Algérie: L'élection présidentielle fixée en décembre

Alors que les manifestants s'opposent à la tenue rapide d'une présidentielle, en y voyant un moyen pour le régime de se maintenir à la tête du pays, le chef de l'Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, a annoncé le 15 septembre la convocation du scrutin pour le 12 décembre prochain.

Annonçant la tenue prochaine du scrutin, Abdelkader Bensalah a dit que des mesures ont été prises pour garantir son bon déroulement. Il a cité la signature de la loi organique relative à l'Autorité nationale indépendante des élections ainsi que celle de la loi organique relative au régime électoral.

« Ces deux textes ont introduit des changements capitaux et inédits, qui ont touché à l'essence même de la doctrine suivie jusque-là dans notre pays en matière d'élections », a expliqué l'actuel chef de l'Etat algérien par intérim. Il a, par ailleurs, exhorté le peuple algérien à « la mobilisation » pour faire en sorte que l'élection annoncée soit « le point de départ du processus de renouveau de la nation », et souligné que l'heure était venue « de faire prévaloir l'intérêt suprême de la patrie sur toutes autres considérations ».

La date retenue respecte la suggestion du chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, homme important du régime depuis la démission d'Abdelaziz Bouteflika en avril dernier. En effet, ce haut gradé de l'armée réclamait, depuis le 2 septembre, que l'élection présidentielle se tienne avant la fin de l'année.

L'Algérie est secouée par un mouvement de protestations depuis le 22 février. Les contestataires rejettent notamment une élection avec le gouvernement actuel accusé de fraude. Pour ce faire, ils réclament le démantèlement de l'appareil hérité des vingt ans du président déchu avant tout scrutin ainsi que la mise en place d'institutions de transition, ce que refuse le pouvoir.

Pour l'universitaire algérien Mohamed Hennad, la convocation de la présidentielle à la date du 12 décembre ressort du choix du chef d'état-major plutôt que du président algérien par intérim. « C'est le général Gaïd Salah qui décide, l'intervention du chef de l'Etat par intérim n'étant que pure formalité », a-t-il estimé.

Malgré cela, l'ancien ministre de la Justice, Mohamed Chorfi, qui a pris la tête de l'autorité indépendante chargée d'organiser le processus électoral et de superviser toutes ses étapes, depuis la convocation du corps électoral jusqu'à l'annonce des résultats préliminaires, a assuré que l'élection se déroulera prochainement dans de bonnes conditions. L'organe qu'il dirige « œuvrera pour rendre la parole au peuple afin de décider de son avenir et parachever l'édification de l'Etat », a-t-il précisé.

Rappelons que l'ancien président Abdelaziz Bouteflika avait démissionné le 2 avril dernier, sous la pression de la rue. Il avait annulé l'élection présidentielle initialement prévue pour le 18 avril. Et moins d'une semaine après, le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, avait été désigné chef d'Etat par intérim, conformément à la Constitution algérienne.

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