Sénégal: Différend sur le port du voile entre la France et le Maroc - Ce qu'en pensait le roi Hassan II

13 Septembre 2019

Tout est bien qui finit bien. L'affaire des filles voilées renvoyées de l'Institution Sainte Jeanne d'Arc (ISJA) de Dakar a connu une issue heureuse. Les vingt-deux (22) filles voilées de l'ISJA seront réintégrées dans l'établissement, pour l'année scolaire 2019/2020, à compter du 19 septembre 2019. Cette brouille entre parents des filles voilées et l'administration de l'établissement privé d'enseignement qui a pris des proportions insoupçonnées nous amène à vous proposer une réaction du défunt roi Hassan II sur un cas similaire: un différend sur le port du voile entre la France et le Maroc.

«Je peux dire qu'effectivement la majorité des femmes marocaines ne portent pas le voile. De plus en plus, non pas qu'elles ont l'impression ou que nous avons l'impression qu'en cela, elles contreviennent aux commandements de l'Islam car les commandements de l'Islam concernant le port du voile sont définis dans le temps et dans l'espace. D'ailleurs, la preuve, c'est que quand on a demandé aux deux jeunes filles marocaines, quand je leur ai demandé personnellement en tant que père de famille, par l'intermédiaire de mon ambassadeur, de vouloir bien cesser cette affaire dont elles étaient à l'origine sans le vouloir, elles ont parfaitement compris, leurs parents aussi bien que d'après les photos que j'ai vues, il s'agissait de plus de fichu que de voile. Je pense que la question qu'on aurait posée au Conseil d'Etat aurait du être précédée d'une question posée à mon très vieil ami, Maurice Grillon de l'Académie française pour lui demander des précisions, le jour du jeudi, sur la signification du mot voile.

En fait, grâce à Dieu, l'avis du Conseil d'Etat a été des plus conciliants et je retrouve mon honorable et très respectable famille du droit administratif et du droit constitutionnel français et dont j'ai eu les plus éminents professeurs. Nos sociétés ont cohabité pendant des siècles avant la laïcité, depuis la laïcité. Grâce à Dieu, disons paisiblement depuis des siècles. Disons depuis la légendaire Histoire de Poitiers et hypothétique. En dehors de ce diable qui nous est sortis de cette boite, je me demande qu'ont-ils les Français jusqu'à présent à reprocher à la société musulmane en France laïque. Par exemple, le jour de la Fête de l'Aïd ElKabîr, le sacrifice du mouton, mais jusqu'à présent, on n'a jamais reçu de protestations de la société protectrice des animaux. Et pourtant, c'est un acte qui représente le sacrifice d'Abraham autour duquel nous nous retrouvons tous. C'est un sacrilège que de mettre les saintes écritures sur des tissus qui peuvent être souillés, qu'on le veuille ou non, non pas par ce qui est souillant mais par de l'huile, par des mains malpropres. Mais, il ne saurait y avoir des foulards coraniques. Il n'y a jamais eu de foulard coranique. On ne peut pas interdire à une fille de porter un tissu, c'est de la dibigoudi, ce jour-là. Mes filles ont fait de la natation, ont fait du basket en short, ont joué au tennis en jupe de tennis, les parents de tous marocains ne comprendraient pas qu'on vienne les amputer de quelque chose que leur religion leur a reconnu, à condition qu'il n'y ait naturellement provocation et remous de la société», disait le roi du Maroc Hassan II.

LES TERMES DE L'ACCORD ENTRE LE MINISTERE DE L'EDUCATION ET L'AMINISTRATION DE L'ISJA

Pour ce qui est du cas du Sénégal, les 22 filles voilées reprendront les classes, ce 19 septembre, selon les termes de l'accord conclu entre les différentes parties tard dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 septembre, dans le bureau du ministre de l'Education nationale, au 6ème étage de la Sphère ministérielle du 2ème arrondissement de Diamniadio, Bâtiment B1.

En effet, les parties se sont accordées un certains nombres de principes pour préserver la paix et la cohésion sociale ainsi que l'intérêt des élèves, sous l'œil du ministère de l'Education nationale. Il s'agit des points suivants : «les vingt-deux (22) élèves seront réintégrées dans l'établissement, pour l'année scolaire 2019/2020, à compter du 19 septembre 2019»; «ces élèves porteront l'uniforme assorti d'un foulard, de dimensions convenables, fourni par l'établissement et qui n'obstrue pas la tenue»; «les familles seront reçues individuellement par la direction de l'établissement en présence de l'Inspecteur d'Académie qui veillera au respect, par les élèves, des conditions définies».

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