Congo-Brazzaville: Investir dans les énergies renouvelables

Au moment où vient de se tenir à Brazzaville le cinquième forum sino-africain « Investir en Afrique », il serait intéressant pour les pays africains, dans leurs efforts de trouver des stratégies pour diversifier leurs économies, de mettre un accent particulier sur le développement des énergies renouvelables. Les énergies renouvelables, à savoir hydraulique, solaire, éolien, géothermie et biomasse, se développent intensément partout dans le monde, portées par la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Le caractère renouvelable de ces énergies, leur faible émission de déchets, de rejets polluants et de gaz à effet de serre sont des avantages pour la planète. Dans le domaine des énergies renouvelables, les pays africains peuvent s'appuyer sur l'expérience et l'expertise de la Chine, qui depuis des années est le leader mondial dans ce secteur. Ce pays est de loin le plus gros investisseur mondial en capacité d'énergie renouvelable. En effet, en dix ans (2009 - 2019), la Chine a investi près de 800 milliards de dollars dans ce secteur, quand l'ensemble des pays européens n'a investi qu'un peu moins de 700 milliards et les Etats-Unis à peine 350 milliards.

Le rapport sur « Les tendances mondiales en matière d'investissement dans les énergies renouvelables de l'année 2019 (Global Trends in Renewable Energy Investment 2019) », publié en amont du sommet mondial des Nations unies Action Climat, prévu le 23 septembre, à New York, indique qu'au cours de la décennie actuelle, l'investissement devrait atteindre 2600 milliards de dollars, comptant plus de gigawatts (GW) de capacité d'énergie solaire installée que toute autre technologie de production.

Cet investissement devrait quadrupler la capacité en énergie renouvelable de 414 GW à la fin de 2009 à 1650 GW lorsque la décennie se termine à la fin de cette année. L'énergie solaire aura mobilisé la moitié de ces investissements, à savoir 1 300 milliards de dollars des 2 600 milliards d'investissements dans les énergies renouvelables réalisés au cours de la décennie. La capacité solaire aura à elle seule suffisamment augmenté, passant de 25 GW au début de 2010 à 663 GW d'ici à fin 2019, pour produire l'électricité annuelle nécessaire à environ cent millions de foyers aux Etats-Unis.

La part mondiale de l'électricité générée par les énergies renouvelables a atteint 12,9% en 2018, contre 11,6% en 2017. Cela a permis d'éviter l'émission de deux milliards de tonnes de dioxyde de carbone l'année dernière uniquement. Une économie substantielle compte tenu des émissions mondiales qui atteignaient 13,7 milliards de tonnes en 2018.

Certes le continent africain dispose d'un énorme potentiel énergétique renouvelable encore largement inexploité, mais il y a quelques pays qui sont bien avancés dans ce secteur, notamment le Maroc pour le solaire, le Kenya pour la géothermie ou l'Éthiopie pour les barrages. L'Agence internationale pour les énergies renouvelables estime, d'ailleurs, que la capacité installée de l'Afrique, actuellement de 34 gigawatts, pourrait atteindre les 300 gigawatts en 2030, niveau requis pour un accès universel sur l'ensemble du continent.

L'électrification de l'Afrique est l'enjeu-clé de la réussite de son développement. La population et l'économie des pays africains ne cessant de croître, la question du déficit énergétique qui constitue un frein au développement économique du continent se posera de plus en plus avec acuité. Les gouvernements africains sont donc amenés à songer à un modèle propre au continent qui serait capable de répondre à la fois à l'urgence énergétique et au défi environnemental.

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