Mali: Poursuite du mouvement pour la réhabilitation des routes - Attention à ne pas trop tirer sur la corde !

11 Septembre 2019
analyse

Effet domino du mouvement social pour la réhabilitation des routes au Mali, déclenché récemment dans le Sud-Ouest, dans la région de Kayes : cette fois-ci, c'est aux populations de Ménaka et de Tombouctou de donner de la voix, pour crier leur ras-le-bol du mauvais état de leurs routes.

Depuis vendredi dernier, en effet, un collectif a décidé de bloquer l'accès à l'aéroport de Tombouctou, empêchant tous les véhicules, qu'ils soient militaires ou civils, de circuler ou de patrouiller dans la ville. Après Ménaka et la « Cité des 333 saints », à quelle ville, le tour d'entrer aussi en ébullition d'autant qu'il se susurre déjà que la ville de Gao n'entend pas non plus être en reste ?

En tout cas, les autorités maliennes auraient tort de prendre la menace à la légère, et surtout, de jouer avec le feu. Car, des promesses gouvernementales, comme celle du ministre porte-parole, Yaya Sangaré qui assure que le chantier pour relier Tombouctou au Centre du Mali, reprendra en décembre prochain, à l'effectivité du bitume, il risque d'y avoir très loin, comme le craignent ces populations qui ont décidé de monter au créneau.

La promesse ne faisant pas l'asphalte, c'est en citoyens avertis qu'ils n'entendent pas se laisser conter fleurette et réclament du concret. En tous les cas, à travers leur grogne, ils ont été on ne peut plus clairs.

Il appartient aux autorités maliennes, d'en tirer toutes les conclusions et au plus vite, si elles ne veulent pas que ce vaste mouvement d'humeur continue à impacter davantage négativement la pesante et douloureuse marche du Mali déjà en proie aux démons de l'insécurité.

L'instabilité engendre le désordre, voire le chaos qui pourrait constituer un véritable bouillon de culture pour la vermine terroriste

Cela dit, il faut saluer cette action citoyenne visant à exiger des dirigeants maliens, des routes praticables et moins tueuses, d'autant qu'au-delà du fait qu'elle jette une lumière crue sur un pan de la gouvernance au Mali, cette initiative témoigne d'un éveil de consciences des populations en droit d'attendre des infrastructures routières de qualité, de ceux-là qu'ils ont portés au pouvoir par les urnes.

Le développement d'une nation se mesurant également à l'aune de la qualité de ses infrastructures routières, il ne fait pas de doute que le combat engagé vaut la peine d'être mené. Mais attention à ne pas trop tirer sur la corde !

Autant, il est du devoir de l'Etat malien, de prendre ses responsabilités, autant ces populations déchaînées, devraient se garder de franchir la ligne rouge au risque de fragiliser encore plus la Nation, en ce moment, à la peine et, par ricochet, de se faire du mal à elles-mêmes. Car, c'est connu, l'instabilité engendre le désordre, voire le chaos qui pourrait constituer un véritable bouillon de culture pour la vermine terroriste.

Du reste, on la voit déjà boire son petit lait du fait de l'impossibilité, pour les véhicules des forces de l'opération Barkhane, de la Police des Nations unies ou encore des Casques bleus, de patrouiller dans la ville de Tombouctou. Toute chose que les manifestants pourraient payer très cher ; on touche du bois.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Le Pays

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.