Burkina Faso: Nafa - «Si Djibrill Bassolé meurt, ce serait un assassinat politique»

16 Septembre 2019

«Le refus de permettre à un quelconque prisonnier soit-il Djibrill Bassolé ou pas, souffrant de grave maladie, d'avoir des soins médicaux appropriés à son mal est, une privation de son droit à la santé, une torture, un acte délibéré de cruauté, un assassinat politique prémédité», a déclaré le secrétaire exécutif de la NAFA, Mamoudou H. Dicko.

M. Dicko s'exprimait sur la «situation inquiétante» de Djibrill Bassolé qui, selon lui, s'est vu opposer un refus du ministre de la Défense, malgré la non objection du tribunal militaire pour son évacuation en Turquie.

«Le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré est le seul à détenir entre ses mains la vie de Djibrill Bassolé. Nous en appelons à son humanisme», a précisé Mamoudou Dicko.

Toutes les voix de recours ont été épuisées, selon les responsables de la NAFA qui demandent au président en tant que garant de l'unité et de la cohésion nationale de «donner une chance à Djibrill mourant mais dont la maladie est curable, de rester en vie ».

«Il ne faut pas tirer sur l'ambulance», a lancé Aziz Dabo, secrétaire exécutif adjoint. «Evitons que le pire n'arrive. Il faut sauver sa vie coûte que coûte. Aujourd'hui c'est Bassolé et demain ?», a soutenu la présidente des femmes de la NAFA Assita SANOU.

En avril 2019, Djibrill Bassolé, avait été évacué pour des soins en Tunisie. Rentré le 5 mai dernier, il devait repartir en Turquie pour poursuivre son traitement.

Depuis lors, selon la NAFA, le ministre de la Défense Chérif Sy refuse de lever l'arrêté d'assignation pour son évacuation. L'opposition politique au cours du dialogue politique national, tenu du 15 au 22 juillet avait fait un plaidoyer pour demander son évacuation.

Mardi 10 septembre, sa fille Yasmine Bassolé a lancé un cri de cœur dans les médias pour interpeller les autorités sur l'état de santé «dégradé», de son père depuis son retour en prison.

Djibrill Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères et premier général de gendarmerie du Burkina Faso, a été condamné à dix ans de prison fermes pour son implication dans le putsch manqué de septembre 2015.

En résidence surveillé, il a été reconduit à la Maison d'arrêt et de correction de l'armée (MACA), après le verdict du tribunal militaire le 2 septembre passé.

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