Congo-Kinshasa: Marche reprimée de la Lucha - Tshisékédi sur les pas de Kabila ?

10 Septembre 2019

Ils entendaient manifester leur mécontentement suite à la décision prise par le gouverneur du Kasaï-Central, de suspendre des responsables de l'administration territoriale qui ont été remplacés par des intérimaires.

Mais ils en ont été empêchés. Il s'agit des militants de la Lucha, du nom de ce mouvement citoyen congolais qui avait appelé à une marche devant déboucher sur un sit-in devant le gouvernorat de la région sus-citée.

En effet, alors qu'une dizaine de manifestants tenaient à forcer le passage, ils ont été accueillis par des gaz lacrymogènes. Certains ont reçu des coups de crosses tandis que d'autres ont été purement et simplement interpellés.

Il n'en fallait pas plus pour provoquer la colère et l'indignation de la Lucha qui dit avoir pourtant tenu informées les autorités locales.

Les manifestants sont d'autant plus remontés que certains d'entre eux n'ont pas hésité à parler « d'une répression digne de l'époque de Kabila » où, on s'en souvient, les manifs de rue se terminaient toujours par un bain de sang avec parfois des cadavres sur le carreau.

Certes, il est vrai que dans le cas d'espèce, l'on n'a heureusement pas enregistré de mort, mais le fait d'avoir réprimé la marche pose en lui-même un problème.

Il n'est pas exclu que des zélateurs du régime sortant travaillent à tailler des croupières au président Tshisékédi

Car, en République, le droit de manifester existe et ne saurait être remis en cause encore que jusque-là, aucun motif officiel n'a été donné par les autorités pour justifier la répression de la marche de la Lucha.

Faut-il y voir un zèle de la part du gouverneur du Kasaï-Central ? La question reste posée. En tout cas, pour autant qu'il n'ait rien à voir dans la répression violente de cette manif, le président Félix Tshisékédi se doit de la condamner s'il ne veut pas donner l'impression d'être sur les pas de son prédécesseur Kabila qui, on le sait, détient les rênes du pouvoir dans la mesure où c'est sa formation politique qui contrôle le Sénat, l'Assemblée nationale et même la primature.

C'est dire donc qu'il n'est pas exclu, dans ces conditions, que des zélateurs du régime sortant travaillent à tailler des croupières au président Tshisékédi en multipliant les dérives. Toute chose qui, à terme, pourrait ternir l'image du chef de l'Etat qui, en dépit de tout, crie à qui veut l'entendre, qu'il incarnera le changement voulu par les Congolais.

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