Congo-Kinshasa: Me Jean Claude KATENDE - «L'Etat de droit a toujours ses amis et ses ennemis»

Il m'est difficile de définir un Etat de droit. Mais, il est possible de saisir cette notion (Etat de droit) à partir de ses composantes dont la justice indépendante et l'égalité de tous les citoyens devant la loi.

Dans un pays où l'Etat de droit a été absent pendant plus de 50 ans et où la raison du plus du fort était toujours la meilleure comme la République Démocratique du Congo, il est clair que les ennemis de l'Etat de droit sont plus nombreux que ses amis.

Depuis le Président Mobutu jusqu'à Joseph KABILA, à cause de l'absence de l'Etat de droit, le détournement de l'argent public, les massacres, l'impunité, la violation des droits de l'Homme étaient la règle de gouvernance. Tous les ennemis de l'Etat de droit ont profité énormément de ces régimes au détriment du peuple congolais. Ceux qui soutenaient ces régimes étaient traités avec égards et avaient tous les privilèges. Ils avaient tous peur de l'Etat de droit, car l'une des conséquences de son instauration, c'est la perte des privilèges et avantages politiques, financiers et matériels non mérités.

Pendant cette période, tous ceux qui réclamaient l'Etat de droit, que j'appelle amis de l'Etat de droit, vivaient comme des étrangers dans leur propre pays. Ils étaient maltraités, insultés, condamnés à l'exil, à la mort ou à la prison, dénigrés et mis à l'écart. C'est le cas du Cardinal MALULA, Cardinal MONSENGWO, Monseigneur Christophe MUNZIHIRIWA, Etienne TSHISEKEDI, Guillaume NGEFA, Franck DIONGO, Carbone BENI BEYA, Floribert CHEBEYA, Christopher NGOY... Ces hommes méritent notre respect et notre admiration pour leur combat en faveur de l'Etat de droit.

Aujourd'hui, avec le Président Félix TSHISEKEDI qui fait de l'Etat de droit son cheval de bataille, nous croyons que les amis de l'Etat de droit deviendront de plus en plus nombreux. Mais je sais que ce n'est pas encore le cas. Les ennemis de l'Etat de droit sont encore là et ils tiennent à garder leurs avantages obtenus en violation des lois du Congo.

Tous ce que nous voulons est que sous ce vent nouveau de l'Etat de droit que le Président Félix TSHISEKEDI a amené que :

Tous les congolais soient égaux devant la loi.

Que vous soyez élevé en dignité ou un simple citoyen, si vous agissez en violation de la loi, vous devez répondre de vos actes. La loi doit être la même pour le dignitaire et pour le simple citoyen.

Vous ne pouvez pas échapper à la loi à cause de votre position politique, sociale ou économique.

Comme dans le cas de détournement de 15.000.000 USD, il est clair que toutes les personnes impliquées directement ou indirectement doivent être interpelées pour dire au peuple où est passé cet argent. Les personnes qui seraient citées faussement doivent être mises hors cause et celles fautives doivent être sanctionnées.

Les amis de l'Etat de droit doivent réclamer le retour de la sanction en RD. Congo pour toute personne fautive.

L'Etat de droit fonctionne de cette manière. Les amis de l'Etat de droit doivent pousser à ce que, par la voie de la justice, la vérité éclate au grand jour dans cette affaire. On ne peut pas chercher à protéger x ou y. On ne peut pas non plus chercher à noyer un innocent de manière malhonnête. Seule la justice peut nous dire qui est innocent et qui est coupable ! Qui a eu une part dans les 15.000.000 USD et qui n'a pas eu.

La justice soit indépendante.

Dans l'Etat de droit, la justice doit agir sans interférence ni pression de part et d'autre. Elle doit jouer son rôle pour que l'Etat de droit devienne effectif.

C'est ce que nous souhaitons dans ce cas de 15.000.000 USD détournés. La justice doit aider à établir la vérité sur ce qui s'est réellement passé et à récupérer cet argent dont l'Etat a besoin.

Tous les amis de l'Etat de droit sont appelés à se mobiliser pour que la vérité sur les 15.000.000 USD soit connue et que les vrais coupables soient punis.

Si aucune personne n'est punie dans cette affaire, si nous laissons passer cette affaire comme toutes les autres que nous avons connues sous les précédents régimes, nous risquons d'oublier l'Etat de droit et de perpétuer l'impunité dans le pays. La justice congolaise est mise à l'épreuve.

Ceux qui se mobilisent comme moi pour connaître la vérité sur cette affaire de 15.000.000 USD, nous serons traités de ceci ou de cela (manipulé par x ou y, vendu, corrompu, tribaliste, collabo des occidentaux ou des multinationales, on va susciter telle affaire ou autre contre nous... ) mais c'est le prix qu'il faut payer pour que les choses changent. C'est le fardeau qu'il faut accepter pour qu'un nouveau Congo puisse naître.

Vraiment, nous ne devons pas lâcher.

Les congolais sérieux savent qui est qui.

Tenons fermes pour aujourd'hui et pour demain.

«Le premier ennemi de l'Etat de droit, c'est la peur de s'engager. Il faut la vaincre».

Message à partager.

Kinshasa, le 13 septembre 2019

Me Jean Claude KATENDE

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