Cameroun: Le très attendu discours de Paul Biya

Photo: Xinhua
President Paul Biya.
10 Septembre 2019

Le président camerounais Paul Biya doit s'adresser ce mardi soir à ses compatriotes. L'annonce a été faite hier (9 septembre) par un communiqué signé de son directeur de cabinet Samuel Mvondo Ayolo.

Pour apaiser les tensions, le président Paul Biya doit dans tous les cas proposer des pistes de résolution de la crise qui secoue depuis trois ans les deux provinces anglophones du Cameroun.

Sans oublier l'insécurité qui sévit dans les provinces de l'Extrême-Nord du Cameroun, en raison des attaques de Boko Haram.

Le président Camerounais ne doit pas non plus occulter la condamnation des militants séparatistes, dont leur leader Sisiku Julius Ayuk Tabe a été condamné à la prison à vie le 20 août 2019. Outre la prison à vie, ils ont également écopé d'une amende de 250 milliards de fcfa.

Il y a bien entendu la crise post-électorale avec l'emprisonnement, depuis fin janvier, du président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, Maurice Kamto ainsi que ses proches dont le procès ouvert le 6 septembre dernier a été reporté au 8 octobre 2019. Ceux-ci risquent la peine de mort.

Président taiseux

Le président camerounais s'exprime très rarement à la nation.

Il a habitué ses compatriotes, depuis son arrivée au pouvoir le 6 novembre 1982, à maximum trois discours par an. Le 10 février, pour un message à la nation destiné à la jeunesse, le 19 mai à l'occasion de la fête de l'Unité et enfin le 31 décembre pour le traditionnel message de fin d'année.

Des discours présidentiels attendus

Il y a eu par le passé d'autres exemples de discours de chefs d'Etat africains qui étaient très attendus, comme celui de Paul Biya ce mardi soir, et qui n'ont pas toujours eu un contenu solide.

Ce fut le cas en République démocratique du Congo, alors qu'on soupçonnait l'ancien président Joseph Kabila de vouloir briguer un troisième mandat. A l'époque, les discours de celui-ci n'ont pourtant jamais permis d'éclaircir la situation.

Au lendemain des élections législatives du 28 avril dernier au Bénin, les Béninois ont aussi attendu une annonce du président Patrice Talon pour apaiser la crise post-électorale.

Celui-ci s'est finalement adressé à ses compatriotes le 20 mai, en appelant au calme et à l'unité nationale. Mais rien de plus concret que cela.

Mais il y a au moins un exemple positif et il concerne encore le Cameroun. Le 4 novembre 1982, lors de son discours à la nation, le président de l'époque Ahmadou Ahidjo surprenait tout le monde en annonçant sa démission.

Ahmadou Ahidjo invitait même ses compatriotes à apporter leur soutien à son successeur constitutionnel, Paul Biya.

Coup de tonnerre dans de nombreuses capitales africaines, où ce cas de figure n'est plus jamais arrivé, du moins pacifiquement.

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