Burkina Faso: Marche-meeting du 16 septembre - 5 centrales syndicales quittent les rangs

La cloche de la démobilisation contre la journée de protestation souhaitée par l'Unité d'action syndicale continue de sonner (UAS).

Après la Coordination des associations professionnelles et syndicats de l'économie informelle (CAPSEI) le 11 septembre 2019, le lendemain 12, ce fut le tour des associations et syndicats des commerçants et opérateurs économiques du Burkina d'emboucher la même trompette.

Elles invitent leurs membres à ne pas y prendre part, car le Burkina Faso est confronté à des problèmes bien plus sérieux au nombre desquels l'insécurité.

A quelques jours de la journée de protestation (Ndlr : Elle est prévue pour le 16 septembre 2019) à laquelle des syndicats et organisations de la société civile ont promis de prendre part, des associations, notamment du secteur privé, qui désapprouvent ce mouvement, annoncent qu'elles n'y prendront pas part.

Au nombre de celles-ci, les associations et syndicats des commerçants et opérateurs économiques du Burkina, qui par cette conférence de presse invitent leurs membres à se départir des mouvements à venir.

Enumérant les récents drames qui ont endeuillé le Burkina Faso, ces organisations, notamment le RA.E.D.C.B., l'A.B.P.V.C., le GAPEC-BF et l'APC, estiment que l'heure n'est pas aux revendications sociales mais plutôt à des actions de solidarité sous la houlette du gouvernement.

Car, disent-elles, les grèves à répétition et toutes les formes de boycotts observés au niveau de l'administration publique affectent négativement le monde du commerce et celui des affaires. Or, ces secteurs comptent beaucoup pour notre pays.

Tirant à boulets rouges sur ces acteurs embarqués dans cette marche, les commerçants ont rappelé leur surnombre par rapport aux marcheurs De plus, ils soutiennent que c'est grâce à leurs impôts que les fonctionnaires perçoivent leur salaire.

C'est pourquoi, selon eux, les travailleurs du public gagneraient à surseoir à leurs actions qui sont de nature à porter préjudice à l'activité économique. Toutefois, ils ne rejettent pas le droit de grève, que la loi concède aux syndicats.

Dans le même temps, ces associations ont exhorté le gouvernement à aller dans le sens du dialogue, de la réconciliation et de la paix et à traduire en justice les coupables d'actes barbares.

5 centrales syndicales quittent les rangs

Cinq centrales syndicales (CNTB, CSB, FO/UNS, ONSL, USTB) sur les six qui composent l'Unité d'action syndicale (UAS), réunies en coalition, ont affirmé leur non-participation à la marche-meeting du 16 septembre prochain.

La raison principale de cet appel à la démobilisation, selon les conférenciers, est que la manifestation n'est pas organisée par l'UAS mais est plutôt une manœuvre de certaines Organisations de la société civile (OSC) et de certains syndicats qui tiennent des activités au nom de l'UAS.

En effet, selon le porte-parole de la coalition, Olivier Guy Ouédraogo, le préavis de grève qui a été publié à l'adresse des travailleurs n'était qu'un leurre.

En réalité, poursuit-il, une autre plateforme revendicative frauduleusement signée par l'ODJ au nom des organisations a été introduite comme soutenant le préavis.

A l'écouter, c'est profitant des recommandations de l'assemblée générale de l'UAS, à savoir requérir le soutien des OSC, dans la lutte, que certaines OSC, en l'occurrence le MBDHP et l'ODJ ont décidé, contre toute attente, de la rédaction d'une plateforme revendicative dans laquelle n'apparaissaient aucunement les revendications de l'UAS.

«Face à notre refus d'amender cette plateforme qui n'avait que pour objectif d'exploiter la tragédie que vit notre peuple par l'action de forces obscurantistes et criminelles et suites aux débats, l'ODJ et les autres consentirent à ne retenir que deux de nos revendications», a signifié le porte-parole.

C'est ayant compris cette manœuvre de mise sous tutelle de l'UAS que plusieurs membres de notre coalition décidèrent de la non-signature du préavis de grève, dont nous ignorons les principales motivations.

Selon M. Ouédraogo, malgré l'absence de signature de certains d'entre eux, le président du mois a déposé le préavis de grève, au nom de l'UAS, contrairement au principe du consensus qui gouverne le fonctionnement de cette unité.

Selon ce principe, poursuit-il, en l'absence de la signature d'un membre, l'action ne peut être menée au nom de l'UAS mais à titre individuel.

«C'est au regard de toutes ces manœuvres que nous demandons à nos militants et à tous les travailleurs de se démarquer de toutes les actions prévues le 16 septembre, qui ne sont nullement pour la défense de nos intérêts matériels et moraux mais pour des intérêts inavoués et inavouables», a conclu l'orateur du jour.

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