Ile Maurice: Fruits et légumes locaux - Cherchez la petite bête

15 Septembre 2019

Elles en veulent à leur peau. Les chenilles Tuta Absoluta menacent actuellement les cultures de pommes d'amour. Tout comme bien d'autres insectes qui abîment les fruits et légumes de saison. Quels sont donc ces «bebet» ? Comment les contrer ? Explications.

«Les planteurs doivent rester vigilants. Plus de 60% ignorent les risques actuels sur leurs cultures», constate Kreepalloo Sunghoo, secrétaire de la Small Planters' Association. En effet, des Tuta Absoluta rôdent actuellement près des plantations. En l'absence de contrôle, la production peut tomber dans les pommes. Du coup, 50% des récoltes peuvent partir en fumée. «Ce n'est pas la première menace sur la pomme d'amour. Il y a quelques années, le Leaf minor pondait des oeufs et proliférait sur la production. Avec des produits adaptés, on a pu le contrôler. Maintenant, arrive le Tuta Absoluta», ajoute-t-il. Ce moustique, qui pond des oeufs, donne naissance à des larves qui mangent les feuilles. Celles-ci, dépourvues de chlorophylle, sont affaiblies et sujettes à des proliférations de champignons et bactéries. Il estime d'ailleurs que la production de pommes d'amour sera à la baisse, tombant à 8 000 tonnes cette année.

Selon lui, 800 planteurs sont concernés par ce risque. Inutile de faire le poireau. Au cas contraire, les carottes seront cuites. À ce stade, la prévention s'accélère, comme l'explique le Dr. Seelavarn Ganeshan, Chief Executive Officer du Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI): «Bien que nous n'ayons pas détecté les Tuta Absoluta dans les champs, des pièges ont permis de capturer des espèces mâles qui cela dit n'affectent pas les cultures. Par contre, les femelles pondent les oeufs qui se développent en petites larves et attaquent les plantes.» De là, elles appuient sur le champignon et déciment la production. Pire encore : d'autres légumes comme les aubergines, piments, poivrons et pommes de terre sont aussi dans le viseur de ces insectes de nuit.

La cerise sur le gâteau pour les pommes de terre, déjà aux prises avec deux autres bestioles. En effet, les chenilles mineuses de feuille, rongent et assèchent ces plantes. De même, les «Thrips» scarifient les feuilles et interrompent la photosynthèse, et donc la production. Il faut savoir que ce légume est en grande demande chez les Mauriciens qui en consomment entre 25 à 26 000 tonnes par an alors que la production locale s'élève à plus de 15 000 tonnes.

Autre bémol : les mouches des fruits. Avec la saison estivale, ces insectes bourdonnent autour des mangues, letchis, longanes, goyaves entre autres, indique-t-on au FAREI : «Dès qu'ils perforent les fruits, des asticots vont s'y multiplier. Ces derniers ne peuvent être consommés dans un tel état.»

Comment se prémunir de ces insectes ? «Nous continuons avec les pièges pour évaluer le Tuta Absoluta. Mais ce serait bien que les autorités distribuent des feuillets d'informations sur les dégâts», ajoute Kreepalloo Sunghoon. L'usage de produits ciblant ces parasites est aussi efficace, mentionne le FAREI. Pour les mouches des fruits, des insectes stériles ont été reproduits en laboratoire. Une fois accouplés, leur progéniture devient stérile et ne s'attaque plus aux fruits, ce qui permet de contrôler leur population, affirme Seelavarn Ganeshan.

En chiffres

Selon le Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI), la production annuelle était comme suit pour 2018:

Fruits/Légumes Tonnes

Pommes d'amour 9 200

Pommes de terre 17 000

Carottes 357

Mangues 1 100

Letchis 2 700

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