Soudan: La visite fructueuse du nouveau Premier ministre chez le voisin du Sud

Le nouveau gouvernement soudanais avait fait de la réalisation de la paix globale au Soudan sa priorité. Se pliant à l'urgence d'agir, le Premier ministre Abdallah Hamdok a choisi le Soudan du Sud pour son premier déplacement à l'étranger. Samedi, c'est le président érythréen Issayas Afeworki qui fera un déplacement de deux jours à Khartoum, un fait rarissime pour ce chef d'État aussi fermé que son pays.

Cette visite de deux jours à Juba a une portée avant tout symbolique. Mais pas seulement. Abdallah Hamdok a aussi pu initier des discussions. D'une part, avec les autorités du Soudan du Sud, sur des questions restées en suspens depuis l'indépendance et l'accord de paix de 2005. D'autre part, avec les mouvements armés du Soudan pour mettre fin à une guerre qui mine le pays depuis des décennies.

Selon les déclarations officielles des deux parties, le déplacement du Premier ministre soudanais à Juba a été particulièrement encourageant : « Les réunions de Juba ouvrent la voie vers la paix globale », a déclaré Abdallah Hamdok ce vendredi soir.

Deux accords de principe ont été signés avec les chefs de plusieurs mouvements armés du Darfour et du Sud-Kordofan pour des discussions de paix qui débuteront, à Juba, le 14 octobre et se termineront le 14 décembre. Durant deux mois, le nouveau gouvernement et les anciens rebelles discuteront les modalités d'une future normalisation avec le pouvoir central de Khartoum.

Quant aux discussions d'Abdallah Hamdok avec les autorités du Soudan du Sud, des progrès ont également été réalisés. « Tous les points de divergence entre les deux pays ont été abordés », ont souligné les deux ministres des Affaires étrangères. Ils affirment leur détermination à « s'engager sur la voix de la paix ».

Ouverture progressive des points de passage aux frontières

La question de la délimitation des frontières entre les deux pays a aussi été évoquée, tout comme le sort d'Abiyé, ville disputée et sujet de discorde majeur depuis l'accord de paix de 2005, entre le Soudan et son voisin du Sud.

Premier effet sur le terrain : l'ouverture progressive des points de passage aux frontières entre les deux pays, qui sont pour l'instant fermés. Sur les dix qui existent, cinq seront ouverts avant la fin de l'année.

Pour le Premier ministre soudanais, cette visite de deux jours à Juba au Soudan du Sud, a visé à créer des relations bien établies, a-t-il dit, « stratégiques, distinguées et sans limites entre les peuples de deux pays ». Des relations prospèrent s'appuyant sur des échanges commerciaux et sur la liberté de circulation des personnes et des marchandises. Des accords dans le domaine de l'énergie sont également sur la table des discussions.

■ L'Érythréen Afeworki à Khartoum

À part dans les pays du Golfe en qui il a confiance, l'ombrageux président érythréen ne se déplace plus jamais à l'étranger. Ni pour les sommet de l'Union africaine, ni non plus pour des rencontres avec d'autres chefs d'État. Sa visite à Khartoum, par conséquent, revêt un caractère exceptionnel.

Elle a été précédée par plusieurs visites de ses proches. Mais elle a été surtout précédée par la visite à Asmara, en juin, du chef de l'ex-junte militaire, le général Al-Burhane, puis en juillet de son adjoint, le désormais célèbre général Hamdan Dagalo dit Hemeti. Il faut dire que l'Érythrée avait apporté en pleine crise un soutien à mots couverts à la junte soudanaise, en critiquant durement l'Union africaine qui, selon Asmara, cherchait « des prétextes pour des interventions extérieures ».

Les sujets intéressants les deux pays sont nombreux : leurs 600 km de frontière sont un haut lieu de trafics en tous genres, mais aussi un passage privilégié pour les Érythréens fuyant vers l'Europe. Et du coup, 175 000 réfugiés érythréens vivent au Soudan. C'est une diaspora importante, qui entretient une économie de services non négligeable et qui, pendant longtemps, a abrité l'opposition. L'un des chantiers prioritaires va donc être de reprendre la main sur cette route d'exil... Une demande toujours pressante de l'Union européenne.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.