Burkina Faso: Propos contre les « étrangers » à Niog-Warbin - Le son de cloche de l'entourage du chef

Dans notre édition du vendredi 6 septembre, nous rapportions des propos xénophobes du chef de Niog-Warbin. Suite à cette parution, son entourage a organisé une conférence de presse le mardi 10 septembre 2019, au cours de laquelle il a tout réfuté.

« Un étranger est juste bon pour saluer les baptêmes et les funérailles », « un étranger, même s'il habite ici depuis 40 ans, le demeure », etc.

Ce sont autant de propos xénophobes prêtés à Naaba Sanem de Niog-Warbin ou à certains de ses sujets qui ont fini par mettre cette localité de Saaba en ébullition. Mais pour l'entourage du dépositaire traditionnel mis en cause, il n'en est rien.

Au palais de Naaba Sanem ce 10 septembre, un bataillon de ses partisans de tous les âges ont pris place, certains sur des chaises et d'autres sur des nattes. Parmi eux, le Balm Naaba de Niog-Warbin, le vieux Romain Nikièma, le président du CVD, Madi Kaboré, et Ibrahima Kaboré, dit Kaola.

C'est le chef qui est accusé de propos xénophobes mais ce sont eux qui tiendront le crachoir durant plus d'une heure, le temps qu'a duré la rencontre.

« Il y a eu des propos qui ne sont pas vrais qui ont été relayés. Si nous ne les contestons pas, cela signifie qu'ils sont avérés. C'est pour cela que nous avons souhaité cette rencontre pour rectifier les choses ». Ainsi a débuté la longue explication de Romain Nikièma, un vieux de la famille royale.

Le premier à prendre la parole pour redorer le blason de Naaba Sanem à qui on a prêté des allégations xénophobes, il a expliqué qu'ils ont été tous attristés par ce qui a été rapporté dans les médias. « Nous n'avons jamais vu ça. Ces propos attribués au chef nous ont donné des insomnies.

C'est une accusation grave et il n'y a pas eu d'approche pour en savoir ce qu'il en était vraiment », s'est-il désolé avant de poursuivre : « Ici, nous ne voulons pas qu'on traite quelqu'un d'étranger.

Nous préférons qu'on dise un nouveau venu et nous faisons tout pour que dans nos instances de prise de décisions, sur cinq membres il y ait trois nouveaux venus ».

Comment ce dépositaire des traditions s'est-il retrouvé au cœur d'une polémique sur les lotissements ? C'est la question que l'on est en droit de se poser.

Selon ses nombreux défenseurs, tout a commencé l'année dernière quand un promoteur immobilier lui a fait part de son intention d'opérer dans cette zone non lotie. « Quelqu'un est venu avec un opérateur immobilier et le chef les a reçus.

Après, il en a fait part aux résidents. Depuis, nous faisons parfois des réunions pour nous concerter mais il n'y a pas encore eu de consensus.

Et nous en sommes encore là. Aucune décision n'a été prise. Nous sommes surpris d'autant plus que le chef ne fait pas de lotissement », a relaté Ibrahim Kaboré, dit Kaolo.

Tour à tour, au risque de répéter les mêmes choses, chacun des sus cités a fait de son mieux pour défendre Naaba Sanem.

Des réunions tenues nuitamment, les propos xénophobes, l'affaire de lotissement, pour les avocats du Naaba, il n'en est rien. « Ce n'est pas vrai tout ce qui s'est raconté, et nous voulons que l'opinion le sache », a conclu Balm Naaba de Niog-Warbin.

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