Sénégal: Sous-secteurs négligés de l'éducation et de la formation - Pour plus d'equité

13 Septembre 2019

Un plaidoyer fort a été porté hier, jeudi 12 septembre, pour le financement conséquent des sous-secteurs de la Petite enfance et de l'Éducation de base des jeunes et des adultes analphabètes, à l'occasion du panel organisé par la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l'éducation publique (Cosydep).

Les acteurs de la communauté éducative ne cesseront de le crier haut et fort: les sous-secteurs de la Petite enfance et de l'Éducation de base des jeunes et des adultes analphabètes (Ebja) sont sous-financés. Paradoxe, disent-ils.

Comment comprendre, s'interrogent-ils, que ces deux sous-secteurs constituent la majorité de la cible à atteindre pour une éducation de tous et de qualité, alors que leurs financements n'atteignent pas 1% du budget consacré au département de l'éducation ?

En effet, les ressources allouées au développement intégré de la petite enfance, n'ont jamais dépassé 1%, en moyenne.

Le sous-secteur de l'Ebja enregistre 0,18%, notamment 600 à 700 millions par an des dépenses de l'Education nationale, alors que l'ambition déclarée était de lui affecter 3% du budget, conformément aux engagements de l'Etat pris à Bamako en 2007 et réaffirmé à Belém en 2009.

Pendant ce temps, la cible de 54% des Sénégalais à alphabétiser est plus importante que l'école formelle. Ainsi, ces deux sous-secteurs de l'Education battent de l'aile. Ils peinent à sortir la tête de l'eau, à l'heure de la mise en œuvre de la loi relative à l'obligation scolaire.

Dans le dernier Rapport de performance du ministère de l'Education national, présenté à l'occasion de la Revue annuelle du Programme d'amélioration de la qualité, de l'équité et de la transparence (Paquet), il est clairement mentionné que la faible progression de la préscolarisation découle d'une insuffisance budgétaire.

Par conséquent, lit-on dans le rapport, il est noté la baisse de la couverture des cantines qui constitue un des facteurs bloquants de l'amélioration de la qualité des apprentissages du préscolaire.

Seuls 41% des structures communautaires disposent de conditions propices à l'épanouissement et à la réussite des enfants âgés de 0 à 5 ans. Les collectivités territoriales n'ont pas aussi été épargnées sur l'état des lieux des maux qui plombent le Dipe et l'Ebja.

Les communes ne contribuent pas au financement, alors que les sous-secteurs sont considérés comme des domaines de compétence transférée.

Pour surmonter ces handicaps, la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l'éducation publique (Cosydep) a organisé un panel consacré aux sous-secteurs négligés. C'est un plaidoyer pour plus d'équité dans la répartition des ressources allouées à l'Education et à la Formation. Comment s'y prendre ?

Le modérateur du panel, Gorgui Sow, pense à un financement conséquent pour accompagner l'alphabétisation et la petite enfance. Ce qui permettra, dit-il, de booster le taux brut de scolarisation.

Sans cela, estime Gorgui Sow, le contrôle citoyen devient un mirage. Pour lui, «le gouvernement met plus d'argent dans les questions de sécurité, d'infrastructures, d'énergie. Résultat de courses, la sécurité est fragilisée, l'indiscipline est notoire, l'occupation publique.

Les agresseurs constituent des exclus du système éducatif. Avec une population analphabète, nous développons des conditions de déficit sanitaire. On ne peut pas régler le problème des Sénégalais tant que les populations ne sont pas éduquées», soutient-il.

A en croire les panélistes, cette équité revendiquée est clairement mentionnée dans la Constitution, en son article 22, alinéa 4 qui dispose: «Toutes les institutions nationales, publiques ou privées, ont le devoir d'alphabétiser leurs membres et de participer à l'effort national de l'alphabétisation».

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