Ile Maurice: Ils ont vu le pape de près - Trois jeunes, plusieurs émotions

15 Septembre 2019
interview

La visite papale a bouleversé de nombreuses personnes. Surtout les jeunes, le Saint-Père ayant axé son homélie sur leur sort. Rencontre avec Lydia Nonne, qui a chanté devant lui, Ulrick François, qui a été un des photographes officiels de cet événement, et Rendy Manikon, un des enfants de choeur à la messe à Marie Reine de la Paix. Les trois «zénes» âgés de 22, 23 et 21 ans respectivement racontent.

Qu'avez-vous ressenti en voyant le pape en personne ?

Lydia : C'est un sentiment inexplicable, un grand honneur, une joie immense. On dirait qu'un membre de la famille revenait de l'étranger, qu'il rentrait à la maison. Mon père, qui est décédé, était là lors de la venue du pape Jean Paul II et me voilà, 30 ans après, chantant pour le pape François.

Ulrick : C'était une expérience extraordinaire de voir le pape à un mètre de moi. Dès sa descente d'avion, j'ai eu des frissons, je me suis dit «il est là» et j'ai commencé à prendre des photos.

Rendy : C'était un rêve qui devenait réalité. C'est une belle expérience en tant qu'enfant de choeur d'avoir le privilège de servir à ses côtés.

Quels ont été, pour vous, les moments les plus forts ce jour-là ?

Lydia : Son arrivée. Lorsque la foule l'a salué, crié et chanté. Son homélie aussi. Si simple et remplie de messages positifs pour nous les jeunes.

Ulrick : Quand il est descendu de l'avion, ce moment magique à la cathédrale avec le public et sa dernière bénédiction avant d'entrer dans l'avion.

Rendy : Quand il est arrivé dans la papamobile à Marie Reine de la paix. Puis quand il m'a serré la main et nous a offert un chapelet sortant de Rome comme présent. J'ai ressenti une émotion inexplicable.

Durant la première partie de son homélie il a dit : «Malgré la croissance économique que votre pays a connue ces dernières décennies, ce sont les jeunes qui souffrent le plus, ce sont eux qui ressentent le plus le chômage». Qu'avez-vous pensé de ces paroles ?

Lydia : J'ai grandement apprécié ce moment. Le fait qu'il axe son homélie sur la confiance qu'il faut nous accorder et que nous avons aussi des capacités.

Ulrick : J'adhère totalement à ce qu'il a dit. C'est vrai que ce sont les jeunes qui souffrent le plus, c'est difficile pour eux de trouver de l'emploi car les compagnies demandent toujours de l'expérience à ceux qui sortent tout juste de l'université. Je ne comprends pas cette politique.

Rendy : Je suis tout à fait d'accord. Beaucoup de jeunes qui ont de nombreux certificats se retrouvent au chômage. Ils n'ont pas la chance de montrer ce qu'ils valent.

Mais encore ?

Lydia : On ne nous écoute pas assez. On nous demande toujours d'avoir de l'expérience mais on ne nous donne pas la chance de faire nos preuves. Nous sommes l'avenir de demain mais pourtant notre avenir reste incertain.

Ulrick : Je sens encore de l'intolérance. Il y a un manque de respect de la part de certaines personnes, du racisme, de la condescendance de la part de ceux qui proviennent de «couches sociales» plus élevées. Il faut changer de mentalité.

Rendy : Moi je ressens cette souffrance quand je vois les plus démunis face aux injustices. Par exemple, il y a des malades qui ont besoin de se faire opérer, dont bon nombre d'enfants et de jeunes, et beaucoup semblent ne pas s'en soucier.

Le plus gros fléau qui guette les jeunes, c'est lequel ?

Lydia : Le chômage toujours.

Ulrick : La drogue, qui fait des ravages. Et le manque d'encouragement pour qu'ils puissent vivre de leur passion. La plupart d'entre nous, nous nous efforçons de faire des choses que nous n'aimons pas pour pourvoir survivre. Il faut revoir le système.

Rendy : Certains jeunes ne peuvent partager leurs souffrances, ce qui les conduit à se tourner vers la drogue, l'al-cool. Et au lieu de les aider, la société critique ces jeunes.

Que proposez-vous comme solutions ?

Lydia: L'écoute, le partage de connaissances, d'idées, de vision, l'encadrement. Des choses qui puissent nous donner la chance de faire nos preuves.

Ulrick : En tant qu'entrepreneur, je reste persuadé que tout passe par la formation.

Rendy : Il faut guider les jeunes. Les encourager à se tourner vers des mouvements, groupes, associations, histoire d'être soutenus et guidés.

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