Afrique de l'Ouest: Lutte contre le terrorisme - Les Chefs d'Etat et de gouvernement de la CEDEAO se concertent à Ouagadougou

14 Septembre 2019

Un sommet extraordinaire de la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest et du G5 Sahel se tient ce samedi 14 septembre 2019 dans la capitale burkinabè avec la participation de plusieurs dirigeants africains dont le Président Alassane Ouattara.

Vendredi à 15h 45, l'avion présidentiel estampillé Côte d'Ivoire a atterri l'aéroport international de Ouagadougou. Au bas de l'échelle de coupée, attendaient le Premier ministre burkinabé Marie Joseph Christophe Dabiré, chargé d'accueillir le Président Alassane Ouattara, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire au Burkina Faso Soro Kapiélétien, des membres du gouvernement ivoirien, le personnel de l'ambassade et la communauté ivoirienne résidant au pays des hommes intègres.

Le terrorisme gagne du terrain dans la région ouest africaine. Et les populations s'en inquiètent. Les dirigeants en sont conscients. Ils multiplient les réflexions. C'est dans ce cadre que se situe le sommet extraordinaire de la Cedeao consacré à cette problématique, prévu aujourd'hui, à Ouagadougou, au Burkina Faso.

Ce sommet extraordinaire, qui avait été décidé en juin dernier à Abuja, a pour but de réfléchir à une meilleure coordination sécuritaire entre les pays membres de la Cedeao au-delà du G5 Sahel (qui regroupe la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad).

En prélude à ce sommet extraordinaire des Chefs d'Etat et de gouvernement, le Conseil de médiation et de sécurité de la Cedeao s'est réuni jeudi en session extraordinaire « pour réaffirmer la détermination des États membres de la Cedeao à œuvrer collectivement pour prévenir et combattre plus efficacement le terrorisme, renforcer la coopération et la coordination et redéfinir les domaines prioritaires des États membres ».

Selon un communiqué de la Cedeao, la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement qui est très préoccupée par le phénomène du terrorisme dans la région, avait adopté à Yamoussoukro, le 28 février 2013, la stratégie ouest-africaine de lutte contre le terrorisme. Face à la menace terroriste grandissante dans la région, les Chefs d'État et de gouvernement de la Cedeao et de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (Ceeac), conscients du caractère transfrontalier et transrégional de la menace, avaient convoqué un sommet conjoint à Lomé le 30 juillet 2018. Une déclaration avait été adoptée (La " Déclaration de Lomé sur la Paix, la Sécurité, la Stabilité et la Lutte contre le Terrorisme et l'Extrémisme violent).

Par la suite, les Chefs d'État du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Ghana et du Togo se sont rencontrés à Accra au Ghana, où ils ont échangé sur l'évolution de la situation sécuritaire dans la région. Ils ont adopté un certain nombre de décisions parmi lesquelles se trouve l'appel à un sommet extraordinaire sur la lutte contre le terrorisme.

Dans le cadre du processus préparatoire à plusieurs niveaux du Sommet extraordinaire et dans le but d'impliquer tous les niveaux et secteurs de la société, deux réunions se sont tenues à Niamey au Niger. La première a eu lieu les 26 et 27 août 2019 avec les acteurs de la Société civile, sur la Lutte contre le Terrorisme dans la région de la Cedeao. Elle a été suivie de celle des chefs d'état-major de la Défense et des chefs des Services de Sécurité et de Renseignement, les 28 et 29 août 2019.

Une synergie d'actions s'impose

Le Conseil de médiation et de sécurité, composé des ministres en charge des Affaires étrangères et ceux de la Défense, qui s'est réuni jeudi, a examiné plusieurs rapports et recommandations issus des réunions préparatoires. Ces travaux préparatoires de la Conférence des Chefs d'Etat ont permis donc au Conseil de médiation d'adopter de nouvelles stratégies communes de lutte contre le terrorisme assorties d'un plan d'actions. L'heure est grave et il faut agir et très vite, à en croire le président du Conseil de médiation et de sécurité de la Cedeao, le ministre des Affaires étrangères du Niger, Kalla Ankourao. Selon lui, les actes terroristes, qui ont entaché cette dernière décennie, ont entraîné de nombreuses pertes en vies humaines, des blessés, des destructions de biens et semé la peur au sein des populations qui déjà souffrent des conflits intercommunautaires, des problèmes sociaux tels que la pauvreté et le trafic en tous genres.

Le sommet extraordinaire des Chefs d'Etat vise donc trois objectifs, à en croire le président de la Commission de la Cedeao, Jean-Claude Brou. Il s'agit de « réaffirmer l'engagement ferme de la communauté ouest africaine à lutter collectivement contre l'extrémisme violent », d'évaluer et d'adapter la stratégie de lutte à l'évolution actuelle du fléau et de proposer des mesures fortes en vue de venir à bout du terrorisme. A ces objectifs, il faut adjoindre les questions de financement des opérations. A ce niveau, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Burkina Faso, Alpha Barry, a noté l'urgence et la nécessité d'une action synergique des pays membres de la Cedeao, mais aussi l'implication du secteur privé dans la mobilisation et la recherche de financements de la lutte.

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