Congo-Brazzaville: Réforme de l'électricité - L'Autorité de régulation sera bientôt mise en place

La nouvelle tant attendue vient enfin d'être annoncée, le 10 septembre, au forum économique « Investir en Afrique » qui se tient Brazzaville, la capitale de la République du Congo, par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Cinq ans après la libéralisation du secteur de l'électricité en République démocratique du Congo, les événements semblent à présent se précipiter pour parachever une réforme au point mort. Depuis Brazzaville, le président de la République vient de confirmer « les réalisations dans les meilleurs délais de tous les projets publics et privés en rapport avec la production, le transport ou la commercialisation de l'électricité ». Sur ce point, une parenthèse s'impose pour rappeler la controverse encore latente sur une subdivision de la Société nationale d'électricité (Snel) en trois entités chargées chacune de l'une de ces missions. Mais il s'agit d'un autre débat.

Parmi les projets concernés, il y a la création de deux institutions majeures dans la réforme du secteur de l'électricité. En effet, la présence prochaine de l'Autorité de régullation de l'énergie permettra enfin, espère-t-on, de régler certains conflits au sujet de la tarification des clients. A ce jour, la Snel continue d'imposer aux clients un forfait à la consommation tandis que les privés, plus virulents dans certaines parties du pays, ont la latitude d'aligner leurs prix aux réalités du marché.

Pour le président FélixTshisekedi, cette mise en place des institutions-clefs manifeste tout l'intérêt attaché au suivi du processus de libéralisation. En août dernier, s'exprimant lors du premier forum de Matadi, il avait voulu déjà mobiliser l'opinion nationale sur les contraintes à la bonne exécution de la réforme. Beaucoup de participants n'étaient pas étonnés de voir figurer l'absence de l'Agence nationale de l'électrification et des services énergétiques en milieu rural et périurbain parmi ces contraintes majeures. « Je procéderai dans un proche avenir à la mise en place effective de l'Autorité de régulation de l'énergie ainsi que de l'Agence de l'électrification rurale afin d'accélérer la transformation du secteur de l'électricité rendue possible depuis sa libéralisation en 2014 », avait-il promis.

Le niveau d'application de la loi reste malgré tout très faible, ont consenti un certain nombre d'acteurs de la scène énergétique du pays. Ces deux institutions représentent en fait les instruments opérationnels pour la mise en œuvre effective des mesures d'application de la loi. D'où le retard accumulé au fil des années.

Dans ce secteur, les ambitions présidentielles sont désormais connues. En milieu rural, par exemple, affichant actuellement un taux d'accès à l'électricité proche de 1 %, le président de la République a rappelé l'importance de ces deux institutions pour encourager « la création des mini-réseaux locaux à travers l'exploitation du potentiel de 10 000 MW issus des pico, micro et mini-centrales hydro-électriques éparpillées dans 890 sites identifies à travers 145 territoires de la République ». Mais comme le disent nombre d'experts, il persiste effectivement des difficultés techniques, financières et matérielles pour la mise en place complète du paysage énergétique. Et la feuille de route issue des assises sur le secteur de l'électricité à Kinshasa, en mai 2018, n'avait aucune chance d'aboutir. Aujourd'hui, l'heure est encore à l'observation.

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