Afrique: Le Nigeria et le FBI unis contre la cybercriminalité

Une large opération a été révélée mardi 10 septembre par le ministère américain de la Justice et par les autorités nigérianes : près de 300 cybercriminels ont été arrêtés depuis mai 2019. La majorité d'entre eux ont été interpellés au Nigeria, l'un des pays africains les plus touchés par la cybercriminalité.

Sur les 281 personnes arrêtées, 167 se trouvaient au Nigeria. D'autres pays africains étaient aussi concernés, comme le Ghana et le Kenya. L'opération était menée par le FBI et les polices des pays concernés. Elle visait principalement des escrocs spécialisés dans les fraudes aux virements. Des fraudes avec un mode opératoire classique : s'infiltrer sur des réseaux d'entreprises en se faisant passer pour un cadre dirigeant et demander à des employés de réaliser des transferts d'argent vers des comptes à l'étranger.

Au total, 3,7 millions de dollars ont été saisis selon les autorités américaines. Cette opération a été rendue possible par la coopération entre les États-Unis et le Nigeria pour lutter contre la cybercriminalité.

Le Nigeria est l'un des foyers les plus importants de cybercriminels sur le continent africain. Tout y a commencé à la fin des années 1990, avec la fraude 419, du nom de l'article de loi qui la sanctionne. Vous y avez peut-être déjà été confrontés. Ce sont ces mails dans lesquels l'auteur demande au destinataire de l'aider à transférer une grosse somme d'argent sur un autre compte.

Il promet une contrepartie en échange, mais demande au destinataire d'avancer de l'argent en attendant. Évidemment, le transfert d'argent n'a jamais lieu, et la victime n'est jamais remboursée pour la somme qu'elle a avancée.

Ces escroqueries sont réalisées par des «Yahoo boys», le surnom donné aux jeunes Nigérians qui envoient ces mails frauduleux. Depuis les années 1990, ils ont perfectionné leurs techniques d'hameçonnage. Malgré les efforts mis en œuvre pour contrer la cybercriminalité, elle coûterait au pays près de 350 millions de dollars tous les ans, selon l'Association des experts de la cybersécurité du Nigeria.

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