Sénégal: Pluies diluviennes - Dakar patauge, Rufisque «nage»

11 Septembre 2019

Des maisons envahis par des eaux, des routes et rues coupées, avec des passants et jeunes qui nagent dans les eaux rougeâtres, des habitants qui s'activent à sauver ce qui peut l'être.

C'est le triste spectacle dans plusieurs quartiers de Dakar et sa banlieue avant-hier lundi, après les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la capitale. A Rufisque, une ville submergée qui a été coupée en deux par les eaux de pluie, l'on indexe les travaux du Train express régional (TER).

Les fortes pluies enregistrées à Dakar et sa région, depuis avant-hier lundi, n'ont pas fait que des heureux. Dans plusieurs quartiers de la capitale et sa banlieue, notamment certaines zones des Parcelles Assainies, Grand-Yoff, Pikine, Keur Massar, Rufisque, Keur Mbaye Fall, en plus des routes et rues, beaucoup de maisons ont été inondées.

Armoires, lits, riz et autres denrées alimentaires complètement noyés, les populations, surtout des jeunes et des femmes pataugent dans les eaux sales pour sauver ce qui peut l'être. Du côté de la mobilité, c'est la croix et bannière.

Le calvaire était énorme. Il n'y avait presque pas de transport en commun, les tarifs des taxis avaient flambés. Pour cause, des routes coupées, les automobilistes et autres usagers se perdent souvent dans leurs détours au travers des ruelles de quartiers pour se frayer un passage.

Par endroit, (GrandYoff, aux alentours de la station de pompage, et à Keur Massar, par exemple) des charretiers offrent leurs services, moyennant 100 F Cfa, pour traverser les bassins de rétention qui se sont formées au milieu des chaussées.

KEUR MASSAR: CITÉ CAMILLE BASSE INONDEE PAR... L'ETAT

La cité Camille Basse de Keur Massar a subi un lourd tribut des fortes pluies qui se sont abattues dans la nuit du lundi à mardi.

Elle a été le réceptacle des eaux de pluies qui provenaient de Rufisque et des quartiers environnants, rendant impossible, en cette matinée du mardi, la mobilité des habitants de la cité, constate Emedia.

Le canal de drainage qui longe la route qui mène vers Rufisque a été la cause de tous les malheurs des habitants. Les eaux débordant de la canalisation se sont déversées dans les artères de la cité.

Les deux pompes qui ont été acquises par les populations pour extraire l'eau de la cité sont actuellement en panne. «La cité Camille Basse est inondée par l'Etat du Sénégal et il n'a mis aucun moyen pour nous sortir de cette situation», déplore Babacar Diallo, habitant de la cité.

RUFISQUE ENGLOUTIE, LES SINISTRES INDEXENT LE TER

La Ville qui semble avoir le plus souffert de ces précipitations de lundi dernier, c'est Rufisque. Ici, tout ou presque nageait, en témoignent les images de la Ville paralysée et coupée en deux qui font le tour monde, à travers les réseaux sociaux, sites d'informations et journaux télévisées.

En effet, les eaux de pluie ont occasionné plus de dégâts que d'habitude dans ce chef-lieu de département où les populations se sont retrouvées piégées sous le pont qui constitue un trait d'union entre leur ville à la capitale sénégalaise.

Tel dans un fleuve ou une grande piscine qui déborde, sur ces images, l'on voit comment les eaux ont conquis le pont et inondé les travaux du Train Express Régional (TER), avec de nombreuses personnes obligées de nager, si elles (des filles) ne sont pas portées par d'autres (des garçons) pour accéder à l'autre côté de leur ville.

Des voitures complètement englouties par les eaux. Au-delà du pont, les eaux de pluie ont inondé nombre de quartiers de Rufisque, au point de faire sortir les populations de Colobane et Gouye Mouride dans la rue, selon Emedia.

Et de relever qu'à Keury Kao, un quartier situé au centre-ville de Rufisque, les populations ont été surpris par les eaux jusqu'à l'intérieur de leurs demeures. Il s'agit des eaux du canal qui devaient normalement finir en mer.

