Madagascar: Communales - Zéro candidat pour le HVM

Faute de restructuration, l'ancien parti majoritaire est voué à disparaître à jamais.

Un parti qui a disparu avec le départ du pouvoir de Hery Rajaonarimampianina. C'est le moins qu'on puisse dire de l'état actuel de l'ancien parti majoritaire. Le « Hery Vaovao ho an'i Madagasikara » n'est plus présent dans les élections depuis le second tour de l'élection présidentielle de 2018. Comme aux dernières Législatives, la formation politique des « cravates bleues » n'a présenté aucun candidat aux Communales du 27 novembre. Une situation qui le raie de la catégorie des grands partis. L'IRD et le TIM restent deux grandes formations qui maintiennent leur présence dans l'échiquier politique national. Le duel entre ces deux partis se poursuit depuis le second tour des dernières présidentielles.

L'actuel parti au pouvoir a des candidats dans presque toutes les Communes de Madagascar. Tandis que les candidats du TIM sont présents dans 900 circonscriptions électorales. En tout cas, la situation du HVM reste unique. N'étant plus au pouvoir après 1972, le PSD avait toujours participé aux élections qui ont suivi sa chute. De même, l'AREMA, après le départ du pouvoir de Didier Ratsiraka en 1991 et 1996, a toujours assuré sa survie en présentant des candidats aux élections. Le TIM a fait exception. Chassé du pouvoir en 2009, non seulement la formation politique de Marc Ravalomanana a participé à toutes les élections, mais il a pu faire élire des candidats à l'Assemblée nationale et au Sénat.

Chasse aux sorcières. La débâcle du HVM peut s'expliquer par beaucoup de facteurs. Le premier facteur serait le fait que le parti et son instance dirigeante ont été surtout composés des opportunistes qui manquent de conviction politique. Le second facteur qui peut expliquer le contexte actuel serait la chasse aux sorcières que mène actuellement le pouvoir en place contre ses anciens « bailleurs ». Claudine Razaimamonjy et Mbola Rajaonah en font partie. D'autres anciens barons du parti sont neutralisés, voire intimidés, car après avoir occupé des hauts postes de responsabilités, ils risquent de s'exposer à des poursuites judiciaires qui sont devenues une arme efficace pour assouvir une vengeance politique et mâter les adversaires. C'est actuellement le cas de Maharante Jean De Dieu et Onitiana Realy. Ces deux ministres du régime HVM font l'objet de l'IST (Interdiction de Sortie du Territoire). D'autres, par peur de connaître le même sort, ont décidé de faire allégeance au pouvoir en place. Le Sénat reste le seul terrain politique où le HVM marque sa présence. Mais une présence difficile à comprendre car l'ancien parti majoritaire épouse une position qui n'est ni dans l'opposition, ni dans le camp du pouvoir, ni au centre. Ce qui est sûr, à cause du fait qu'il n'a présenté aucun candidat à l'élection des maires et des conseillers, le « Hery Vaovao ho an'i Madagasikara » n'aura aucun sénateur à Anosikely à l'issue des prochaines Sénatoriales. Car ce sont les maires et les conseillers communaux qui éliront les membres de la Chambre Haute.

Restructuration. En tout cas, le HVM se prépare à sa restructuration, pour éviter de disparaître à jamais. Reste à savoir si cette restructuration réussira avec l'hémorragie dont il souffre depuis le départ de Hery Rajaonarimampianina. Pour bon nombre d'analystes politiques, cette restructuration devrait concerner le système politique en général à Madagascar. Car force est de constater que la plupart des candidats de l'IRD aux Communales du 27 novembre sont des maires en exercice qui ont été élus sous les bannières du TIM à l'époque du président Marc Ravalomanana, et puis du HVM sous le régime de Rajaonarimampianina. Sous l'ère Rajoelina, ils veulent être des maires IRD. Cette situation qui peut s'expliquer par la victoire du retournement de veste, a frustré les militants IRD des premières heures qui voulaient se présenter sous le maillot de la plateforme, mais qui n'ont pas été exclus.

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