Sud-Soudan: Salva Kiir et Rieck Machar prêts à former un gouvernement de transition

(Photo d'archives) - Le président Salva Kiir et le vice-président Riek Machar,côte à côte lors d'une manifestation à Juba

Les deux principaux protagonistes de la crise sud-soudanaise ont réaffirmé leur engagement à respecter la date butoir fixée à mi-novembre pour la formation d'une nouvelle équipe gouvernementale.

« Les parties ont convenu d'établir le gouvernement d'union nationale dans les temps, soit le 12 novembre », a déclaré à la presse, le 11 septembre, le ministre de l'Information, Michael Makuei, à l'issue de la rencontre entre l'actuel président sud-soudanais, Salva Kiir, et le chef rebelle, Rieck Machar.

La formation d'un gouvernement transitoire d'union nationale est un point-clé de l'accord de paix signé en septembre 2018 à Addis-Abeba, en Ethiopie. Le texte prévoit la nomination de Rieck Machar au poste de premier vice-président. Ce gouvernement devait initialement être formé en mai. Mais inquiet des conditions de sécurité s'il était rentré à Juba, Rieck Machar qui vit en exil à Khartoum avait obtenu un délai de six mois supplémentaires. Il est finalement arrivé le 9 septembre pour sa première visite en un an dans la capitale, pour tenter de s'accorder avec le chef de l'Etat sur la manière de faire avancer le processus de paix.

Outre la formation du gouvernement, Salva Kiir et Rieck Machar, dont l'inimitié est à l'origine de la guerre civile dans laquelle le pays a sombré en décembre 2013, ont également accepté de se revoir prochainement. « Les discussions entre nous se passent bien. Et nous parviendrons bientôt à un accord », a indiqué le président du Soudan du Sud, en échangeant une poignée de main avec son rival.

De son côté, le chef rebelle, qui était revenu pour la première fois dans la capitale en octobre pour les cérémonies marquant la signature de l'accord, a estimé que cette nouvelle visite avait permis de faire « d'importants progrès ». « Les deux leaders avaient aussi évoqué le moyen de rallier à l'accord de paix les groupes rebelles qui ne l'ont pas signé », a confié son adjoint, Henry Odwar. Ils « se sont accordés sur un certain nombre de questions », touchant notamment aux arrangements sécuritaires et à l'inclusion de l'accord de paix dans la Constitution provisoire, a précisé dans un communiqué le service de presse de la présidence, soulignant qu'il s'agissait d'un dialogue « fructueux et sincère ».

Rieck Machar est en exil après avoir dû fuir Juba en juillet 2016 sous les tirs de l'armée de Salva Kiir, à la suite de l'échec d'un précédent accord de paix qui avait entraîné d'intenses affrontements entre leurs forces. Quant au conflit proprement dit, marqué par des atrocités et le recours au viol comme arme de guerre, il a fait plus de 380 000 morts selon une étude récente, et poussé plus de quatre millions de Sud-Soudanais, soit près d'un tiers de la population, à quitter leurs foyers.

L'accord de paix conclu entre la rébellion et le pouvoir a entraîné une forte baisse des combats, même s'ils n'ont pas complètement cessé, notamment dans la région de l'Équateur central où opèrent les groupes rebelles non signataires.

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