Ile Maurice: Gaz lacrymogène et matraque pour accompagner les policiers sur le terrain

13 Septembre 2019

Encore un cas de policier agressé dans l'exercice de ses fonctions. L'agent a été blessé au sabre, samedi 7 septembre, à Pailles, alors qu'il tentait de calmer un individu qui semait le trouble. Ses collègues ont pu maîtriser le suspect et l'arrêter.

Les policiers sont-ils suffisamment protégés lorsqu'ils vont sur le terrain ? Quels équipements ont-ils ? Les équipements dont dispose la police pour se protéger lorsqu'elle va sur le terrain : du gaz lacrymogène («Federal Streamer Gas»), une matraque («tonfa baton»), des menottes et un revolver dans certaines situations.

La Police Officers Solidarity Union déplore cette agression. «C'est encore un cas de trop», condamne l'inspecteur Jaylall Boojhawon, président du syndicat. Selon lui, le gros travail d'un policier c'est d'intervenir après une demande. «Un policier doit faire face à différentes situations. Parfois, il y a un public violent, dont des personnes sous l'influence de drogue ou d'alcool. Parfois, des événements imprévus surviennent, la situation dégénère.» Selon l'inspecteur, le travail devient de plus en plus difficile et risqué.

Pour Jaylall Boojhawon, il est aussi navrant que les policiers n'aient pas la formation adéquate pour gérer toutes ces situations. «Il faut une formation bien poussée, accrue et moderne. Les policiers reçoivent juste un petit cours à la Training School de la police. Mais les leçons d'auto défense, les techniques sur la manière de procéder à l'arrestation d'une personne violente, il n'y a pas. C'est malheureux mais les policiers sont livrés à eux-mêmes.»

La police part avec un désavantage en nombre. Bien souvent, lorsque les agents répondent à une requête, ils sont à deux ou trois en raison d'un manque d'effectifs dans les postes de police. Ils se retrouvent face à une dizaine de personnes hostiles et le temps d'appeler du renfort, c'est trop tard.

«Taser» réclamé

Jaylall Boojhawon rappelle que son syndicat a déjà demandé que les policiers soient équipés d'un pistolet à impulsion électrique (Taser). «Le Taser est un équipement inoffensif qui paralyse temporairement le suspect. Toutes les polices du monde en possèdent. Le gaz lacrymogène n'est pas aussi efficace. Les suspects peuvent devenir plus violents et ils peuvent toucher les gens autour car ils bougent les mains et les pieds. Par contre, avec le Taser, ils sont paralysés un petit moment. La police peut les arrêter plus facilement.»

De nos jours, bien qu'un individu fasse preuve de violence, un policier préférera faire un usage minimal de la force car les droits humains ont pris le dessus. «Les policiers devront s'expliquer à l'Independent Police Complaints Commission. Ils préfèrent éviter ces problèmes.»

Des policiers déplorent aussi que les nouveaux bâtons télescopiques reçus ne sont pas de bonne qualité. «Nous ne pouvons pas les utiliser car ils sont trop courts. Lorsque nous les manions, ils tournent sur eux-mêmes», explique l'un d'eux. Nous avons tenté d'avoir la version du commissaire de police, Mario Nobin. Ce dernier n'était pas joignable sur son portable.

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