Afrique de l'Ouest: Sommet CEDEAO sur le terrorisme - La diplomatie et la défense à l'abordage en attendant les chefs d'Etat

En prélude au sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), élargi au Tchad et au Cameroun, sur le terrorisme, s'est tenue le jeudi 12 septembre 2019 à Ouagadougou la réunion du Conseil des ministres. A 48 heures de l'ouverture officielle de la rencontre, ils ont balisé le terrain afin de faire aux gouvernants les recommandations appropriées.

Ministre des Affaires étrangères du pays hôte, Alpha Barry a souhaité d'entrée de jeu la bienvenue à ses pairs de la CEDEAO, avant de demander d'observer une minute de silence à la mémoire des victimes de l'hydre terroriste.

La situation de l'insécurité, a-t-il souligné, est très préoccupante au regard du bilan macabre, environ 27 000 morts enregistrés sur le terrain.

Face à l'expansion du fléau, a-t-il ajouté, il y a urgence à agir. D'où la nécessité et l'obligation d'une synergie d'actions. Le ministre Barry a saisi l'occasion qui lui était offerte pour féliciter les chefs d'état-major de la Communauté pour le travail déjà abattu.

A sa suite, Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la CEDEAO, a déploré les deux attaques meurtrières qui ont eu lieu dans le nord du Burkina, 72 heures avant la rencontre de Ouagadougou.

Un terrorisme aveugle qui a encore endeuillé le vaillant peuple du Burkina en faisant plusieurs dizaines de morts, a-t-il commenté.

Une grande perte en vies humaines, a-t-il indiqué, qui alourdit le nombre de victimes innocentes de la barbarie qui n'épargne, selon lui, pour le moment que très peu de pays de la bande sahélienne.

Ces actes terroristes, a souligné M. Brou, ont entraîné depuis une décennie, en plus des pertes en vies humaines, des blessés graves, des destructions de propriétés et des monuments culturels. Ils ont aussi propagé la peur et l'intimidation, ainsi que d'autres conséquences humanitaires de grande portée.

Ils constituent donc en cela des crimes graves qui violent les droits humains fondamentaux. Le terrorisme contribue, de l'avis de Kassi Brou, à l'aggravation de la pauvreté par leurs effets débilitants sur le développement économique et la cohésion sociale.

Au terrorisme s'ajoutent les conflits communautaires, le crime organisé, le trafic en tout genre, les conflits entre agriculteurs et éleveurs...

Ces phénomènes, a dit le président de la Commission de la CEDEAO, doivent aussi faire l'objet d'une attention particulière pour éviter une interconnexion entre les menaces et une instrumentalisation des conflits par des groupes terroristes, ce qui pourrait alors compliquer davantage les solutions qu'on doit leur trouver nécessairement. Peut-on venir à bout du terrorisme et dans quel délai dans la région ?

Question difficile, selon le président Brou, tant l'espace CEDEAO est devenu le terreau d'actions et d'influence des groupes terroristes dont l'expansion à des zones jusqu'à présent épargnées témoignent de la dangerosité et de la capacité opérationnelle accrues.

Répondre à trois objectifs majeurs

Les Etats de la CEDEAO n'ont d'autre choix que de faire preuve de détermination nécessaire pour éradiquer le fléau et créer un environnement propice à une intégration régionale effective, au développement économique, à la paix, à la sécurité et à la stabilité en Afrique de l'Ouest.

L'atteinte de cet objectif, souligne M. Brou, exige un engagement collectif résolu et sans faille des Etats membres à agir de manière concertée à tous les niveaux.

Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères du Niger, président du Conseil de médiation et de sécurité, et le président en exercice du Conseil des ministres de la CEDEAO, Kalla Ankourao, a rappelé que c'est sur instruction des chefs d'Etat et de gouvernement, lors du sommet du 29 juin 2019 à Abuja, que s'organise demain samedi à Ouagadougou le sommet extraordinaire de la CEDEAO.

L'objectif est de réaffirmer l'engagement de la Communauté à lutter contre le terrorisme et l'extrémisme violent et de réévaluer la stratégie de lutte contre le fléau.

Les Etats de la CEDEAO, a signalé M. Ankourao, sont déterminés, entre autres engagements à éliminer le terrorisme et à créer un environnement propice à une intégration régionale effective.

Au cours du rendez-vous d'hier, les participants ont examiné plusieurs rapports et recommandations préparés par la Commission de la CEDEAO, suite à la réunion des chefs d'état-major, des chefs de service de sécurité et des chefs de renseignement, d'une part, ainsi qu'à celle des acteurs civils, d'autre part. Ils ont aussi examiné le projet d'ordre du jour du sommet de demain, ainsi que celui du communiqué final.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Burkina Faso

Plus de: L'Observateur Paalga

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.