Congo-Kinshasa: Parc national des Virunga - Des ONG s'insurgent contre un reportage incriminant les écogardes

Des associations oeuvrant pour la protection de l'environnement, basées dans le Nord-Kivu, exigent un traitement juste et équilibré des informations en vue de promouvoir le développement communautaire autour de l'aire protégée.

La société civile environnementale du Nord-Kivu a dénoncé, le 11 septembre, le reportage télévisé réalisé par le journaliste hollandais Bram Vermeulen intitulé « Maltraitance et humiliation dans le parc des Virunga : l'Union européenne finance la violence », lui reprochant « le manque de professionnalisme et d' objectivité ».

Regroupées au sein du programme Green Livelihoods Alliance, les ONG ont critiqué Bram Vermeulen de n'avoir fait allusion, dans ce reportage, qu'à certains défauts liés aux comportements individuels de certains écogardes, sans démontrer les grandes réalisations dans le relèvement de la gestion du Parc national des Virunga (PNV) et l'amélioration des conditions de vie des communautés locales. Pour ces organisations, ce reportage tend donc à ternir la qualité du travail réalisé par l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).

Un travail dans un contexte délicat

Les défenseurs de la nature dans le Nord-Kivu ont tenu à préciser que les écogardes du PNV travaillent dans un contexte très délicat. Ce parc, domaine public de l'Etat congolais créé en 1925 dont l'ICCN a reçu mandat de gestion, ont-ils dit, fait l'objet d'envahissement à grande échelle de toute sorte, menaçant sa valeur biologique exceptionnelle qui a valu son inscription sur la liste du patrimoine mondial en péril.

Ils on relevé, par ailleurs, que plusieurs groupes armés nationaux et étrangers ont élu domicile dans cette aire protégée. « Ces derniers ne vivent que de l'exploitation des ressources naturelles avec très souvent la complicité de certaines catégories des communautés locales et des agents de sécurité. Dans ce climat, il n'y a que les écogardes qui ont l'obligation quotidienne de protéger ce patrimoine naturel au prix de leur vie », ont-ils souligné. Ils ont signifié qu'au cours de la dernière décennie, plus 175 écogardes ont perdu la vie dans l'exercice de leur fonction dans des accrochages armés.

Le journaliste hollandais est accusé, de ce fait, d'avoir ignoré délibérément de faire mention de « ce contexte de travail très hostile et difficile dans lequel travaillent les écogardes, les obligeant d'observer à la loupe des consignes de sécurité individuelle et de protection civile très particulières pour la protection du PNV et des communautés locales ».

Dans le cas de Vitshumbi mentionné dans le reportage, les associations environnementales ont soutenu que les écogardes auraient certainement agi en légitime défense car, très souvent, les victimes ont soit porté des armes, soit été associées aux porteurs des armes. « Au cours de la manifestation de Vitshumbi, d'ailleurs, un écogarde est mort assassiné par balle et mutilé avant la riposte de ses compagnons ayant fait deux victimes parmi les manifestants », ont-elles fait savoir.

Le journaliste a été également reproché de ne pas avoir mentionné qu'en date 6 décembre 2016, les Mai-Mai avaient attaqué la position des écogardes à Vitshumbi, rappelant aussi d'autres attaques répétées dans d'autres postes de patrouille dans le PNV, au cours des deux dernières années. La société civile environnementale du Nord-Kivu conseille à tous les journalistes et chercheurs ayant les mêmes ambitions de chaque fois consulter suffisamment tous les acteurs impliqués et de tenir compte de leurs avis de manière objective en vue de communiquer au grand public un message qui reflète la réalité du terrain.

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