Sénégal: Financements et politiques de lutte contre l'immigration irrégulière - Quand la mainmise etrangère plombe les efforts

13 Septembre 2019

Les politiques initiées pour lutter contre la migration irrégulière ne répondent pas aux préoccupations locales. Elles ne sont que des initiatives menées suivant l'agenda des pays de l'occident.

Cette analyse ressort d'une étude bilan sur les politiques migratoires du Sénégal, entre 2005 et 2019, réalisée par la fondation Heinrich Böll et présentée hier, jeudi 12 septembre.

La fondation Heinrich Böll a réalisé une étude bilan sur les politiques migratoire au Sénégal. Il en ressort, informe le professeur au département de sociologie de l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, Mamadou Dimé, qu'en dépit des nombreux milliards investis, les résultats escomptés ne sont pas encore atteints.

Mamadou Dimé, un des réalisateurs de l'étude trouve qu'entre 2005 et 2019, plus de 200 milliards de F Cfa ont été mobilisés autour de la gouvernance des migrations.

Malgré cette forte somme, le résultat est encore mitigé. Ce qui l'explique est, dit-il, l'orientation qui a été donnée aux programmes et projets de développement mis en œuvre pendant cette période.

En effet, relève-t-il, ils sont essentiellement orientés dans un objectif de dissuasion des migrations irrégulières.

Ils n'ont pas un objectif de création d'emplois visant à améliorer les conditions de vie ou de promouvoir un tissu économique local qui permettrait l'éclosion des capacités des candidats au départ ou des migrants en retour, déplore-t-il.

Les résultats mitigés s'expliquent aussi par le fait que la plupart des projets et programmes ont été conçus exclusivement par rapport à un agenda externe et non par rapport aux différentes conditions qui prévalent au Sénégal, poursuit Mamadou Dimé.

Tout en déplorant l'absence d'une ligne de politique claire et cohérente ainsi qu'une discontinuité dans la gouvernance des enjeux et défis posés par les migrations, le chargé de programme démocratie et expert interne de la migration à la fondation Heinrich Böll, Selly Bâ, souligne que des réponses doivent être apportées aux problèmes ayant trait à l'accentuation de la pauvreté et le chômage afin de créer les conditions qui permettront de freiner le désir migratoire.

Selly Bâ juge que les politiques initiées par les puissances étrangères enferment le Sénégal dans un «cercle vicieux et une répétition». Elle trouve, de ce fait, nécessaire d'évaluer l'ensemble des programmes qui ont été mis en place, mais aussi les coûts d'investissement.

Mamadou Dimé, quant à lui, conseille de mettre en place des politiques et programmes conçus par rapport aux besoins du Sénégal et non pas sur un agenda extérieur. Il est aussi important d'avoir des données statistiques fiables sur la migration, plaide-t-il.

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