Afrique de l'Ouest: Session extraordinaire de la Cédéao - 18 chefs d'Etat à Ouagadougou pour endiguer l'expansion du terrorisme dans la sous-région

14 Septembre 2019

Ce sommet extraordinaire de la Cédéao sur le terrorisme est une décision de la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement à la dernière rencontre tenue à Abuja au Nigéria le 29 juin 2019.

Cette rencontre extraordinaire sur le terrorisme, va donc permettre d'examiner les différentes initiatives prises à ce jour et de redéfinir les domaines d'intervention prioritaires pour endiguer la propagation des attaques terroristes dans la région. Les chefs d'Etat envisagent ainsi, une large coalition au-delà de leur zone pour combattre le terrorisme en coordonnant au mieux les efforts.

Ce sommet réunit autour d'une même table, les chefs d'Etat de la Cédéao et ceux des pays concernés par le terrorisme ainsi que les partenaires qui sont à même d'accompagner les chefs d'Etat dans leur quête de la sécurité et de la paix dans la région. Pour les chefs d'Etat, il est nécessaire que l'ensemble des pays de la Cédéao s'associent au G5 Sahel dans le combat contre l'hydre terroriste. Selon les chefs d'Etat présents, la mutualisation des moyens conduira à des résultats certains et tangibles. C'est donc dans cette dynamique que le Tchad, la Mauritanie et le Cameroun ont été joints à ce sommet.

Pour le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, au regard de la gravité de la situation et de sa complexité, la coopération entre Etats ne se pose plus en terme de devoir de solidarité mais bien plus comme un impératif d'intérêt commun. C'est pourquoi, le président du Faso appelle les différents Etats à mutualiser leurs moyens humains, matériels et de renseignements, à équiper et former les forces de défense et de sécurité et renforcer leurs capacités opérationnelles dans le combat qu'elles mènent aujourd'hui contre ce fléau en Afrique de l'Ouest.

« Une croissance sans justice sociale fait le lit de toutes les frustrations. Et les zones défavorisées urbaines ou rurales, deviennent des déserts économiques qui ne poussent qu'à la colère et les tentations les plus désespérées y compris l'immigration clandestines. Dès lors, il y a urgence à développer des programmes spécifiques en faveur des jeunes et des femmes des zones déshéritées pour valoriser leur potentiel productif, développer le sentiment d'intégration sociale et minoriser les flux migratoires illégaux tout en accroissant la résilience des populations », propose le président du Faso.

Le Mali, pays le plus touché

Selon Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la Cédéao, le Réseau d'alerte et de réponse de la Cédéao (Ecowarn) a estimé à ce jour, qu'en 10 ans d'activités subversives, les seules attaques de Boko Haram ont fait plus de 27.000 tués et trois millions de personnes déplacées. Plus de 2.168 incidents liés au terrorisme ont été signalés dans la région de 2015 à 2019. Ces incidents selon M. Brou, ont fait plus de 11.538 morts sur la période des 4 ans. Ces chiffres traduisent une augmentation des attaques terroristes de l'ordre de 150% et des conflits inter-communautaires de l'ordre de 10 fois de ce qu'ils représentaient en 2015. Ce qui fait du terrorisme et des conflits inter-communautaires, des principales menaces à la sécurité humaine dans la région.

Sur la période de 2015 à 2019, le Mali serait le pays le plus touché en termes d'incidents avec 1.115 incidents, suivi du Nigéria avec plus de 410 incidents, du Burkina Faso (440) et du Niger (210). Le pic des incidents aurait été atteint en 2018 avec plus de 410 attaques enregistrées au Mali. Par contre, le Nigéria est le pays le plus affecté en termes de victimes (nombre de morts), suivi du Mali, du Niger et du Burkina. Le pic du nombre de personnes tuées dans les pays a été atteint en 2015 avec 5 800.

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