Et, chaque fois qu'il pleut, la circulation devient pratiquement impossible car le tunnel qui mène à l'autoroute à péage, en passant par les HLM, a pris de l'eau sur presque 1,5 mètre. Les Rufisquois pointent un doigt accusateur sur les travaux du TER qui, à les en croire, dévient les eaux de pluie dans les maisons.

Aussi ces fortes pluies ont également provoqués l'effondrement d'un pan du mur du stade Ngalandou Diouf, réhabilité et réceptionné récemment, sur presque 100 mètres à Rufisque.

Et les riverains qui craignent pour leur sécurité demandent aux autorités de prendre les devants en achevant ce qui reste de ce mur de clôture avant qu'il ne s'affaisse sur des populations.

KAFFRINE: 90 CASES EFFONDRÉES A TAÏBA

A l'intérieur du Sénégal, dans la région de Kaffrine, les fortes précipitations enregistrées à Taïba, plus précisément dans la commune de Kathiote, ont fait d'énormes dégâts. Plus de 90 cases se sont affaissées, des baobabs centenaires déracinés, des voies de communication complètement coupées etc., révèle Dakaractu.

Plus loin, dans la région de Thiès plusieurs quartiers de Khombole dont le service d'état civil ont été envahis par les eaux suite aux fortes précipitations enregistrées samedi dans cette commune (de Thiès), a rapporté dimanche Radio Sénégal internationale (Rsi - publique) repris pas Aps.

Le quartier Gandiol est le plus touché mais la mairie et son état civil sont aussi concernés, note Aps qui souligne des «artères impraticables» et plusieurs maisons inondées.

«De mémoire d'homme, les gens disent qu'ils n'ont jamais vu une telle pluie», a déclaré Omar Fall, porte-parole du maire de Khombole, interrogé par la Rsi. Non sans préciser que pour ce qui est des locaux de l'état civil, les registres «ont été sortis à temps. Dieu merci, il n'y a pas eu de grands dégâts» là aussi.

Une assistance des autorités municipales aux sinistrés est annoncée. En attendant, le lieutenant El Hadj Malick Diop, commandant de la 21e compagnie d'incendie et de secours de Thiès, avait expliqué sur ses ondes que les opérations de pompage avaient été mises en branle dès samedi.

ATTITUDE DES AUTORITES (APIX) FACE AUX INONDATIONS A RUFISQUE Le CONGAD condamne un «mépris total des victimes»

Le Conseil des Organisations Non-Gouvernementales d'Appui au Développement (CONGAD) demande aux autorités «d'aider les populations inondées de Rufisque au lieu de rester dans le déni des méfaits du TER».

Dans une Déclaration en date d'hier mardi 10 septembre, le CONGAD qui exprime sa «compassion aux populations de Rufisque et de toute autre localité du Sénégal en train de subir les affres des inondations», dit avoir «appris avec tristesse que les populations de cette ville vivent en ce moment des heures difficiles suite aux pluies diluviennes enregistrées ces derniers jours dans la région de Dakar.

En effet, des voies de communication ont été endommagées, empêchant la fluidité de la circulation routière et des familles entières ont perdu le sommeil face à l'inondation de leur maison. Au vu des prévisions météorologiques, la situation risque d'empirer si rien n'est fait», note la source.

A Rufisque, relève le CONGAD, «les populations victimes ont exprimé leurs frustrations à travers les médias, en pointant du doigt les travaux du TER (Train express régional) et en rappelant qu'elles avaient prévenu les responsables de ces chantiers des conséquences néfastes qu'elles pourraient subir si des mesures de sauvegarde n'étaient pas prises avant l'hivernage.

Face à ces constats et alertes des populations, et malgré leurs appels de détresse, un haut responsable du Gouvernement a fait une sortie malheureuse, déniant le bien fondé des méfaits du TER, ce qui dénote un mépris total des victimes.

Le CONCAD condamne fermement cette attitude et appelle toutes les autorités concernées à faire preuve de meilleures diligences pour soulager les sinistrés. Il urge que le Gouvernement envoie sur place une mission pour évaluer la situation en vue de trouver les solutions idoines», lit-on dans le texte.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Sénégal

Plus de: Sud Quotidien

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.