Sénégal: Face aux dangers de la mer, des pêcheurs encouragent le port du gilet de sauvetage

Dakar — La sécurité en mer, un sujet d'une brûlante actualité avec la mort de deux pêcheurs tués par la foudre à Soumbédioune, est en cette période d'hivernage une question très prise au sérieux par certains pêcheurs de cette plage dakaroise, qui rappellent l'importance du port du gilet de sauvegate.

"L'Etat doit imposer le port du gilet de sauvetage et sanctionner en cas d'un non-respect par tout pêcheur allant en mer", lance Pape Ndiaye, trouvé parmi un groupe de jeunes pêcheurs au quai de pêche de Soumbédioune.

De la même manière que " l'Etat force à acheter les licences, impose le port du casque ou de la ceinture de sécurité à tout conducteur de motocycle ou de véhicule, il devrait nous imposer, à nous pêcheurs, le port du gilet de sauvetage et aussi nous sanctionner pour tout manquement".

Le jeune pêcheur estime qu'il y va de la sécurité des pêcheurs, "surtout en cette période d'hivernage où l'on enregistre le plus de morts et de disparus".

"Il y a des pêcheurs qui vont en mer avec des gilets, d'autres sans gilets, alors que cela peut vous sauver la vie", renchérit-il. Pour lui, le gilet a cet avantage que même une fois mort, il permet de retrouver le corps de celui qui le portait.

Abdou Faye, un autre jeune du groupe, soutient que l'hivernage présente beaucoup plus de risques. "La mer est très dangereuse ; plusieurs pêcheurs ne peuvent y aller à cause des vents qui soufflent si fort, de la houle et de la pluie. Pendant hivernage, la mer est à éviter", martèle-t-il.

Alé Diouf, le président de la commission scientifique de la maison du pêcheur de Soumbédioune, estime qu"on ne peut pas blâmer l'Etat sur la question des gilets de sauvetage".

Il juge que ce serait une bonne chose de procéder à un contrôle du port du gilet de sauvetage et de sanctionner les pêcheurs qui n'en porteraient pas.

Il n'en estime pas moins que ce serait quelque chose de difficile à mettre en œuvre. Ceci étant, il préconise la poursuite de sensibilisation pour amener les pêcheurs à changer de comportement.

Pour lui, il est inexact de dire que "l'Etat ne nous a pas aidés sur la question des gilets de sauvetage". Il en veut pour preuve que "les gilets sont là, à la maison des pêcheurs".

Pour lui, le problème est qu'il y a des pêcheurs qui préfèrent acheter les boubous en bâche qui coûtent presque 60.000 francs, au lieu d'acheter un gilet de sauvetage qui coûte maintenant 2500 francs grâce à la subvention de l'Etat.

"Certains pécheurs prennent les dispositions nécessaires avec les nouvelles technologies en s'informant tout le temps à la radio ou par météo, par internet et par GPS aussi ; mais, il faut avouer que c'est un petit nombre de pêcheurs qui le fait", déplore-t-il.

Il indique que les pêcheurs n'ayant pas été à l'école, "n'écoutent ni la météo ni la radio". Selon lui, "ces gens-là n'attendent que l'heure qu'ils ont callée pour aller en mer et personne n'y peut rien".

"Je partage avec eux les informations qui nous viennent de l'ANACIM et pour cela, chaque matin, il y a un drapelet que j'attache pour indiquer l'état du temps et cela 24h/24", explique-t-il.

"Nous sommes souvent aidés et orientés par la marine sénégalaise qui pose des signaux d'indication et d'interdiction en mer. Mais là aussi, le malheur est que souvent il y a des pêcheurs qui ne les respectent pas", déclare pour sa part Ama Baldé, un jeune pêcheur d'origine guinéenne.

"Ni la marine, ni météo ne prennent mes besoins en charge. Alors si je ne vais pas en mer pour pêcher, je n'aurai rien pour subvenir à mes besoins. C'est pourquoi je vais en mer sans hésiter malgré tout", justifie-t-il.

Plus de 600 pirogues sont répertoriées à Soumbédioune. La pêche journalière mobilise à elle seule autour de 400 pirogues. Et le parc s'agrandit d'année en année, déclare le président de la commission scientifique de la maison du pêcheur.

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