chaud, c'est que c'est une sortie ratée. On attendait des mesures d'apaisement comme l'amnistie général pour les leaders anglophones qui sont en prison et tous ceux qui avaient été arrêtés dans le cadre du problème anglophone."

Au plan international, l'annonce faite par Paul Biya est saluée par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, qui "encourage le gouvernement camerounais à veiller à ce que le processus soit inclusif et réponde aux défis auxquels le pays est confronté".

Pour le président camerounais, "l'avenir de nos compatriotes du Nord-ouest et du Sud-ouest se trouve au sein de notre République. Le Cameroun restera un et indivisible."

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