Afrique de l'Ouest: Sommet extraordinaire de la CEDEAO à Ouagadougou - 1 milliard de dollars pour combattre le terrorisme

16 Septembre 2019

Le président Macky Sall a pris part, le samedi 14 septembre à Ouagadougou, au Sommet extraordinaire de la CEDEAO élargie à la Mauritanie et au Tchad.

Les Chefs d'État ou de Gouvernement des quinze pays membres plus la Mauritanie et le Tchad ont principalement discuté de la lutte contre le terrorisme dans la sous-région et de l'avenir «incertain» du G5 Sahel.

A l'issue de ce conclave au sommet de Ouagadougou, la CEDEAO, a annoncé un plan d'action 2020-2024 d'un milliard de dollars, pour la lutte contre le terrorisme.

1 milliard de dollars sur 5 ans pour combattre le jihadisme: c'est la décision phare que les Chef d'Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de L'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont pris à l'issue du sommet extraordinaire de l'instance sous régionale à Ouagadougou, élargi à la Mauritanie et au Tchad, le samedi 14 septembre. Revenant en détail sur ce plan et son budget, Rfi informe qu'en décembre prochain, la CEDEAO adoptera un plan d'action prioritaire sur cinq (5) ans, 2020- 2024, pour combattre le terrorisme.

Ce plan en huit axes doit tourner autour d'une mutualisation et d'une coordination accrue des efforts dans la lutte, d'un partage direct de renseignement entre États membres, ou de la formation et de l'équipement des acteurs de la lutte...

Plus spécifiquement, les chefs d'État et de Gouvernement de la CEDEAO appellent à un renforcement de la Force conjointe du G5 Sahel ou la Force multinationale mixte du bassin du Lac Tchad.

Le plan prévoit aussi de cibler les sources de financement du terrorisme, notamment le trafic de drogue.

Il y a également un programme d'investissement prioritaire dans les zones fragiles, puisqu'à moyen et long termes, selon le président en exercice de la CEDEAO Mahamadou Issoufou, «la solution ne peut être qu'économique et sociale.»

CONSULTATIONS A VENIR

Pour financer ce plan, la CEDEAO fait le pari de mobiliser auprès de ses États membres 1 milliard de dollars sur cinq ans, selon des modalités qui seront arrêtées plus tard, lorsque le président de la Commission Jean-Claude Brou aura consulté les uns et les autres.

«Il a été demandé au président de la Commission de regarder comment chaque pays peut contribuer à la mobilisation de ces ressources, explique le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

Le mécanisme est donc bien mis en place et nous pensons que sur 4-5 ans, c'est une mobilisation qui peut être relativement faite.»

Et cet argent qui sera versé dans un «pot commun» servira notamment à «renforcer les capacités opérationnelles des armées nationales ainsi que des forces conjointes» comme le G5 Sahel ou la Force multinationale mixte du Bassin du lac Tchad.

MESSAGE A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

La CEDEAO s'adresse aussi à la communauté internationale, responsable de la désagrégation de la Libye. Une crise qui a contaminé tout le Sahel, selon les chefs d'États ouest-africains.

Elle appelle donc la communauté internationale à soutenir ce plan financièrement. «La communauté internationale ne doit pas détourner le regard du Sahel, estime le Nigérien Mahamadou Issoufou.

C'est la communauté internationale qui est à la base de la crise libyenne, dont nous subissons les conséquences. Quand cette crise libyenne a été déclenchée en 2011, nous étions contre.

Il y a un chaos qui règne en Libye. Les armes qui étaient accumulées en Libye ont été pillées et circulent dans le Sahel et le bassin du Lac Tchad dans les mains des terroristes.»

La CEDEAO exhorte par ailleurs le Conseil de sécurité de l'ONU à rendre le mandat de la MINUSMA plus offensif.

Il s'agit de faire en sorte que ce mandat «puisse permettre de lutter contre le terrorisme.» Concernant le Mali d'ailleurs, elle réaffirme «que la région de Kidal est partie intégrante du territoire malien».

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest demande au FMI et à la Banque mondiale, qui seront sollicités, de considérer les dépenses en matière de sécurité comme des investissements.

Aussi d'autres bailleurs de fonds occidentaux et arabes sont dans viseur de la CEDEAO pour mieux lutter contre le jihadisme.

Mieux, plus qu'une réponse «militaire», jugée nécessaire mais pas suffisante, la CEDEAO encourage un développement durable, inclusif et équitable, pour venir à bout de ce fléau. Le président Macky Sall est rentré à Dakar dans la soirée.

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