Cameroun: « Nous avons constaté beaucoup de dysfonctionnements »

interview

Dr Ahmadou Sardaouna, directeur général de la Société immobilière du Cameroun (SIC).

Vous venez d'effectuer le tour du propriétaire des cités SIC de Douala et de rencontrer leurs habitants. Que visait cette descente de terrain?

Après notre prise de fonction, nous avons pris la mesure de la tâche que le chef de l'Etat nous a confiée pour conduire les opérations en vue de disposer de logements décents pour les populations. A ce titre, nous avons jugé nécessaire de rencontrer d'abord les locataires (puisque la gouvernance veut que les concernés participent à toutes les décisions qui vont être prises par la SIC), pour leur témoigner nos remerciements pour les efforts qu'ils font en vue de l'entretien des logements, ainsi que faire régner le vivre ensemble au sein de nos cités.

C'est pour cela que nous entreprenons, sur toute l'étendue du territoire, ces rencontres pour leur donner des responsabilités et engager celles de la SIC. De commun accord, nous allons éditer le code de résidence qui va départager les uns et les autres.

Qu'avez-vous retenu comme principales leçons des échanges avec les habitants ?

Nous avons été satisfaits de l'enthousiasme qu'ils ont manifesté parce que nous leur avons tenu le langage de la vérité. L'Etat a sacrifié d'énormes sommes d'argent depuis 1994, plus de 30 milliards, pour qu'ils vivent dans ces cités. Il a entrepris de maintenir le prix des loyers inchangé depuis ces années là alors que le taux est fluctuant de par le monde. Nous leur avons dit qu'ils doivent aider l'Etat en s'engageant pour l'hygiène et la salubrité des cités et se préserver par exemple des problèmes de santé.

Ils peuvent aussi s'associer pour avoir des gardiens pour leur sécurité. Ils peuvent le faire et nous les avons constitués en groupes et pools pour qu'ils sachent comment s'y prendre. Nous avons aussi entrepris, en accord avec les collectivités territoriales décentralisées, de changer le visage de nos cités en matière d'assainissement, de drainage. Une étude sera menée de manière graduelle compte tenu de notre trésorerie. Je suis satisfait et nous sommes en phase avec les habitants qui ont apprécié notre démarche. Je pense qu'ils ont compris et que désormais, n'y aura plus de fossé entre eux et nous.

Vous avez visité le chantier de Mbanga-Bakoko qui accuse du retard, et rencontré entrepreneurs et maîtres d'oeuvre.Que retenir de vos échanges et quelles actions à venir pour faire repartir le chantier, voire le réceptionner au plus vite ?

Nous avons constaté beaucoup de dysfonctionnements que nous nous attèlerons à corriger avec tous les concernés. Les entrepreneurs ne sont pas satisfaits, la trésorerie de l'Etat en a pris un coup etc. Nous allons prendre des mesures pour trouver rapidement des solutions à cet état de choses. Nous avons constaté que les logements sont dans la broussaille, là aussi des mesures seront prises pour leur embellissement en collaboration avec la Communauté urbaine de Douala.

Nous avons aussi évoqué le phénomène de copropriété. Nos terrains sont au nom de l'Etat qui n'a pas de titre foncier, et nous avons pris sur nous de résoudre ce problème avec la tutelle technique (Mindcaf) parce que nos acquéreurs n'ont pas de titres fonciers depuis des années. Et si on ne le fait pas, la copropriété dont on rêve depuis des lustres ne pourra pas s'établir dans nos cités. Nous allons sauter sur l'occasion pour le faire à Olembé, Makèpè, Mbanga-Bakoko etc. Il y a aussi trop de résiliations, et là aussi il faut prendre langue avec les entreprises expérimentées pour achever les travaux. Ici à Douala il y a près de 600 logements qui doivent être réattribués. Nous avons fait le tour d'horizon, maîtrisé les problèmes et selon les instructions que j'ai données, nous pourrons avoir des solutions très rapidement.

Au vu de ce qui précède, quels vont être les axes prioritaires de votre action à la tête de la SIC ?

Il s'agira d'abord de redorer le blason de nos cités. Nous avons constaté qu'il y a trop de dégradations dues à la négligence des occupants. Nous avons demandé à ces derniers de prendre sur eux les travaux légers comme changer une tôle, des ampoules, la peinture interne etc., la SIC elle se chargera des gros travaux. La SIC est aussi un outil de production et depuis les années 80, elle n'a pas joué ce rôle. Il nous faudra produire afin de donner l'opportunité à d'autres Camerounais de se loger.

Nous allons le proposer à la tutelle technique pour remoduler cette activité en matière de construction de logement social. Nous allons également nous investir dans la construction de masse des logements, en partenariat avec les investisseurs étrangers et nationaux. Le logement est pour nous une affaire de privés, l'Etat ne jouant que son rôle d'encadrement. Nous allons tout faire avec la tutelle technique pour que les textes y afférents soient édités au niveau du Cameroun pour être en accord avec ce qui se passe ailleurs.

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