Ile Maurice: Services financiers - Sudhir Sesungkur défend le démantèlement de la BAI

13 Septembre 2019

La qualification de Maurice comme paradis fiscal et destination dédiée au blanchiment est injuste, selon le ministre. Il a également défendu la décision du gouvernement quant au groupe BAI.

Trop, c'est trop ! Le ministre des Services financiers et de la bonne gouvernance, Sudhir Sesungkur, trouve in- justes les critiques des services financiers mauriciens. Il en a fait état lors d'une conférence de presse à son bureau, hier.

Maurice est accusé d'être un paradis fiscal qui ouvre ses portes à ceux voulant fuir les contraintes fiscales de leur pays d'origine. Le pays est également présenté comme un centre financier où le blanchiment d'argent sale est monnaie courante.

Toutefois, les seules critiques qui devraient nous inquiéter sont celles d'organisations comme la Financial Action Task Force (FATF), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ou encore l'Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG). En effet, elles surveillent de près les pratiques dans le domaine financier.

Pour le ministre, la réputation de Maurice est sauve aux yeux de ces trois institutions en soulignant que tous les points d'interrogation évoqués dans un récent rapport d'ESAAMLG ont été clarifiés. «Les experts chargés d'évaluer les services financiers mauriciens et de vérifier si les pratiques en cours sont conformes aux normes internationales ont conclu que, dans ce secteur, il n'existe pas de pratiques que l'on peut attribuer à une volonté de recourir à un système de taxation controversable. Cette affirmation est venue confirmer le point de vue de l'ancien directeur général adjoint du Fonds monétaire international selon lequel Maurice n'abrite pas de services financiers où les pratiques associées à un paradis fiscal sont courantes.»

Plan ponzi

Les critiques émises par les organisations non gouvernementales ayant un agenda spécifique et par certains titres de presse, soutient le ministre Sesungkur, ont peu d'impact sur le moral des hommes d'affaires qui désirent évoluer dans notre secteur de services financiers. Les investisseurs potentiels se baseraient sur des analyses réalisées par des organisations de renom pour décider si la destination Maurice mérite leur confiance.

Le ministre a ensuite brossé un tableau de l'évolution du secteur. Il a mis en exergue sa contribution au Produit intérieur brut (PIB) et en opportunités d'emploi tant à Maurice qu'à l'étranger pour les jeunes ayant les compétences recherchées par les opérateurs du secteur.

Un autre item qui préoccupe le ministre est le plan d'investissement Ponzi. Celui-ci se caractérise par l'absence d'une capitalisation propre de la société qui le pratique et son fonctionnement ne repose que sur l'investissement de contribuables. Ce sujet a fait suite à une critique selon laquelle l'absence de poursuites judiciaires contre les directeurs de la société d'assurances BAI est une preuve que la thèse d'un plan Ponzi n'était qu'un prétexte pour se débarrasser de la BAI.

Le ministre a répliqué que le liquidateur a indiqué que le système découvert ressemblait étrangement à un plan Ponzi. Le gouvernement avait, selon lui, deux choix : laisser perdurer la situation jusqu'à l'écroulement de la BAI ou prendre le taureau par les cornes. Il soutient que le gouvernement a pris la bonne décision en évitant une catastrophe sociale au cas où la BAI n'arriverait plus à honorer ses obligations auprès de ceux ayant contribué au Super Cash Back Gold, au Bramer Asset Management et ceux ayant fait des dépôts auprès de l'assurance BAI.

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